Publication des «Lettres biologiques»

Frère Marie-Victorin: d'abord surprise, la communauté accueille bien la publication

Frère Marie-Victorin avec un chardon de Mingan en 1928.
Frère Marie-Victorin avec un chardon de Mingan en 1928.   (Wiki Commons/domaine public)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2018-02-22 17:16 || Québec Québec

Que pense la communauté religieuse à laquelle appartenait le frère Marie-Victorin (1885-1944) de la publication de ces Lettres biologiques, cette correspondance jusqu'alors inconnue entre le célèbre botaniste et Marcelle Gauvreau, sa jeune collègue à l'Institut botanique de l'Université de Montréal?

Le frère Florent Gaudreault, supérieur provincial des Frères des écoles chrétiennes du district du Canada francophone, rappelle qu'il a rencontré l’historien Yves Gingras à trois reprises. Durant l'été 2017, ce dernier lui a même remis le brouillon du livre qu'il préparait sur les recherches que menait le frère Marie-Victorin sur la sexualité humaine.

«C'était la toute première fois que je lisais ces lettres du frère Marie-Victorin», reconnaît-il. En fait, quelques semaines plus tôt, il n'en connaissait même pas l'existence. C'est son confrère Gilles Beaudet, auteur de biographies sur le fondateur du Jardin botanique de Montréal, qui lui avait révélé la teneur générale de cette correspondance, longtemps secrète, aujourd'hui conservée par le Service des archives de l'UQÀM.

Une surprise

À la lecture des lettres choisies par le professeur Gingras, «ma première réaction en a été une de surprise», poursuit le frère Gaudreault. «Je ne savais pas que le frère Marie-Victorin s'intéressait tant à ce domaine», celui de la sexualité des hommes et des femmes.

Yves Gingras, qui a colligé les lettres et les a retranscrites, souhaitait obtenir son avis ainsi que celui de son institut religieux.

«J'en ai discuté avec le conseil de la communauté. Notre première réaction a été de dire qu'on ne pouvait pas s'y opposer, puisque ces lettres font maintenant partie du domaine public. Mais on estimait que c'était inapproprié. C'était une correspondance privée entre deux personnes, adultes, qui n'était pas prévue pour la publication, contrairement à un journal intime dont on sait qu'il pourrait être publié un jour.»

«On a émis des réserves», dit le frère Gaudreault.  «Mais on a aussi dit à monsieur Gingras:  'On ne vous fera pas de procès si vous publiez'», lance-t-il.

«Ma première lecture, trop rapide, me donnait l'impression que c'étaient des lettres d'amour. Mais ce n'est pas le cas. Ma deuxième lecture m'a convaincu que c'étaient des lettres à caractère scientifique.»

Un scientifique

«Le frère Marie-Victorin est un scientifique dans tous les sens du terme», ajoute le supérieur provincial. «Il cherche à comprendre, il pose des questions, il est curieux. Je l'ai trouvé très respectueux de la personne avec qui il correspondait.»

Comment réagissent ses confrères à la publication de ces Lettres biologiques? «Jusqu'à maintenant, j'ai reçu des réactions, je dirais, positives.»

Plusieurs médias ont mentionné la publication de cette correspondance entre le frère Marie-Victorin et sa collègue Marcelle Gauvreau. «Les frères me disent que la réception est bonne, que Marie-Victorin y est bien présenté, que ce n'est pas dépréciatif du tout et que ce n'est pas négatif», résume le frère Florent Gaudreault.

Le religieux dit qu’il a apprécié ses rencontres avec l'historien Yves Gingras. «Il a une grande admiration pour Marie-Victorin. Il considère que c'est le plus grand personnage de la première moitié du XXe siècle au Québec, bien avant le chanoine Groulx. Pour lui, le frère dépasse tout le monde.»

 

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