Enquête sur 52 partenaires de Développement et Paix

Les conclusions du rapport final dévoilées en novembre

Trois ans après le début de cette enquête commandée par les évêques canadiens, on saura quels partenaires de Développement et Paix pourront de nouveau recevoir un financement annuel de la part des catholiques canadiens.
Trois ans après le début de cette enquête commandée par les évêques canadiens, on saura quels partenaires de Développement et Paix pourront de nouveau recevoir un financement annuel de la part des catholiques canadiens.   (Capture d'écran)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-10-20 08:37 || Canada Canada

On devrait bientôt connaître les noms des partenaires de Développement et Paix qui mènent, dans les pays pauvres, des actions qui ne sont pas «entièrement conformes aux valeurs et aux principes de l’Évangile et de la doctrine sociale de l’Église». Trois ans après le début de cette enquête commandée par les évêques canadiens, on saura aussi quels partenaires de Développement et Paix pourront de nouveau recevoir un financement annuel de la part des catholiques.

Un communiqué de presse de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a discrètement annoncé que, lors de leur assemblée plénière annuelle de septembre 2020, les évêques canadiens «ont reçu les conclusions du rapport final sur l’examen commun des partenariats internationaux effectué par l’OCCDP [NDLR: Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix, le nom qu'utilise la conférence épiscopale] et la CECC».

La conférence épiscopale a aussitôt précisé que «les conclusions du rapport final» seront remises aux membres du conseil national de Développement et Paix lors de leur réunion statutaire tenue en novembre.

Ne rien dévoiler avant novembre

À Développement et Paix, on ne souhaite pas commenter cette annonce de la CECC. Co-auteur de cet examen commun sur 52 partenaires d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, Romain Duguay, le directeur général adjoint de Développement et Paix, a refusé de discuter du contenu du document reçu par les évêques canadiens tant que les membres du conseil national de l'organisme de coopération internationale n'en auront pas pris connaissance.

La CECC, de son côté, refuse d'indiquer à quoi ressemble le rapport qui sera remis aux membres du conseil national. Contient-il la liste des 52 partenaires qui ont été accusés, en avril 2018, de «montrer des signes de conflit avec l'enseignement moral et social catholique»? Indique-t-il quels partenaires ont reçu des appuis formels de la part d'évêques d'Amérique latine, d'Asie ou d'Afrique?

«La CECC comprend l'intérêt que présentent les conclusions du rapport final sur l'examen des partenaires internationaux», a répondu Lisa Gall, coordonnatrice des communications à la conférence épiscopale.

Parce que les deux institutions «ont mutuellement investi beaucoup de temps pour mener ce projet à terme dans la transparence, la responsabilité et l'intégrité, dans le respect de toutes les parties, la CECC doit donc respecter le processus permettant aux membres du conseil national de l'OCCDP de recevoir, d'examiner et de discuter le rapport dans le cadre de leur prochaine réunion».

La CECC précise ensuite que la décision de rendre publics les résultats de cette enquête sera prise «conjointement, au moment et de la manière jugés opportuns».

Un membre du conseil national de Développement et Paix a indiqué, sous le couvert de l'anonymat, n'avoir toujours pas reçu, le mercredi 14 octobre 2020, les conclusions du rapport final que tous les évêques ont pu consulter. «Je n'ai aucune idée de ce que les évêques ont reçu», a-t-il répondu lorsqu'on lui a demandé combien de pages contenait ce rapport.

Mais il se dit confiant que les membres du conseil national pourront prendre connaissance du rapport final avant leur rencontre virtuelle qui débute le vendredi 27 novembre. «On va le recevoir», affirme-t-il. De plus, lorsque ce rapport sera approuvé par le conseil national, ajoute-t-il, les deux organismes feront une «déclaration conjointe».

Le personnel de Développement et Paix n'a pas pris connaissance du rapport rédigé conjointement par la CECC et Développement et Paix. «À ce jour, on ne sait toujours pas quels partenaires seront définitivement coupés», a confié à l'agence de presse Présence un membre du personnel, très au fait du dossier, mais qui n'est pas autorisé à parler aux médias.

Deux groupes d'Amérique latine, qui font partie des 52 partenaires privés de subventions depuis trois ans, n’ont reçu aucune communication récente de la part de Développement et Paix.

Présence a demandé à discuter avec l'évêque qui a présenté, lors de la rencontre plénière annuelle de la CECC, le rapport final sur les partenaires de Développement et Paix. La direction des communications de la conférence épiscopale n'a pas acquiescé à cette demande.

Le retour de la Ligue des femmes catholiques

Avant même de connaître les conclusions du rapport final sur les 52 partenaires de Développement et Paix, la Ligue des femmes catholiques du Canada (Catholic Women’s League of Canada - CWL) vient d'inviter ses membres à recommencer le versement à Développement et Paix des dons qu'elles destinent à des projets qui aident des organismes de femmes dans les pays pauvres.

«À la fin du mois d'août, la présidente nationale Anne-Marie Gorman a reçu une lettre de Mgr Richard Gagnon, président de la CECC, l'informant que la Ligue pourrait rétablir son "Programme de 1%" pour Développement et Paix», révèle la CWL dans une lettre remise à ses membres le 30 septembre 2020.

«Je sais que nos membres seront ravis par cette nouvelle», a-t-on ajouté.

Le 17 novembre 2018, il y a deux ans, la présidente nationale de la CWL avait demandé à ce que les membres de l'organisme ne recueillent plus aucune somme pour l'organisme, une mesure jugée «temporaire mais nécessaire», tant que l'examen des partenaires de Développement et Paix ne serait pas dûment complété. «Beaucoup d’entre eux sont en contradiction avec les enseignements moraux de l’Église», avait alors expliqué la présidente nationale.

Malgré deux demandes de la part de l'agence de presse Présence, Anne-Marie Gorman n'a pas souhaité commenter la reprise de ce programme mis sur pied en 1978 ainsi que le contenu de la lettre que lui a acheminée le président de la CECC à la fin du mois d'août, soit un mois avant que les évêques canadiens ne reçoivent les conclusions du rapport final sur les partenaires de Développement et Paix.

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