Aveux de culpabilité

Le père Henri Paradis condamné à huit mois de détention à domicile

Arrêté en 2019 par le Service de police de Laval pour des gestes à caractère sexuel, le père Henri Paradis, a reconnu, au mois de septembre, sa culpabilité à deux chefs d’agression sexuelle et d’attentat à la pudeur.
Arrêté en 2019 par le Service de police de Laval pour des gestes à caractère sexuel, le père Henri Paradis, a reconnu, au mois de septembre, sa culpabilité à deux chefs d’agression sexuelle et d’attentat à la pudeur.   (Photo tirée de Facebook)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-10-20 15:26 || Québec Québec

Arrêté en 2019 par le Service de police de Laval qui le soupçonnait d'avoir commis, 30 ans plus tôt, des gestes à caractère sexuel envers une personne dont il entendait la confession, le père Henri Paradis, a reconnu, au mois de septembre, sa culpabilité à deux chefs d’agression sexuelle et d’attentat à la pudeur.

«Estimant le risque de récidive de faible, le juge Gilles Garneau a condamné le prêtre à huit mois de détention à domicile», a relaté Le Journal de Montréal dans un article publié dans son site Web.

Le père Paradis, 74 ans, membre de la Société des Missionnaires des Saints-Apôtres, a appris l'existence de cet article le concernant par l'agence de presse Présence qui l'a contacté afin de recueillir ses commentaires.

Dans son texte publié le samedi 17 octobre, la journaliste Claudia Berthiaume relate notamment qu'en 1988 l'abbé Paradis aurait «embrassé dans le cou» et «flatté les fesses» d'un jeune adulte venu le consulter.

«Stupéfaite, la victime a tenté de se dégager de l’emprise de l’homme d’Église, mais celui-ci a repris sa poigne, en soufflant ces mots: "C’est la tendresse de Dieu qui passe par moi doucement"», a raconté la journaliste.

«L’article du Journal de Montréal est exact», a reconnu lundi, par courriel, le père Henri Paradis.

«Mais il manque les propos du juge qui a demandé si je regrettais les faits», a-t-il indiqué. Son avocat «a alors confirmé que oui» et a assuré le juge que des lettres d'excuses, «qu’il avait en main», seraient remises aux victimes.

Ex-recteur du Centre marial diocésain Marie-Reine-des-Cœurs de Chertsey et ex-missionnaire en Afrique, le père Paradis a longtemps été actif, jusqu'à son arrestation en 2019, au Centre charismatique Le Jourdain de Montréal, un centre de prière qu'il avait cofondé en 1976. Ces dernières années, il était membre de son conseil d'administration et y animait régulièrement des sessions de formation.

Coordonnatrice du Centre charismatique Le Jourdain, Carmelle Jetté avait indiqué, lors de l'arrestation du père Paradis, «n'avoir jamais eu connaissance de gestes qui pourraient lui être un jour reprochés».

Elle reconnaît toutefois que, dans le Renouveau charismatique, il n'est pas rare de «donner des accolades» à des personnes qui sont en prière. «Quand des personnes ont des problèmes», de tels gestes d'affection risquent d'être «interprétés de bien des façons», croit-elle.

Malgré les déboires judiciaires de son fondateur, le Centre charismatique Le Jourdain n'a pas souffert de baisse de fréquentation. Après le confinement du printemps puis les vacances estivales, ses activités ont repris.

«Depuis septembre, on doit toujours refuser des gens à nos activités et dans notre chapelle», souligne Carmelle Jetté.

L'archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, n'a pas souhaité commenter la condamnation de l'abbé Henri Paradis. Le père Yvon Jutras, le supérieur provincial de la Société des Missionnaires des Saints-Apôtres, n'a pas répondu à notre demande d'entrevue. L'an dernier, il n'avait pas souhaité commenter l'arrestation de son confrère.

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