Réponse à l'entrevue avec Martin Geoffroy

Lettre ouverte: «L'Opus Dei ne souffre pas d'un problème d'ajustement à la société québécoise»

Mgr Javier Echevarria, photographié ici à Rome en 2011, a dirigé l'Opus Dei pendant une vingtaine d'années. Il est décédé en décembre 2016. Son successeur sera prochainement élu.
Mgr Javier Echevarria, photographié ici à Rome en 2011, a dirigé l'Opus Dei pendant une vingtaine d'années. Il est décédé en décembre 2016. Son successeur sera prochainement élu.   (CNS photo/Paul Haring)
2017-01-20 17:19 || Québec Québec

En réponse à Martin Geoffroy, directeur du Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux et la radicalisation, dont les propos sont rapportés dans notre entrevue du 18 janvier 2017:

Une personne de l’Opus Dei n’a pas à s’adapter ni à se préoccuper de son image: elle est une citoyenne au même titre que tous les autres. Ce qui la distingue n’est rien d’autre que la lumière de sa foi qu’elle entretient et qui l’amène à vivre selon le message aussi «vieux» («ancien», si vous préférez?) que l’Évangile qui vient parer aux misères et aux faiblesses humaines et répondre à ses plus hautes aspirations de bonheur.

On ne cherche pas à «projeter» une image et encore moins une «nouvelle» image. On est profondément ce qu’on est, en réponse au message que saint Josémaria son fondateur a reçu le 2 octobre 1928: vivre le message du Christ dans son quotidien. On est simplement profondément ce qu’on est… ce qui peut déranger car les valeurs de l’Évangile ne coïncident pas nécessairement avec certaines valeurs véhiculées dans notre époque ou dans  notre espace.

Le message de l’Évangile est radical, M. Geoffroy  semble l’avoir compris. Depuis les premiers chrétiens, il a dérangé, étant vécu avec naturel et dans le quotidien, n’importe où, dans les multiples sphères de la société. C’est probablement ce qui fait le plus peur : la personne de l’Opus Dei n’est pas un catholique «officiel» mais un catholique… qui n’a rien de spécial, un catholique de la base, sans titre mais solide.

Autre point: ces années-ci, on aime accourir à des mentors à des coachs, etc. Dans la vie spirituelle, il existe aussi des mentors, des conseillers spirituels. Ils ne sont pas là pour poigner personne, encore moins pour obliger. Qui ne demande pas l’avis d’une personne de confiance et/ou d’un expert pour délibérer avant de prendre une décision plus éclairée? Qu’y a-t-il de négatif ou de péjoratif à considérer un conseiller spirituel comme un deuxième père? Chercher une personne fidèle au message du Christ et aller chercher ses conseils…

Dernier point: la mortification corporelle «encouragée» dans l’Opus Dei ne s’adresse premièrement qu’à un petit nombre et deuxièmement pas «surtout» aux prêtres. Elle n’est certes pas non plus la plus importante ni absolument pas l’essentielle. L’important de ce qu’on appelle mortification est de nous maintenir maîtres de nous-mêmes pour servir Dieu et les autres, pour ne pas se laisser aller aux états d’âme passagers ou tomber dans le matérialisme. En fait, une lutte pour conquérir notre liberté sur une base quotidienne. Nous libérer du caduc, du faux, pour offrir à Dieu un amour total et sans conditions.

Somme toute, les membres de l’Opus Dei n’ont point besoin d’adaptation. Ils sont tout simplement eux-mêmes et chez eux dans leur milieu, comme tout le monde,  mais bien habités par un idéal qu’ils essaient  de vivre avec cohérence, ce qui les amène parfois à aller à l’encontre des valeurs ou des mœurs  à la mode.

Isabelle Saint-Maurice
Bureau d'information de l'Opus Dei au Canada

 

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