Chronique de Sabrina Di Matteo

Une Église déconnectée?

Le pape François était seul sur la place Saint-Pierre le 27 mars 2020.
Le pape François était seul sur la place Saint-Pierre le 27 mars 2020.   (CNS photo/Yara Nardi, pool via Reuters)
Sabrina Di Matteo | Chroniqueuse
Chroniqueuse
2020-03-27 19:46 || Québec Québec

Il y a quelques semaines, lors d’une journée de formation dans un diocèse québécois, on posait cette question: si nos diocèses et nos paroisses n’avaient plus les finances nécessaires pour salarier des intervenants laïques, des prêtres et des diacres, que deviendrait l’offre de sens?

Le mois suivant, cette question rhétorique devenait soudainement réalité.

Des diocèses et des paroisses ont fait ces derniers jours le choix déchirant de mettre à pied temporairement du personnel. Est-ce le bon choix?

Tous promettent que c’est temporaire et que le personnel sera réembauché. Un diocèse ou l’autre se démarque en préférant appliquer des banques de temps supplémentaire ou des jours de congé, et en demandant quel message l’Église envoie si elle renvoie son personnel. Qu’en sera-t-il dans trois mois?

Je crois malheureusement qu’il faudra faire face à la musique, si les finances sont dilapidées. Pourrons-nous enfin nous résoudre à fermer des temples vides qui siphonnent des sommes colossales? Quelle philanthropie sera réellement possible, quand on compte des quêtes à 300$ ici et là? Les diocèses s’entraideront-ils? Et surtout… pour quelle mission de sens?

Propositions connectées, vraiment?

Qu’est-ce que l’Église peut proposer à un monde confiné, anxieux, déboussolé devant les incertitudes de cette crise? Que peut-elle dire aux personnes fragilisées par la perte d’emploi, aux personnes itinérantes doublement à risque, aux migrants incarcérés, aux femmes et aux enfants à risque de violence domestique?

Bien sûr, il y a des œuvres de charité soutenues et animées par l’Église qui poursuivent leur travail tant bien que mal. Comptoirs alimentaires, maisons pour demandeurs d’asile, fonds d’aide pour les pays du Sud… Certes, les fidèles peuvent donner du temps en bénévolat. Mais qu’est-ce qui distinguerait l’Église, en cette crise, d’une ONG ou d’un OSBL?

L’enjeu n’est pas mince pour une Église fragilisée au Québec: comment habiter le point de jonction entre annonce de la foi et solidarité en action?

Nous avons vu, ces derniers jours, une déferlante d’options virtuelles. Leur multiplication est inversement proportionnelle à leur originalité. Partout, le sacramentel se donne en spectacle. Majoritairement, des prêtres filment leur messe privée en l’offrant à leurs contacts sur Facebook. Cela remplit-il vraiment une demande, rend-il vraiment service?

Les croyants sont déjà spectateurs dans les églises; doivent-ils l’être en plus dans l’espace numérique? Cette situation donne à voir un cléricalisme-spectacle qui montre encore à quel point les fidèles sont passifs, non-participatifs et peu formés dans la foi. C’était pourtant ce que le concile Vatican II voulait transformer… il y a 60 ans.

Très peu de ressources encouragent les baptisés à se prendre en main et à animer eux-mêmes, en petits groupes virtuels, des échanges sur la Bible et des temps de prière (les Jésuites l’ont fait). Au final, ces propositions demeurent centrées sur les croyants déjà engagés. Ce n’est pas parce qu’on diffuse du contenu sur le web qu’on est nécessairement «aux périphéries», une expression maintes fois utilisée par le pape François au cours des dernières années.

Daniel Laliberté, professeur à la Luxembourg School of Religion and Society m’écrivait plus tôt: «Que dira-t-on de la façon dont l'Église a non seulement proposé du sens à travers tout cela, mais comment elle a témoigné par son engagement – et non par ses bondieuseries – de ce que ça signifie aujourd'hui d'être Église dans, avec, pour le monde?»

Sens dessus dessous

D’autres initiatives religieuses et séculières, sans parler du télétravail, se font sur le même mode connecté, pour le meilleur et pour le pire. Yoga, méditation, offres culturelles gratuites, musées virtuels… Toute notre intimité est devenue virtuelle et le virtuel a envahi notre intimité. Les apéros en visioconférence, c’est alléchant pour la première semaine. C’est exténuant après un mois. On a envie de se toucher, de se serrer. Nous ne sommes pas désincarnés. Et c’est là que le bât blesse, pour les religions, car la dimension rituelle qui fait appel aux sens et au corps ne peut presque plus exister, et le risque de contagion pose un interdit que nous devons respecter. Si les services religieux ou spirituels ne sont pas jugés essentiels, c’est qu’elles ont échoué à le démontrer.

Chose certaine, un petit virus invisible nous bouleverse et est en train de révéler que nos modes institutionnels de services religieux ne sortiront pas indemnes de cette pandémie.

Il obligera à une révolution de sens et d’offre. Les institutions religieuses qui étaient au cœur de l’organisation sociétale – ici, le catholicisme en particulier – jusqu’aux années 1960 ont été reléguées à une offre spirituelle généralement désincarnée. Si l’Église catholique doit en renaître, ce sera en trouvant le moyen de réinvestir la présence au monde, par l’action solidaire, des célébrations et rituels moins hermétiques, de l’accompagnement axé sur la vie réelle et non sur la préparation à des sacrements de plus en plus désaffectés.

L’Église québécoise a besoin d’une révolution de sens si elle veut vivre une véritable résurrection. Et sortir transformée de ce passage.

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27 Commentaire(s)

Karine Cloutier || 2020-05-27 15:29:26

Je trouve tout cela d’une grande tristesse.

Jean Guy Nadeau || 2020-04-15 11:07:49

Chère Sabrina, je viens de relire ton texte, suite à ton invitation ;-) Ce qui m'a aussi permis de retrouver des amis sur cette page, anciens ou très anciens (Pierre Prud'homme, Gérard Laverdure) que je fréquente trop peu. On devait tous se voir au lancement de mon livre Une profonde blessure. Les abus sexuels dans l'Église catholique, mais il a été reporté. Comme les autres. Non essentiels. Si l'homme ne vit pas seulement de pain, il vit d'abord de pain. Comme la femme. L'essentiel est d'abord là. Comme au Chic Resto-Pop qui nourrissait le monde mais qui, avec l'arrivée d'un nouveau curé, empêchait la paroisse de tenir des activités pastorales ! Tu m'as écrit que tu avais ces temps-ci beaucoup de plaisir à la phraséologie pastorale !!! Ton texte me fait comprendre ce plaisir, ce besoin. Mes maîtres, devenus collègues, l'avaient justement inventée pour répondre à l'insignifiance d'un discours décroché du réel. Décroché du "pays réel", comme le disait Jacques Grand'Maison, emporté par une autre cochonnerie avant la Covid-19. Proposer sens et espoir. Plein de gens le font très bien en pratique. Mais que dire? Dire, c'est notre job de théo-logien, que Marcel Viau désignait comme un soldat solitaire au front du langage. Gutiérrez, de son côté, la voyait aussi comme servir la soupe. L'autre soir j'étais sur la scène avec les Cowboys Fringants. Seulement comme band gear (helper), ne crains rien. 6,000 personnes. De 2 à 68 ans, disons. Je me suis demandé ce que j'aurais à leur dire comme théologien. Que Dieu les aime, certes. De ne pas croire tout ce qu'o leur a dit sur Lui ou Elle. Je n'aurais pas osé. Bien sûr, ils n'étaient pas là pour ça. Et les Cowboys le faisaient à leur manière. Comme Les Trois Accords avant eux (et Les Deux Frères — sans blague). Mais dans un autre langage, qui faisait aussi appel à leur cœur et à leur responsabilité. J'ai essuyé la scène ( il pleuvait un peu), fait des trucs, pris des photos. Le temps venu, j'ai lancé dans la foule canettes de bière et gazous, en pensant à mon chum Jean-Marc Gauthier qui en joue avec Bozo. Foule en contact et en joie: enfants, parents, grands-parents, amis, jeunes. Fin du rituel ou de ce qui en tient lieu. On est rentré dans la roulotte puis allé au resto. La vie a repris son cours. Pré-Covid. Pas plus de réponse avant qu'après. Toujours chercher, essayer, à tâtons dans le noir. "Chaque question possède une force que la réponse ne contient plus" (Elie Wiesel).

Pierre Prud'homme || 2020-04-09 22:18:37

J'ai le sentiment que Sabrina soulève pertinemment des questions que Vatican II a libérées et que certaines personnes attachées affectueusement, spirituellement et intellectuellement à l'Église ont continuellement soulevées depuis 60 ans. Il ne faut pas se surprendre que des réalités déjà vécues en paroisse soient reproduites au niveau du numérique. Les personnes incapables d'accueillir les questions et de se remettre en question peuvent-elles vraiment offrir autre chose? Ce que Mgr Hubert et Mgr Valois et certains autres savaient faire. Je suis de la même racine que Gérard Laverdure. Je suis toujours étonné de l'immense silence de notre Église et de nos paroisses sur des éléments de la doctrine sociale de l'Église dont la richesse donne une saveur inédite au message évangélique et dégage un parfum d'espérance du fait qu'elle propose des réflexions et des solutions aux problèmes que les gens vivent. En ces temps de confinement, alors que les gens sont invités à lire, je crois qu'il serait approprié de proposer non seulement aux chrétiens et aux chrétiennes, mais aussi à toutes les personnes qui ont à coeur la marche du monde, un espace de temps de leurs lectures pour des extraits du Compendium de la doctrine sociale de l'Église. On s'étonnera grandement d'y trouver des propositions de sens et des éléments de solutions aux problèmes de notre époque. Parce que je refuse une spiritualité qui me confine à un statut de spectateur et de consommateur de rituels, j'ai intégré le Mouvement des travailleuses et travailleurs chrétiens qui, en petites communautés, pratiquent une spiritualité active par le VOIR-JUGER-AGIR axée sur les réalités que les gens vivent. Un Mouvement dont les rituels sont habités par ces dernières. Et cela m'est source de sens et d'espérance. Avec toute mon amitié, Pierre Prud'homme Président du MTC de Montréal Membre de la Commission Engagement et Foi du MTC du Québec

jean-pierre gagnon || 2020-04-04 18:14:18

Sabrina, Ayant lu avec intérêt votre article dès sa parution et pour avoir porté attention aux nombreux commentaires émis depuis, j’ai voulu apporter mon point de vue au débat parce certains commentaires sont pour le moins étonnants. J’ai 62 ans. Impliqué dans ma paroisse depuis 21 ans, je contribue aux questions de gestion stratégique du futur des bâtiments et des ressources financières ainsi qu’à celles, au risque d’étonner, plus prosaïques de la décoration du temps de Noël et de Pâques. Cela est ma façon de m’engager. Je suis de la génération qui a vu le passage du catéchisme à la catéchèse, qui a vu s’amorcer la transformation des rituels. Pour un ensemble de raisons familiales relevant de la difficulté de vivre la modernité, je me suis retrouvé dans des milieux traditionnalistes, néo-conservateurs, ésotériques de tradition européenne d’après deuxième guerre et même pastoraux émotifs. De tout ceci, il ne me reste rien en raison de ce que j’y ai vécu : enfermement intellectuel, autoritarisme proclamé, moralité douteuse imposée et état de soumission exigé. Mon expérience d’une trentaine d’années m’a confronté à l’absence de sens et à une certaine abdication de la raison devant les conventions. Ma foi est un combat. Depuis que je m’implique dans ma paroisse, j’ai constaté auprès de la génération engagée qui me précède une analyse étonnamment critique du rôle du laïc. J’ai compris qu’il y a eu des attentes au Québec à l’occasion du concile Vatican II qui ne se sont pas vraiment matérialisées après près de soixante ans alors que l’horizon qui s’offre notamment dans mon diocèse, c’est le désert. On m’a communiqué l’âge et le nombre des ressources ecclésiastiques. Le modèle d’Église que je décèle dans certains commentaires, une crispation identitaire dans le rôle du pasteur, cessera d’exister avant longtemps. Nous nous acheminons vers des vagues de fusions de paroisses et de diocèses ainsi que vers une très grande rareté de ressources. Ceci est sans compter les fermetures d’églises qui suscitent des débats beaucoup trop émotifs. Le défi pour les laïcs sera la « prise en charge intégrale » alors qu’ils sont davantage habilités à être le « troupeau conduit par son pasteur ». On peut se demander ce qu’il adviendra du dit modèle dans une société qui change continuellement depuis l’après-guerre et qu’il faudra bien définir autrement qu’à l’aune de principes de moralité désuets tels que je les ai entendus aux funérailles de ma belle-mère il y a quelques années. Il me semble, au passage, que des funérailles se prêtent mieux à parler de l’espérance en la Résurrection. La réalité, aussi insupportable puise-t-elle être pour certains, c’est que l’Église traverse une crise de crédibilité probablement historique, qu’elle ne rallie que très peu de gens et que ses généreux bénévoles ne seront plus là avant longtemps. Je le vois constamment dans les données que je dois colliger. Mgr Pelchat, du diocèse de Québec, a particulièrement bien cerné ce problème dans l’édition du 31 mars de ce journal. Lorsqu’une crise est vécue, la littérature nous l’enseigne, des vulnérabilités insoupçonnées surgissent alors que les dysfonctionnements émergent pour être davantage dysfonctionnels. Le miroir grossissant de l’un de vos commentateurs. En fait l’épisode de pandémie Covid-19 n’aura été qu’un prétexte.

Lorraine || 2020-04-02 10:48:11

Chère amie, je suis étonnée, votre opinion m’ a fait découvrir et apprécier des commentaires qui expriment en d’autres mots la foi qui m’anime. :)

Norman Lévesque || 2020-04-01 09:40:13

Sabrina relève bien certains enjeux de notre Église qui peine à se renouveler. Le "Frère Untel reprend la parole" dénonce ces enjeux et propose plein de solutions. https://www.facebook.com/FrereUntel2/ https://www.youtube.com/FrereUntel2

Mario Larivière lop || 2020-03-31 21:18:03

Remerciements à nos aîné(e)s! Lors de notre dernière rencontre de préparation à la Confirmation, juste avant que tout ne s’arrête pour une pause, l’animateur de pastoral a insisté pour d’abord prendre le temps d’écouter comment chacune et chacun vivait la situation de la pandémie. Les préoccupations n’étaient pas les mêmes pour toutes et tous, bien sûr! Certaines personnes ont des membres de leur famille dans d’autres pays du monde augmentant leur degré d’inquiétude, d’autres ont des enfants et sont en télétravail, d’autres inquiets de ce qui va se passer sur le plan financier, etc. Un des animateurs a exprimé son inquiétude quant aux services de distributions des denrées alimentaires pour les personnes les plus démunies de notre paroisse. Les bénévoles de son équipe, tout comme lui, ont pour la plupart 70 ans et plus! Spontanément, deux jeunes ont levé la main pour offrir leur aide. Cela m’a fait beaucoup réfléchir sur mon Église. J’ai trouvé cela merveilleux. Spontanément la relève est là quand on la demande pour des besoins concrets. Le Premier Ministre Legault, par la suite, fera appel au bénévolat et le Peuple Québécois a répondu. Voilà les fruits de notre Église non ? Nous avons beaucoup reçu de nos personnes aînées qui se sont sacrifiés, qui ont donnés sans relâche pour nous construire une société avec un « filet social ». Nos grands-parents, voir même pour certains d’entre-nous nos parents, ont connu la vie sans RAMQ et sans pension de vieillesse. En ce temps de pandémie, cela nous a fait voir que ce sont des personnes de 70 ans et plus qui donnaient encore! C’est la réalité de notre Église, un écart de génération énorme. Mais il y a aussi des jeunes familles, et c’est en famille que présentement le combat se vit pour elles : l’école à la maison, le télétravail, l’insécurité, des moments d’angoisse même. Comment notre Église peut-elle demeurer branchée? Comme elle l’a toujours fait : voir les besoins et agir. Est-ce que lorsque nous critiquons l’Église « qui devrait, qui devrait et qui devrait », nous sommes des baptisés engagés ou encore en attente que les Pasteurs de l’Église agissent ? Les plus intellectuels de l’Église que nous formons, ont-ils de beaux témoignages de projets innovateurs à nous présenter, est-ce que certains de ces projets existent déjà ? Nos critiques peuvent-elles être entrain d’étouffer le neuf qui voudrait naître ? La crise actuelle implique des étapes à vivre et nous innovons toutes et tous. C’est une première! Il y a un temps d’assimilation de la réalité, ensuite d’évaluation du risque réel et des mesures à prendre pour faire de la prévention, puis assister les personnes infectées et éviter le décès de nos plus vulnérables. C’est aussi notre héritage chrétien qui se réalise : prendre soin des plus pauvres, des plus petits, des plus fragiles. Nos aînés peuvent être fiers(es) de pouvoir se dire, mission accomplie. Plusieurs ont bâti ce réseau communautaire du Québec et qui aujourd’hui continuent leur mission en tant que laïcs (baptisés, personnes croyantes ou non, est-ce que l’Esprit Saint est en action ?). Je pense à toutes nos sœurs religieuses par exemple qui ont fondé nos hôpitaux et tant d’OSBL pour les malades, les personnes itinérantes, etc. « Je me souviens », c’est ma fierté comme québécois ! Nous avons un deuil à faire, celui de notre fragilité comme Église, notre propre pauvreté. Cela fait partie du passage dans lequel nous sommes engagés bien malgré nous. Réduire les célébrations à de simples «shows», tient-il compte des besoins réels ? Ma mère qui approche de ses 92 ans et qui vit un deuil après 66 ans de mariage et qui ne peut sortir de sa résidence a-t-elle besoin d’écouter la messe à la TV (pour d’autres sur le Web), est-ce que cela la garde connectée à sa foi, à l’Évangile sur lequel elle a partagé plusieurs années en Fraternité ? Elle est incapable de lire, mais elle écoute, elle connaît bien sa messe, elle « suit bien » comme on dit, et elle demeure dans l’Espérance. Combien de nos sœurs religieuses peuvent aussi vivre cela ? Toute une génération qui a tant donné ! Sommes-nous en Église avec elles en sachant qu’elles lisent, écoutent et se laissent encore rejoindre par l’Évangile via ces moyens électroniques (il y a des malades plus jeunes également!). Cet Évangile qui est source du SENS, dans notre foi chrétienne. Je remercie aussi les radios de leur permettre une présence. Je dois dire aussi que j’ai été très surpris de voir des plus jeunes faire circuler des images de la Sainte Vierge et la prière du « Notre Père ». De simples « bondieuseries » ou des traces de cette foi porteuse d’Espérance de nos personnes aînées? Je dois me confesser, la célébration de Bénédiction du Pape François Urbi et Orbi m’a apporté consolation et je me suis senti en Église du fait de savoir que nous étions des millions en même temps à prier pour la même chose (j’ai même vu le Pape de plus près sur mon écran qu’à la Place St-Pierre lors de mon court passage à Rome). Je ne connaissais pas ce grand signe de la miséricorde de Dieu dans notre liturgie (les plus savants sûrement). Ce n’est pas rien, nous avons eu toutes et tous ensemble le souci de ceux qui décèdent sans les sacrements habituels. J’ai perdu mon père au printemps dernier, comme cela nous a été d’un grand appui de se sentir soutenu par la prière et par les grâces de ce sacrement des malades, pour donner force en un pareil temps d’épreuve. La miséricorde pour toutes et tous. L’Italie pleurant ses morts, vivant dans l’angoisse, tant de deuils! Un Pape, qui se veut présent à leur souffrance et témoigner que le Christ est encore là et que personne ne sera privé de l’Amour de son Père ! En temps de guerre mondiale nos parents écoutaient la radio, aujourd’hui nous avons la chance d’avoir l’image, c’est juste plus beau et on se sent plus proche! Je ne peux réduire cela qu’à un « show ». Moi, j’ai prié avec d’autres du monde entier (sûrement aussi pour ma mère lors du chapelet en famille à la radio). Tout comme aux funérailles pour ma sœur en Saint Dominique de la semaine dernière, nous étions réunis de plusieurs pays sur la planète. Un dernier hommage, un dernier à Dieu, tous ensemble en visioconférence, avec sa dépouille en France et le prêtre à Montréal. La communion… une des plus belles de ma vie. Des personnes venant une à une lui rendre hommage en allumant son micro de portable ou de cellulaire. Elle est partie dans la dignité et ses jeunes enfants soutenus malgré la distance. Mais sommes-nous rendus à la prochaine phase de la crise de la COVID-19? Celle qui nous mènera à la nouvelle créativité pour faire Église en distanciation physique mais non sociale ? Que devons-nous faire comme baptisés actuellement, maintenant ? Aller toucher le cœur des gens, mais comment ? Comment s’assurer que personne ne soit privé de cet Amour qui est le plus grand, le plus fort ? En étant une présence en Présence, comment ? Pourquoi pas commencer en ayant le souci de ce que l’autre vit ? En osant s’informer comment l’autre vit ce temps de confinement ? En prenant le temps d’offrir une écoute, simplement écouter, mais être ainsi pleinement présent à l’autre. N’y a-t-il pas déjà eu un jeune de 33 ans parcourant la Galilée, fils de charpentier? Il a croisé plusieurs personnes sur son chemin, Il a touché des cœurs. La différence aujourd’hui, plus de 2000 ans après… avec les moyens électroniques, nous avons le monde à notre portée, sans même nous déplacer! Et laissons-nous inspirés par l’Esprit-Saint pour stimuler notre créativité, c’est le temps d’innover ! Alors, je vous la pause la question Amis-es Facebook, comment vivez vous cela présentement votre confinement ? Avez-vous besoin d’écoute, de mon écoute ? Vous savez comment me joindre, n’hésitez pas. Sachez que nous allons bien à notre adresse physique et que nous nous sentons toujours socialement proches ! Bonne montée vers Pâques dans l’Espérance!

Jean Marie ANOH || 2020-03-31 13:52:04

Chère Sabrina, Pour vous, les prêtres se donnent en spectacle à travers #les messes réelles# mais suivies virtuellement. Je vous fait juste une analogie : Admettons que votre conjoint vous appelle "virtuellement" et qu'il dit une de ces deux paroles: -Sabrina, je t'aime Ou (je touche du bois) -Sabrina, je t'aime plus. Jusqu'à quel point, prendriez-vous ces paroles au sérieux? Selon le critère de sincérité ou non 1) Si ces paroles sont sincères 2) Si c'est une blague Même si vous ne le voyez pas, vous le jugerai à partir de ces deux points et qui même peuvent occasionner une rupture définitive. Alors, à moins qu'on ne croit pas à l'efficacité de la prière qui est avant tout spirituelle, je voudrais plutôt vous inviter à l'encouragement: "Celui qui ne rassemble pas avec moi disperse". Ces petites assemblées eucharistiques que vous semblez mépriser prient pour un monde meilleur, prient pour que Dieu inspire nos chercheurs. C'est ce que recommande le Christ d'ailleurs: "Quand deux ou trois personnes ou trois se réunissent en mon Nom, je suis là au milieu d'eux" Ces hommes et ces femmes unis au prêtre sont réunis au Nom de Jésus. Ils pouvaient utiliser leur temps pour autre chose mais ils l'ont consacré à Dieu. Je crois que le drame de l'érosion de la foi à notre époque, c'est de vouloir à tout prix imposer aux pauvres chrétiens une façon de faire qui consiste à ne rien faire et attendre la fin. Un peu comme comme cette pensée épicurienne: "Mangeons et buvons car demain, nous mourrons". Dans la situation actuelle, je crois très mondestement que c'est une façon froide de voler l'espérance à ceux qui veulent en plus d'eux mêmes compter aussi sur Dieu. Ceux qui suivent la messe à la TV ou le Net, et qui la vivent certainement, ne le font pour le fun mais par nécessité. La messe est un service essentiel qui heureusement n'est pas limité par un cadre spatio-temporel. C'est un service supra-spatio-temporel qui garde sa même efficacité, pourvu qu'on soit sincère.

MICHELLE-ANGE PICARD || 2020-03-31 10:52:29

LA VIE provient de la mort comme du silence.....de l'invisible....Il en est ainsi de l'Église de Jésus-Christ dans l'Esprit-Saint qui continue de L'animer...La dynamiser...et qui continue de nous réunir.... Cette «pandémie»...est-ce osé de le mentionner...elle est comme un cadeau en livraison spéciale ...nous invitant à mieux ajuster le reste de notre vie terrestre...à la suite et avec Celui qui continue de s'offrir à son Père...notre Père...Cette «pandémie» vient nous «remuer» dans nos entrailles... nous donnant ainsi l'opportunité de se dire dans le respect...et même plus...nous permet de guérir du venin que l'on peut laisser jaillir par écrit...de nos pensées...du passé... pouvant devenir «mortifères»...pour mieux «renaître» nous aussi à l'image de Nicodème en 2020.... L'Église est vivante plus que jamais...Cette «nouvelle évangélisation» dont on cite souvent l'expression...mais dont je «rouspète» toujours car pour moi...la Parole de Dieu demeure toujours nouvelle...depuis son «Origine»......Elle continue de se vivre en périphérie....Nous n'avons qu'à regarder tout le bien qui se fait...toute la bonne volonté à rendre le monde meilleur...pour le constater...et même à y adhérer en respectant les consignes.....Je dirais que cette «pandémie» nous permet d'exprimer une facette de l'Amour de Dieu qui rayonne ou scintille depuis le début par toute la Terre...Cette pandémie nous rend même peut-être plus contemplatifs(ives) à vivre en action de grâce au rythme des saisons...Peut-être n'avons-nous pas encore pris le temps comme le plaisir de rendre grâce à Dieu de tous ses bienfaits dont Il ne cesse de nous combler...dont sa Vie...Jetons un regard sur la Nature en réveil...J'ai le goût d'ajouter que le Saint Frère André doit être heureux au ciel de nous rejoindre de son Oratoire dont il n'a même pas vu la fin de sa construction comme Moîse n'ayant pas mis les pieds dans la Terre de Canaan....Oui...cette pandémie nous permet de nous offrir et de nous unir et même de chanter aux célébrations eucharistiques que nous permettent les médias...«SUPER MERCI»....en union à Celui qui continue de nous dire «Faites ceci en mémoire de Moi»....«Je vous laisse ma paix....»...«Je détruirai ce temple et en trois jours...Je le reconstruirai...» et qui continue de donner sens à notre vie...Pour terminer...je pense à nos achats d'inutilité...comme ces fleurs en plastiques ou produits cancérigènes dont le coût $ est souvent bien supérieur à celles» naturelles...Oui...bon temps de Carême...et préparons-nous à mieux vivre les «Jours Saints et le dimanche de la Résurrection». Jésus Trinitaire nous ressuscite à chaque instant et nous sommes assis (e) à sa table..pour mieux accomplir sa volonté ou du moins composer avec la Sienne...en mentionnant qu'Il permet des choses.... mais en n'est pas la cause....Lui qui veut notre «Bonheur»...Oui, Il continue de nous aider à vivre cette tempête «apaisée« en 2020.... L'arche de Noé approche du rivage...la colombe est partie...La vie continue et pensons à toutes les familles endeuillées et autres...Oui, la Parole de Dieu continue de nous parler dans les événements...Elle nous donne même l'opportunité de peut-être de réaliser aujourd'hui que nous existons et que nous sommes toutes et tous soeurs et frères en Jésus-Christ en union de pensée et de prière...Quel cadeau!

Pie || 2020-03-31 10:07:15

Chère Sabrina, Je suis sidéré de lire tes prétendues analyses qui n'apportent rien de concret dans la situation que vivent les populations mondiales face à cette pandémie, mais qui traduisent, par contre ta haine contre l'église catholique, particulièrement celle du Québec. Apparemment l'église ne fait rien de bon, autrement dit, elle n'est bon en rien. As-tu des yeux pour voir ou es-tu animée par la mauvaise foi? Comment peux- tu t'en prendre si violemment aux initiatives des prêtres et évêques qui, en bons pasteurs, tiennent à prendre soin de leurs troupeaux, même de manière virtuelle, puis que c'est le.moyen dont ils disposent pour le.moment? Sais-tu combien des fidèles les désirent ( ces célébrations)? Combien se sentent réconfortés grâces aux exortations de leurs pasteurs ? Qu'attendez-vois exactement de ces pauvres pasteurs et qu'est ce que vous faites pour eux, pour l'église, pour le peuple de Dieu? Prenez-vous le temps de prier pour les malades, les soignants, les organisations de bienfaisance qui soutiennent les vulnérables ? Si vous rêvez des pasteurs Saints pour croire à leur mission, alors il faut changer de monde. Si vous rêvez de la.mort ou de l'extinction complète de l'église du Québec, alors vous et vos acolytes, vous mourrez et cette église qui appartient au Christ ne disparaîtra jamais.

Jean Guy Nadeau || 2020-03-31 09:21:12

Très bonnes question, Sabrina. Ça me ramène à l’histoire du développement de ce modèle d’Église sacerdotale plus que diaconale, par exemple.

Karen Trudel || 2020-03-30 14:53:36

Je dirais ceci est surement une des réponses qu'on ne veut pas s'occuper... On veut pelleter dans la cours du voisin... Qu'en est-il de son propre regard et responsabilité vis-à-vis de chacune de ses actions, qu'elle soit en paroisse, sur le terrain ou ailleurs dans nos familles ou au travail. Comment sommes-nous habituer de réagir ? Mettons-nous automatiquement tout sur la faute du voisin, ou nous prenons aussi une part de la charge qui ne fonctionne pas ? Attendons-nous que quelqu'un d'autre passe après nous pour que "Quelqu'un" le fasse ? Ah, j'ai mieux à faire... quelqu'un d'autre s'en occupera ? Qu'attendons-nous ? Nous ! Pour faire quelque chose ? C'est toujours la faute des autres... dira-t-on... c'est lui ou elle... c'est à cause de son poste... c'est à cause de son titre. Mais si moi, je ne fais rien qui le fera à ma place ? Voici un petit texte qui porte à réfléchir: [Commentaire édité pour des raisons de droits d'auteur.] Maintenant... qui est VÉRITABLEMENT responsable de ce qui se vit en paroisse ? en Église ? Au Vatican ? Dans nos croyances ? Chez moi dans MA maison ? Suis-je responsable ou c'est la faute de quelqu'un d'autre... encore... ? Dois-je m'impliquer ? ou juste critiquer sans changer ? Et par où je vais commencer ? Est-ce que je considère que c'est trop dure de le faire ? Pourquoi moi... ? Pourquoi ce serait à moi de le faire ? N'es-tu pas croyant ? Oui, non, je ne sais pas, vérifie et après répond...

Isabelle || 2020-03-30 11:18:20

Je crois que tout est dans le regard de celui qui regarde. Vous semblez être en attente d’une solution miracle, apportée par les autorités ecclésiales? Pour moi, l’Église c’est le levain dans la pâte, invisible, au cœur du monde, où elle donne l’amour du Christ. Je vois l’Église est au cœur de cette pandémie, dans tous ces personnes qui au nom de leur foi, animées par l’amour de Dieu brûlant en eux, communique cet amour et cette espérance par leur proximité et leur soutien selon le lieu où ils sont et leurs charismes; dans le dévouement des équipes de soins de santé ou des services essentiels, dans les appels téléphoniques de réconfort, dans les bénévoles des banques alimentaires, dans les services d’achat d’épicerie pour les personnes en isolement, etc. Vous mentionnez le monde numérique, il y a aussi tout plein d’initiatives de chrétiens qui au nom de leur foi veulent donner leur espérance. Par exemple des musiciens offrant des vidéo quotidiennes de pièces jouées accompagnées de témoignages de foi, des offres de méditations par un professeur de spiritualité chrétienne pour aussi entretenir l’espérance, etc… Et ces prêtres qui offrent des messes en ligne que vous avez évoqués. Vous les rejetez du revers de la main par supposé manque d’originalité… moi j’y vois leur amour de pasteur pour leur brebis, car ils savent que l’Eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne et que, faute de communion sacramentelle, le peuple de Dieu peut vivre la liturgie et puiser force et grâces divines, en ces temps difficiles, dans la communion spirituelle. Oui, si nous cherchons des bibittes noires, nous allons en trouver parce que l’Église est humaine, mais il y a aussi de très belles initiatives, mais souvent discrète et combien touchante! Madame, votre article m’a beaucoup attristé. Il me semble qu’en ce temps d’épreuve, nous avons davantage besoin de se soutenir en Église, besoin de solidarité, et non pas de critiques! L’évangélisation de l’Église en ce temps de pandémie, se fait, je crois, non pas par un projet extraordinaire sur le web, mais par tous les gestes d’amour, d’attention, d’espérance, de tous et chacun de ses membres. Nous sommes l’Église! Vous êtes l’Église! Je vous retourne donc la question, qu’avez-vous fait en ce temps de pandémie?

Micheline || 2020-03-29 14:28:17

J’avais lu ce texte et,effectivement, la situation que nous vivons présentement amènera à questionner en profondeur l’avenir de notre Église. Micheline

Anne-Marie Chapleau || 2020-03-29 09:10:26

Merci Sabrina, merci Éric! Des réflexions incarnées...

Carlo Roy || 2020-03-28 21:49:46

On écrit au début du texte qu'on paie des diacres ? Je pensais que les diacres n'étaient pas rémunérés puisque je suis en cheminement pour devenir diacre permanent au Diocèse de Bathurst. Pour moi, mon engagement en Église, c'est un don de ma vie pour suivre Jésus et contribuer au bien-être de toute la communauté par des actions concrètes et des paroles constructives. Je suis impliqué bénévolement en Église depuis l'année 2001, près de 20 ans maintenant et je suis intéressé par l'infini de projets que l'Église peut faire pour le bien-être communautaire et pour la volonté de Dieu. De plus en plus, chaque baptisé à un rôle à jouer afin de voir au bonheur de son prochain et surtout d'assurer une présence réconfortante pour les gens aux prises avec la misère ou vivant des situations difficiles ou des périodes disons moins ensoleillées telles que la maladie, la solitude, l'abus, les situations d'injustice. Comme baptisé, on se doit d'être solidaire les uns les autres et faire équipe avec d'autres pour une vie paroissiale et communautaire réussie...avec l'aide et les dons de l'Esprit Saint soutenu par le regard bienveillant de Jésus qui est présent avec nous autant dans les moments de joies que dans les moments plus gris et plus tristes comme dans ce présent temps difficile de la pandémie de COVID-19 qui est touche toute la planète Terre en ce moment. En souhaitant à tous une bonne journée et beaucoup de joie dans vos activités d'entraide !

Roch Brisson || 2020-03-28 16:15:55

Je suis organiste et impliqué en musique liturgique depuis près de quarante ans. Cette semaine je recevais un courriel de ma paroisse me demandant de suspendre mon contrat et d’accepter une paye au pro rata pour le mois de mars étant donné que les églises ont été fermées le 14. Aucune question concernant mon bien être, est-ce que j'étais correct et en sécurité? La préoccupation première de l'église n’est pas le bien être des personnes qui la composent, c’est la question de l’argent. Une chance que je fais partie du Collège canadien des organistes qui m’a recommandé une démarche à suivre pour s’assurer que nous soyons dédommagés ( je suis organiste et ma femme est chef(e) de Chœur. La situation actuelle ne me surprend pas mais il est très décevant de voir que l'église n’à pas plus à cœur le bien des personnes.

Jean-Léon Laffitte || 2020-03-28 13:42:14

Vous connaissez la réponse de Mère Teresa à un journaliste lui demandant : "Quand vous voyez tout ce qui se passe dans l'Église et dans le monde, que faudrait-il changer pour que ça aille mieux ?" Le regardant dans les yeux, avec ce regard à la fois malicieux et plein d'amour qui pouvait être le sien, elle lui répondit : "Mais vous et moi, cher Monsieur ! Ce qu'il faut changer, c'est vous et moi !" Vouloir changer des structures plutôt que soi-même, la meilleure façon de perdre sont temps et de n'offrir aucun témoignage.

Frédéric Tremblay || 2020-03-28 12:45:27

Il est où le problème avec les messes diffusées sur Facebook ? Moi j'avoue être partagé. Quel est véritablement l'enjeu ici ? À mon avis ce discours n'est pas nouveau et représente une arme trop facile pour ceux et celles en manque de vision. Quelle espérance donnons-nous si de l'intérieur même de l'Église nous nous jetons la pierre? « Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister (Mc 3,4)» Est-ce que cela signifie qu'il faut arrêter toutes initiatives qui pourraient être prises par les temps qui courent et laisser les croyants seuls à eux-mêmes? L'Église n'est-elle pas, sous quelque forme que ce soit, cette vaste communauté qui tente, tant bien que mal, à se réunir virtuellement ? La responsabilité de faire Église, revient-t-elle aux autorités ecclésiales ou à l'ensemble du peuple des baptisés ? Moi je salut ceux et celles qui, au lieu de lancer la pierre, proposent, offrent, invitent, cherchent à rassembler, peut-être imparfaitement, mais qui osent tout de même. Pour bon nombre de croyants, le sacré a encore véritablement du sens et pour ceux-ci il occupe une place importante dans leur expérience de foi. Pourquoi la ritualité pose-t-elle tant problème ? Pourquoi le sacré semble-t-il si difficile à accepter, ? Et si, inversement, il y avait un grand silence, aucune présence de l'Église actuellement sur les réseaux sociaux, on le lui reprocherait sûrement. Alors, l'un des enjeux, est que l'on demande à l'Église d'être parfaite, alors que ni l'un ni l'autre ne sommes capables de l'être. Comment alors je dois me sentir si, cherchant à proposer des solutions, je sais qu'elles seront critiquées de n'être pas parfaite dès le départ ? Je ferai marche arrière, au risque d'être lapidé sur la place publique. Oui, l'enjeu est grand, est n'est peut-être pas celui qu'on pense, dépendamment dans la direction où l'on regarde. L'image qui nous est renvoyée n'est-elle pas plutôt le constat individuel de notre propre incapacité à faire du sens dans notre propre pastorale ? Mais ça oserons-nous le regarder en face ? Je ne veux absolument pas défendre l'institution. Je défends ceux et celles qui font quelque chose, car au moins eux ils le font. Encore une fois, un bel exemple ici d'un discours qui cherche à jeter le bébé avec l'eau du bain...

Anne || 2020-03-28 12:42:22

Cette réflexion de fond sur l'état de notre Église doit se faire. Bien sûr, il faudrait faire mieux et être rendu ailleurs. Cependant, le contexte actuel est unique. Il y a à peine trois semaines on fermait les écoles et les églises. Cette crise sans précédent récent nous a forcés à trouver d'autres manières de faire Église en plein carême. Dès le premier dimanche, j'ai pu suivre une messe en ligne. Loin d'être spectatrice, j'ai vécu une réelle communion. J'étais fière de cette Église qui avait trouvé le moyen de rester en contact. J'ai pensé à mon père qui, dans les derniers jours de sa vie, trouvait du réconfort à suivre la messe télévisée. Mercredi, j'ai uni ma prière aux autres lors de la fête de l'Annonciation. Nous sommes nombreux à avoir eu un échange personnel sur Facebook avec notre évêque. Je devais être lectrice dans ma paroisse le dimanche des Rameaux. Ma participation ne sera pas moins réelle, de mon salon habillée en linge mou.

Gérard Laverdure || 2020-03-28 10:59:33

Je vais avoir 76 ans demain et je suis engagé dans cette Église depuis ma jeunesse (JEC) et en pastorale (sociale, cégep, MTC, ACAT, reJEC, D&P, paroisse, etc.) depuis 1973 (St-Jérôme). J'ai rêvé avec le Concile Vatican II surtout Gaudium et Spes (l'Eglise dans LE MONDE DE CE TEMPS, justement). Au temps de Bernard Hubert et Charles Valois et quelques autres, des femmes sont devenues responsables de paroisses... On nous parlait de Peuple de Dieu, du sensus fidei du Peuple de Dieu, de ''co-responsabilité'', de collégialité... Paroles, paroles... sans suite vraiment. Certains jours j'en ai mal au ventre, aux entrailles et j'ai envie de sacrer mon camp... Mais j'ai été planté dans cette vigne. J'y suis j'y reste et je travaille à suivre et VIVRE l'esprit évangélique. On y travaille à la paroisse St-Bonaventure de Montréal (Divine renovation et parcours Alpha) en changeant les rapports entre nous tous. Je curé Patrice Bergeron me racontait ceci: un paroissien lui demande comment il doit l'appeler, mon père ou révérend... Il lui répond: mon nom c'est Patrice. On devient une vraie communauté fraternelle.Les femmes y jouent un rôle majeur. Mais quand je voit constamment à la télé religieuse ou autre ces rassemblements de gars âgés et costumés selon leur grade... Une Église impériale, pyramidale, patriarcale, misogyne, désincarnée par en haut... Pu capabe. Ce que frère François (pas le saint père...) dénonce tant qu'il peut en se faisant beaucoup d'ennemis à l'intérieur de l'Église... Pas nouveau. Et il nous envoie sur le terrain, en service fraternel, en signe d'espérance. L'Église comme un ''hôpital de campagne''... c'est la mission depuis des siècles, mission relevée par beaucoup de baptisées souvent organisés en communautés religieuses surtout de FEMMES, présentes dans toutes les crises... Les temps sont durs, BEN DURS... Alors je me rappelle la parabole de l'ivraie et du bon grain/blé qui poussent ENSEMBLE jusqu'à la fin... Alors je m'arrête en silence, je médite la Parole, je prie, je me laisse questionner, je fais communauté en couple, en famille, en paroisse comme en quartier, en ville, en planète. Je me rends disponible à l'Esprit du Ressuscité en marchant en avant chaque jour. Heureusement que vous êtes là! Gardons l'espérance!

Éric Laliberté || 2020-03-28 10:24:58

Merci Sabrina! Même si ce texte s'apparente à crier dans le désert, il ne faut pas cesser de le faire. Lâche pas!!! ;-) Contrairement à M. Bisaillon (autre commentaire), je ne crois pas qu'il faille poser la question de l'institution en se demandant où sont nos prêtres. L'église ne tient plus depuis longtemps, cessons de nous illusionner. C'est à nous, comme individu, d'agir dans la foi. De constituer l'église de demain, avec ou sans prêtre. Cessons aussi de parler d'évangélisation!!! C'est le meilleur moyen de faire fuir tout le monde! Évangélisation sonne, à l'oreille de plusieurs, comme conversion. Ces conversions qui veulent ramener à une seule manière de faire, de voir. Qui n'autorise aucune divergence, aucune différence. Une évangélisation qui peinture tout en gris. L'évangélisation ne s'entend plus avec tout ce qu'elle porte de libérateur. Et au contraire, l'institution a su démontrer qu'il s'agit plutôt d'un embrigadement. Elle ne contribue plus, depuis longtemps, à faire advenir l'humain comme sujet. C'est en périphérie de l'église que l'évangélisation persiste parce qu'elle n'est pas nommée ainsi et qu'elle ne s'enlise pas dans une sacramentaire qui ne dit plus rien (sur ce point je suis tout à fait d'accord avec M. Bisaillon). Cette évangélisation hors de l'église, se fait parce qu'elle s'adresse à des personnes, des individus qui se sentent enfin reconnus. J'adhère ainsi davantage à l'esprit de ce que tu proposes comme présence au monde. J'y entends davantage un appel à vivre ensemble sans désir de fouler la population dans un seul et même moule. Redécouvrir les joies de la diversité et de la rencontre sans tout ramener à soi, ou en projetant la faute sur l'autre. "Je suis venu pour que vous aillez la vie, et que vous l'aillez en abondance." Ce "Je" est venu se donner, en tant sujet pleinement, libre, non pour recevoir par lui, avec lui et en lui. Éric Laliberté

Sabrina Di Matteo || 2020-03-28 10:00:53

Merci Claudette de ce partage d’expérience. Il y a en effet des choses positives qui se font et se vivent, que ce soit par l’Église et ses moyens, ou par les liens que nous renouons dans nos familles en ce moment. Mon texte voulait souligner différents enjeux et notamment la multiplication de messes privées sur facebook. Je te souhaite la santé!

Claudette Leboeuf || 2020-03-28 09:14:22

Bonjour Sabrina, J'ai beaucoup aimé te lire. Tu as raison de nous poser les questions, elles sont pertinentes. J'aimerais apporter ma réalité quotidienne dans ce que je vis, à 82 ans dans mon confinement. Oui, ce que je reçois via FB m'aide à garder la tête hors de l'eau, bon pour mon moral. Recevoir Taizé et pouvoir m'arrêter pour prier avec des gens de partout dans le monde, toute confession religieuse à part me fait être en communion avec des gens qui vivent la même réalité. Participer à une des messes par des prêtres que j'estime, me rallie aussi à une communion. Ça me permet de m'arrêter, de prendre une pause dans les boites que je dois faire pcq je déménage, une situation difficile à vivre avec une douleur suite zona. Un autre problème est survenu et tous les services sont fermés. Ces ressources m'aident pcq'elles me permettent aussi de garder le contact avec des personnes seules, je fais 2 téléphones par jour pour juste partager ce que chacun vit. Je connais plusieurs personnes qui ne sont pas habiles avec internet, d'autres n'ont même pas d'ordinateur. La nourriture que je reçois me permet d'aller vers les autres, de garder mon sourire, autant que je peux. Hier soir, ce ne sont pas mes petits enfants qui ont appelé la mamie, c'est elle qui a fait ce pas,vers eux pour s'informer comment ils vivent ce confinement. Il y a diverses façons de vivre notre foi, notre espérance et notre bienveillance. Chacun doit trouver la sienne selon sa situation. Je remercie tous ceux qui ont pensé à donner du temps pour nous offrir ce qu'ils peuvent offrir....et je trouve que cette pandémie peut faire redécouvrir, par ceux qui le veulent, une autre façon de communier. Pour moi le sacramentel est important mais ce n'est pas seulement cela qui fait témoignage...mais les actes, les paroles, présentement, la prière et l'offrande. Unissons-nous dans notre prière, communion spirituelle pour la fin de cette pandémie. J'ose ajouter, surtout, que l'ES nous éclaire tous et nous guide là où il veut qu'on aille, Il connaît les besoins des enfants du Père. Allons de l'avant avec espérance et mettons en pratique ce que nous aurons appris de cette expérience.

Daniel Laliberté || 2020-03-27 23:24:21

Vous avez raison Réjean, d’ailleurs je finissais mon commentaire que Sabrina citait ci-dessus par “On n’a toujours rien compris à Gaudium et Spes”, signe que la problématique de la façon dont l’Église doit réapprendre sa présence au monde n’est effectivement pas née avec le SarsCov2. Sauf qu’en ce moment, tout est montré avec un miroir grossissant, les problèmes apparaissent comme s’ils étaient vus à travers une loupe. Et c’est peut-être là l’occasion de la conversion si clairement requise et si fortement espérée par plusieurs théologiens et agents pastoraux. La Covid-19 convie plus que jamais les communautés chrétiennes de partout dans le monde à s’engager pour que personne ne reste seul face à ce drame, comme elle requiert tant des théologiens que des autorités religieuses une prise de parole qui déborde de la pieuse dévotion nourrie de pensée magique pour proposer une lecture sensée de ce que nous traversons tous ensemble. Mgr Hamelin, évêque de St-Jean Longueuil, posait cette semaine la question de ce qu’on dira de nos Églises diocésaines après tout cela. Élargissons la question: pourra-t-on dire de notre institution ecclésiale qu’elle a su témoigner de l’Évangile de “l’amour des uns pour les autres”? Pourra-t-on dire que l’Église catholique aura eu un rôle à jouer dans la façon dont nous ressortirons de cela? Inutile de continuer à se targuer de “nouvelle évangélisation » si l’on ne peut pas, après la crise, dire que l’Église a retrouvé une certaine crédibilité dont elle manque si cruellement en ce moment. Car c’est seulement à ce prix que certains pourront nourrir un désir de s’approcher du Christ qu’ils auront vu à l’œuvre à travers nous. Non la question n’est pas née avec le Coronavirus. Mais elle est maintenant magnifiée à l’extrême, ce qui pose directement et radicalement la question de la pertinence de l’Église pour le monde d’aujourd’hui.

Sabrina Di Matteo || 2020-03-27 22:49:28

Merci M. Bisaillon pour votre commentaire très pertinent. Je suis sidérée quand je relis des articles ou livres d'il y a 30-40 ans (J. Grand'Maison entre autres), de constater que les mêmes questions se posaient et on n'y a pas encore répondu. La transformation est plus que lente. Je pose ces questions du point de vue d'une posture de "relève" dans l'Église où j'ai le vertige devant ce qui s'en vient. La diminution des ressources en tous genres couplée à de grands défis de pertinence ne se résoudront pas de sitôt. Si on ne rend pas les chrétiens plus autonomes, aptes à vivre la foi en petites communautés, nous ne revitaliserons pas grand chose avec nos "tournant missionnaire" et "nouvelle évangélisation". Mais soif et désir de changement il y a - il s'agit d'avoir le courage d'écouter les appels de l'Esprit, peut-être...

Réjean Bisaillon Ph.D théologie || 2020-03-27 21:25:51

Chère Sabrina. Si l'on oublie pour un instant la problématique que pose la présence du COVID-19, les questions que vous soulevez ne sont pas nouvelles. Depuis plus de 30 que ces questions sont posées au sein du catholicisme et plus particulièrement au sein de l'Église du Québec, mais personne (particulièrement les évêques) n'a eu le courage de prendre la mesure réelle du drame qui fragilise de plus en plus une institution exclusivement centrée sur la célébration de l'eucharistie et les sacrements. Que dire des sacrements! J'ai, à plusieurs occasions, au cours de mon engagement en église souhaité des changements importants dans la manière de faire vivre les sacrements, mais sans résultats intéressants et novateurs. Une formation (si l'on peut appeler ça une formation au mystère chrétien) de quelques rencontres semblaient suffire, selon les autorités diocésaines, à recevoir un sacrement. Voici un exemple qui démontre le peu de sérieux accordé au sacrement de la confirmation alors que trente personnes adultes demandaient à recevoir ce sacrement. La formation a débuté le vendredi soir pour se terminer le dimanche matin. Eh oups! tous se font confirmer le dimanche suivant. L'évêque devait aider les confirmants à répondre aux questions qu'il leur posaient. Tout ce beau monde qui était présent a applaudi après la célébration. Je comprends vos questionnements, mais il semble bien que les autorités diocésaines soient surtout préoccupées par le sacramentel et la sauvegarde d'églises trop nombreuses, trop grandes et mal adaptées. Certains lecteurs ou lectrices penseront peut-être que ce fait est anecdotique en Église, alors qu'il est une pratique trop fréquente en Église. Où est cette nouvelle évangélisation qu'on nous annonçait, il y déjà plusieurs décennies ? Que font nos prêtres et surtout nos curés trop souvent préoccupés dans des tâches administratives oubliant l'essentiel de leur mission: l'évangélisation. Réjean Bisaillon Ph.D théologie

 

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