Message papal pour la Journée mondiale de la paix

Lutter contre l’indifférence

Durant l'angélus du 20 décembre 2015, le pape a également évoqué la paix en Syrie.
Durant l'angélus du 20 décembre 2015, le pape a également évoqué la paix en Syrie.   (CNS photo/Paul Haring)
2015-12-21 14:32 || Monde Monde

Dans son message publié pour la Journée mondiale de la paix, le pape François a plaidé en faveur de l’abolition de la peine de mort à l’échelle mondiale, de l’annulation des dettes des pays les plus pauvres, de politiques de développement international qui respectent la dignité de la vie, et de la mise en place de lois qui facilitent l’accueil et l’intégration des réfugiés.

Il a exhorté les individus, les collectivités et les nations à se prémunir contre l’indifférence, la morosité et le pessimisme ambiants. Qu’ils ne cessent surtout pas de travailler à l’édification d’un monde meilleur. Ce monde meilleur, dit le pape, est à la portée de tous: tâchons d’abord de l’édifier dans nos propres familles, au sein de notre voisinage et dans nos milieux de travail.

L’édification d’un monde pacifique, ajoute-t-il, demande davantage que des simples paroles. Nous avons également besoin de la grâce divine, d’une conversion du cœur, d’une attitude empreinte de compassion mais aussi du courage d’agir afin d’extirper les causes du désespoir.

La Journée mondiale de la paix

Ce plaidoyer du pape est tiré du discours qu’il prononcera le 1er janvier 2016, à l’occasion de la Journée mondiale de la paix. Les diplomates et les autorités du Vatican ont cependant décidé de diffuser ce message pontifical dès le 15 décembre.

Intitulé Gagne sur l’indifférence et remporte la paix!, le message de François destiné aux leaders politiques mondiaux s’articule autour de trois thèmes principaux: l’indifférence, la solidarité et la compassion.

La paix et la justice

Il demande d’abord aux chefs d’État et de gouvernements de «s’abstenir d’entraîner les peuples dans des conflits ou des guerres qui en détruisent non seulement les richesses matérielles, culturelles et sociales, mais aussi – et pour longtemps – l’intégrité morale et spirituelle».

Il exhorte aussi la classe politique mondiale à effacer ou, du moins, à rendre moins lourde «la dette internationale des pays les plus pauvres». Il a également réitéré une idée chère à ses yeux, c’est-à-dire le refus que les politiques d’aide au développement se plient «à la dictature de certaines idéologies». Il demande donc à ce que les agences d’aide internationale «soient respectueuses des valeurs des populations locales» et que leurs programmes «ne portent pas atteinte au droit fondamental et inaliénable des enfants à naître à la vie».

Aux yeux de François, l’édification de la paix mondiale passe aussi par l’amélioration du sort des prisonniers, particulièrement de ceux qui sont incarcérés dans l’attente de leur procès. Pour le pape, la «rééducation» et la réinsertion sociale devraient être au cœur de la démarche carcérale. Il a d’ailleurs plaidé en faveur de l’abolition de la peine de mort, en plus d’inviter les législateurs à chercher des «alternatives à la détention carcérale». Le pape considère d’ailleurs «les prisonniers, les migrants, les chômeurs et les malades» comme les «personnes les plus fragiles de leurs sociétés».

Le sort des migrants et des réfugiés

François a également exhorté les chefs d’État et de gouvernements à revoir leurs politiques d’immigration «afin qu’elles soient animées par la volonté de l’accueil, dans le respect des devoirs et des responsabilités réciproques, et qu’elles puissent faciliter l’intégration des migrants».

Aux yeux du pape, les gouvernements devraient également prendre des mesures concrètes «en faveur de nos frères et sœurs qui souffrent à cause du manque de travail, de terre et de toit». Il a également exhorté la classe politique mondiale à lutter contre les discriminations à l’égard des femmes dans le monde du travail. Tout comme «certaines catégories de travailleurs», les femmes sont soumises à des conditions de travail «précaires ou dangereuses». De plus, note le pape, «leurs rétributions ne sont pas proportionnées à l’importance de leur mission sociale».

Le respect de la vie et de la création

Il s’est également dit inquiet pour le sort des malades, en demandant aux gouvernements de garantir à tous «l’accès à des soins médicaux et aux médicaments indispensables à la vie, y compris la possibilité de soins à domicile».

Le message du pape a également déploré le cynisme ambiant, de même que l’indifférence du plusieurs à l’égard de Dieu, de leurs semblables et de la création. «L’oubli et la négation de Dieu», dit le pape, amène les êtres humains «à ne plus reconnaître aucune norme au-dessus [d’eux]» et à commettre des «cruautés et des violences sans mesure». Cette cruauté et cette violence s’exercent aussi à l’égard des animaux et de la nature. C’est, dit François, un reflet de l’indifférence généralisée.
 
Le Jubilé et la compassion

Le pape espère donc que le Jubilé de la Miséricorde permettra à l’Église de prier, afin que le cœur des chrétiens se fasse «humble et compatissant» et que tous apprendront à «pardonner et [à] donner».

Dieu n’est pas indifférent à l’égard de notre monde, dit le pape. Non seulement voit-il, entend-t-il et sait-il, mais il refuse d’abandonner l’humanité à son sort.

Aux yeux de François, la crédibilité de l’Église et de celles et ceux qui la composent est étroitement liée à leur capacité à incarner, en paroles et en actes, l’intarissable miséricorde de Dieu à l’égard de notre monde.

Pour le pape, nous sommes tous «appelés à faire de l’amour, de la compassion, de la miséricorde et de la solidarité» un «vrai programme de vie», de même que le pilier sur lequel reposent toutes nos relations avec autrui.

La compassion et la solidarité n’étant pas innées mais acquises, François s’est ensuite attardé aux rôle-clé de la famille et de l’école dans la transmission d’une culture au sein de laquelle l’amour, le respect, le dialogue, la générosité, la charité et la foi sont des valeurs cardinales.

Le pape a également interpellé les journalistes et professionnels des médias, rappelant à ceux-ci qu’ils doivent «par-dessus [être] au service de la vérité et non d’intérêts particuliers». Les médias n’ont pas pour unique fonction d’informer la population: «ils façonnent aussi l’esprit de leurs destinataires et ils peuvent donc contribuer de façon notable à l’éducation des jeunes». Les communicateurs devraient donc faire preuve de vigilance et s’assurer que les informations qu’ils diffusent ont été obtenues de manière «licite», et ce, d’un point de vue moral et juridique.

Le pape a d’ailleurs salué le travail des journalistes, des photographes mais aussi des hommes et femmes d’Église «qui informent l’opinion publique sur les situations difficiles qui interpellent les consciences» et «qui s’engagent pour la défense des droits humains, en particulier ceux des minorités ethniques et religieuses, des peuples indigènes, des femmes et des enfants, et de tous ceux qui vivent dans des conditions de plus grande vulnérabilité».

 

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