Chronique 'Curiosités du passé'

Les enjeux derrière cette rare photo d'évêques canadiens de 1928

Une rare photo prise par le célèbre photographe Livernois met en valeur l'histoire religieuse canadienne et soulève des questions sur sa préservation.
Une rare photo prise par le célèbre photographe Livernois met en valeur l'histoire religieuse canadienne et soulève des questions sur sa préservation.   (J.-E. Livernois (détail)/domaine public)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2020-03-10 16:57 || Québec Québec

Il y a quelques semaines, l’équipe de Présence a déniché cette photo aux États-Unis. Le vendeur n’en connaissait pas la provenance, affirmant qu’elle faisait partie d’un lot acheté quelques mois plus tôt lors d’une vente de succession dans une petite ville du Massachusetts.


(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

L’objet mesure un peu moins de 80 centimètres de largeur et 26 centimètres de hauteur, avec son cadre. Il pourrait s’agir d’une photographie au gelatinobromure d'argent. Ce format allongé est moins habituel, mais pas complètement inusité pour ce genre de photo de groupe. Dans ce cas-ci, la photo représente plus de 30 évêques canadiens photographiés à Québec en 1928, dans la cour du séminaire. Si rassembler une trentaine d’évêques peut aujourd’hui sembler banal, il faut comprendre qu’à l’époque, cela demandait des temps de déplacement considérables. Il est donc très rare de voir autant d’évêques canadiens sur une même photo datant de cette époque.

Dans le coin inférieur droit, on remarque tout de suite la signature de Jules-Ernest Livernois, célèbre photographe de Québec. Le fait qu’il ait écrit sur la photo de quoi il s’agit – «Réunion plénière des Archevêques et Évêques du Canada et de Terreneuve», permet de comprendre le contexte de la prise de cette image.

Les deux «vedettes» de la photo sont aussi assez facilement identifiables.

Au premier rang, vêtu de blanc, se trouve l’archevêque de Québec, Félix-Raymond-Marie Rouleau. Le dominicain né en 1866 fut d’abord nommé évêque de Valleyfield en 1923. En 1926, il devint archevêque de Québec. Lors de la prise de cette photo, il était cardinal depuis quelques mois. Il mourut moins de trois ans plus tard, en mai 1931, à l’âge de 65 ans.

À sa gauche (à droite sur la photo) se trouve l’archevêque de Toronto, Neil McNeil. Le Néo-Écossais d’origine fut d’abord vicaire apostolique (1895) puis évêque (1904) de Saint-Georges, à Terre-Neuve. Il fut nommé archevêque de Vancouver en 1910, puis archevêque de Toronto à peine deux ans plus tard. Il mourut en 1934.

Ces deux hommes jouissaient d’une influence certaine au sein de l’Église catholique canadienne.

Mais pourquoi tous ces prélats étaient-ils rassemblés à Québec?

Pour répondre à cette question, il faut s’intéresser à l’homme qui se trouve à gauche du cardinal Rouleau: Andrea Cassulo.


(De gauche à droite: Andrea Cassulo, délégué apostolique, le cardinal Rouleau, archevêque de Québec, et Neil McNeil, archevêque de Toronto.)

Cassulo passa la moitié de sa vie à agir comme diplomate pour le Saint-Siège. L’histoire se rappelle surtout de lui pour ses années de service en Roumanie, où il fut nonce apostolique de 1936 à 1946. Le régime d’extrême droite d’Ion Antonescu était alors aligné sur l’Allemagne nazie, ce qui mettait en danger la population roumaine juive. Cassulo a utilisé son influence pour se porter à la défense de juifs, surtout de ceux qui avaient été baptisés. Certains auteurs ont modéré l’importance de ses actions, ce qui ne l’empêche pas d’être reconnu comme « Juste parmi les nations » par le mémorial de Yad Vashem, la plus haute distinction civile accordée par l’État d’Israël.

Plus tôt dans sa carrière, après une affectation en Égypte, il fut nommé délégué apostolique au Canada en 1927. Rome lui confia une tâche délicate: favoriser la tenue de rencontres entre les évêques canadiens.

Le défi de la collégialité

Une première vague d’érections canoniques de nouveaux diocèses avait eu lieu un siècle plus tôt, entre les décennies 1820 et 1840. L’arrivée de nouveaux diocèses et la perspective que d’autres soient créés au fur et à mesure que la population et le pays se développent posait aussi la question des relations entre les évêques.

Historiquement, rappelle l’historien Nive Voisine en 1983, les archevêques de Québec n’étaient pas très friands de rencontres épiscopales. Pas question de se «perdre dans un grand tout canadien, si catholique soit-il», écrivait Voisine (p. 127).

L’idée d’un concile plénier canadien se mit à circuler en 1876, mais ce n’est qu’en 1909 qu’il eut lieu, à Québec. Ce fut d’ailleurs le seul concile de ce genre dans l’histoire de l’Église canadienne et une grande partie du travail accompli a été rendue caduque par l’entrée en vigueur du nouveau Code de droit canonique en 1917.

Après la Grande Guerre, l’archevêque de Québec, le cardinal Louis Nazaire Bégin, se mit à souhaiter que les évêques canadiens puissent parler d’une même voix sur d’éventuelles législations touchant au mariage et au divorce. Il mit le délégué apostolique du moment, Mgr Pietro Di Maria, et l’archevêque Neil McNeil, de Toronto, dans le coup. Mais le projet traîna, puis Bégin décéda en 1925 et Di Maria quitta le Canada en 1926. Mgr McNeil voulut relancer le projet, mais se fit dire par les évêques du Québec d’attendre l’arrivée du nouveau représentant de Rome.

À son arrivée en 1927, Mgr Cassulo forma un comité provisoire pour préparer une plénière. Il proposa la mise en place d’un comité permanent de l’épiscopat. La première réunion plénière des archevêques et évêques du Canada et de Terre-Neuve se tint donc à Québec les 3 et 4 octobre 1928, sous la présidence du cardinal Rouleau. Les évêques refusèrent d’avaliser la création d’un comité permanent, mais ils acceptèrent la mise en place d’un comité ad hoc qui se réunira tous les cinq ans.

«C'est peu, sans doute, mais c'est quand même la préfiguration de l'émergence d'une structure de coordination», écrit encore Voisine (p. 134-135)

Autrement dit, les bases de ce qui sera appelé à devenir la Conférence des évêques catholiques du Canada sont jetées.

Dans son édition du 3 octobre 1928, La Presse mentionne que 37 évêques sont présents et que les délibérations – «dans le plus strict huis clos» – se tiennent en latin. «Leurs travaux, commencés et terminés par la prière, auront pour objet le bien ultime des âmes et de la société.»

Rien de moins.

Le quotidien précise également que les évêques tiennent deux réunions par jour, de 9 h 30 à 11 h 30, puis de 15 h à 17 h, dans le «grand salon rouge du palais cardinalice».

Le correspondant de La Presse souligne que le faste des célébrations rappelle celles du concile plénier de 1909. En ce qui concerne la question des relations entre les évêques canadiens, il résume sa rencontre avec l’évêque de Calgary, John Kidd, qui «exprima l’opinion qu’il existe un grand nombre de questions sur lesquelles les archevêques et évêques du Canada et de Terre-Neuve peuvent se concerter avec profit».

Le journal complète son texte en listant tous les évêques attendus et en précisant à quels endroits ils logeaient (!) à Québec (par exemple: à l'archevêché, chez les ursulines, chez les oblats, etc.).

Des parcours singuliers

La photo se démarque aussi par le fait qu’elle rassemble des évêques aux parcours singuliers. On en trouve notamment trois qui furent les premiers évêques de leurs diocèses respectifs: François-Xavier Ross, à Gaspé, David Joseph Scollard, à Sault-Sainte-Marie, et Arthur Alfred Sinnott, à Winnipeg.

On remarque aussi la présence de prélats portant de longues barbes. Ce sont les missionnaires oblats œuvrant essentiellement auprès de Nations autochtones. Le plus connu d’entre eux est Ovide Charlebois, qui fut vicaire apostolique du Keewatin de 1910 à 1933. Il fut déclaré vénérable par le pape François en novembre 2019. Il s’agit de l’homme avec les lunettes rondes qui fixe directement la lentille, à l’avant-dernière place de la troisième rangée.


(Ovide Charlebois a été déclaré «vénérable» par le pape François à l'automne 2019.)

Louis-Joseph-Paul Napoléon Bruchési, alors archevêque de Montréal, ne se trouve pas sur la photo. Depuis 1919, ce dernier souffrait d’une maladie non-identifiée. L’évêque auxiliaire Georges Gauthier fut nommé administrateur apostolique en 1921 et coadjuteur (c’est-à-dire successeur désigné) en 1923. Bien qu’il dirigeait concrètement l’archidiocèse de Montréal depuis quelques années déjà, son statut «moins prestigieux» explique sans doute pourquoi il n’est pas parmi les prélats plus en vue près du cardinal Rouleau, une place qui revenait encore, théoriquement, à Mgr Bruchési. Mgr Gauthier est le deuxième homme de la première rangée.

Le premier homme de la troisième rangée est dom Severin Jacob Gertken, qui dirigea l’abbaye bénédictine Saint-Pierre à Münster, en Saskatchewan (la plus ancienne abbaye bénédictine au Canada, fondée en 1903) de 1926 à son décès en 1960. Fils d’immigrants allemands, il était originaire du Minnesota. Il fut recteur du séminaire de St. John's à Collegeville (Minnesota) de 1909 à 1922 où il enseigna la chimie pendant plusieurs années.

Le quatrième homme de la deuxième rangée, le dominain vêtu en blanc, est Félix Couturier, évêque d’Alexandria (Ontario) de 1921 à 1941. Né en 1876 à La Florie, en France, de parents français et anglais, il grandit en Grande-Bretagne. Il fit la Première Guerre mondiale avec l’armée britannique en Égypte et en Palestine. Envoyé au Canada, il aurait trouvé difficile de s’habituer à l’ambiance décontractée qui régnait dans certaines de ses paroisses…

L’individu le plus difficile à identifier sur la photo est le deuxième de la troisième rangée, placé légèrement en retrait. Il s’agit de Giuseppe Bearzotti, le secrétaire du délégué apostolique Cassulo.


(De haut en bas, gauche à droite: Giuseppe Bearzotti (secrétaire du délégué apostolique), dom Severin Jacob Gertken (Müenster), François-Xavier Ross (Gaspé), James Morrison (Antigonish) et Félix Couturier (Alexandria).)

Identifier l’ensemble des hommes de la photo

Les archives de l’archidiocèse de Québec nous ont aidés à valider les noms des évêques présents sur la photo. À l’époque, des listes légèrement contradictoires avaient été publiées dans L’Action catholique et dans La Presse. Après avoir recoupé ces listes avec les noms mentionnés au procès-verbal de cette première assemblée plénière, l’archiviste Pierre Lafontaine et sa collègue Valérie Bergeron ont pu valider que la liste publiée par L’Action catholique était la plus juste.

Voici, en ordre alphabétique, les hommes présents sur la photo:

Bearzotti, Giuseppe, secrétaire du délégué apostolique Cassulo (n’est pas évêque, ne figure pas dans le procès-verbal)
Béliveau, Arthur, Saint-Boniface
Brunault, Joseph-Simon-Herman, Nicolet
Casey, Timothy, Vancouver
Cassulo, Andrea, délégué apostolique (ne participe pas à assemblée, présent à l’ouverture et sur la photo)
Charlebois, Ovide, Keewatin
Courchesne, Georges-Alexandre, Rimouski
Couturier, Félix, O.P., Alexandria
Decelles, Fabien-Zoël, Saint-Hyacinthe
Forbes, Joseph-Guillaume-Laurent, Ottawa
Gagnon, Osias, Sherbrooke
Gauthier, Georges, Montréal
Gertken, dom Severin Jacob, abbaye de Müenster
Hallé, Joseph-Jean-Baptiste, Ontario-Nord (aujourd’hui Hearst)
Joussard, Célestin-Henri, Grouard
Kidd, John, Calgary
Lamarche, Charles-Antonelli, Chicoutimi
Langlois, Joseph Alfred, Valleyfield
Leblanc, Édouard Alfred, St-Jean, N.-B.
Limoges, Joseph-Eugène, Mont-Laurier
March, John, Harbour Grace
McNeil, Neil, Toronto
Morrison, James, Antigonish
O’Brien, Michael Joseph, Peterborough
O’Leary, Henry Joseph, Edmonton
O’Leary, Louis James, Charlottetown
Papineau, Joseph Arthur, Joliette
Prud’homme, Joseph Henri Jean Marie, Prince-Albert
Renouf, Henry Thomas, Saint-Georges, Terre-Neuve
Rhéaume, Louis, Haileybury, (aujourd’hui Timmins)
Roche, Edward Patrick, Saint-Jean de Terre-Neuve
Ross, François-Xavier, Gaspé
Rouleau, cardinal Félix-Raymond-Marie, Québec
Ryan, Patrick Thomas, Pembroke
Scollard, David Joseph, Sault-Sainte-Marie
Sinnott, Arthur Alfred, Winnipeg
Turquetil, Louis-Eugène-Arsène, Baie d’Hudson

«Certains prélats mentionnés par La Presse – et sans doute invités – semblent avoir été empêchés d’être présents à l’assemblée (et donc absents sur la photo), certains venant de très loin», notent les archivistes. Il s’agit d’Émile-Marie Bunoz, un oblat qui était vicaire apostolique au Yukon, de Patrice Alexandre Chiasson, du diocèse de Chatham (aujourd’hui Bathurst), au Nouveau-Brunswick, et de Julien-Marie Leventoux, vicaire apostolique du Golfe Saint-Laurent. Aucun de ces trois noms ne se trouve inscrit au procès-verbal.

Les archivistes notent aussi que l’évêque de Trois-Rivières, François-Xavier Cloutier, est présent au procès-verbal mais pas sur la photo.

Quant à Mgr Leventoux, il aurait été malade, ce qui pourrait expliquer son absence. L'Action catholique du 6 octobre 1928 indiquait qu'il a reçu la visite de Mgr Cassulo.

Voici la disposition de ces hommes sur la photo:

Première rangée, de gauche à droite: Brunault (Nicolet), Gauthier (Montréal), O’Leary (Edmonton), Béliveau (Saint-Boniface), Casey (Vancouver), Cassulo, cardinal Rouleau (Québec), McNeil (Toronto), Roche (Saint-Jean, T.-N.), Sinnott (Winnipeg), Forbes (Ottawa), Scollard (Sault-Ste-Marie) et Ryan Pembroke).

Deuxième rangée: Courchesne (Rimouski), Decelles (Saint-Hyacinthe), Rhéaume (Haileybury), Morrison (Antigonish), Couturier (Alexandria), Prud’homme (Prince-Albert), O’Leary (Charlottetown), Leblanc (Saint-Jean, N.-B.), O’Brien (Peterborough), March (Harbour Grace), Renouf (Saint-Georges), Kidd (Calgary), Langlois (Valleyfield), Papineau (Joliette), et Joussard (Grouard).

Troisième rangée: dom Gertken (Muenster), Bearzotti (secrétaire de Cassulo), Ross (Gaspé), Hallé (Ontario-Nord), Lamarche (Chicoutimi), Gagnon (Sherbrooke), Limoges (Mont-Laurier), Charlebois (Keewatin), et Turquetil, (Baie d’Hudson).

Un patrimoine à préserver?

Quelle place accorder à une telle photo d’un point de vue patrimonial?

Ou, pour le dire autrement, qui est prêt à payer pour sauver une telle photo?

Il a fallu débourser plus de 160 $ pour acquérir cet objet, dont la moitié a servi à payer les frais de port et les frais de douane. Maintenant, comment faire en sorte que l’objet puisse être préservé dans les meilleures conditions pour une longue période?

Le hic, c’est que le bois du cadre semble avoir subi une infestation d’insectes. Il s’effrite et parait vermoulu. Mais avant de le retirer cavalièrement, il faut se demander s’il a une quelconque valeur patrimoniale lorsque associé à la photo.

Avant toute chose – et pour avoir un point de repère en termes de coûts – nous avons commencé par contacter une boutique d’encadrement réputée de la région de Québec. Pour refaire un cadre à peu près similaire, mais avec une vitre de qualité «muséale» (c’est-à-dire antireflet et bloquant 99 % des rayons ultraviolets qui peuvent endommager la photo), il faut facilement compter plus de 300 $.

Nous avons ensuite contacté le Centre de conservation du Québec, qui a listé pour nous ce qui pourrait permettre de préserver l’ensemble à long terme: retrait et nettoyage de la photo, désinsectisation par le froid (ce qui prend sept jours), dépoussiérage au pinceau et à l’aspirateur, imprégnation du bois dégradé et comblement des trous d'insectes, retouches esthétiques par un restaurateur, ajout d’un soufflage à l’arrière et nouveau montage. Bref, pas une mince affaire.

Pour les organismes à but non lucratif privés, les tarifs du Centre de conservation du Québec se situent à 76 $ de l’heure. Pour des entreprises ou des individus, il faut compter 132 $ de l’heure. D’emblée, ces étapes laissent estimer qu’il faut envisager des frais de plusieurs centaines de dollars. Vous voyez déjà qu’il y a de quoi dissuader les gardiens de ces objets.

Or, un particulier soucieux de patrimoine peut-il espérer avoir accès à une subvention pour préserver un tel objet?

C’est la question que nous avons posée au Conseil du patrimoine religieux du Québec, qui a un volet qui couvre les biens mobiliers et l’art religieux.

«Certains documents photographiques pourraient se trouver admissibles. Ce serait au comité des biens mobiliers et des œuvres d’art de trancher», explique Johanne Picard, chargée de projet pour le Conseil.

Elle rappelle par ailleurs que les propriétaires privés ne sont pas admissibles à ce volet, mais convient toutefois qu’un tel objet est intéressant.

«De temps à autre, nous sommes approchés pour divers objets, des médailles. Les photos, c’est rare. Ça tombe entre les craques. Les gens cherchent à disposer de biens et ils cherchent quoi en faire», constate-t-elle.

Cet angle mort patrimonial se situe dans un contexte où les grandes institutions religieuses qui avaient la capacité de veiller sur de tels objets, de les entretenir et de les interpréter, n’ont plus les reins aussi solides qu’avant.

«Dans le contexte actuel, il y a beaucoup de questions à poser sur comment ne pas tout perdre», note Mme Picard. Elle précise que le Conseil ne dispose pas de programme pour la restauration et la préservation des documents d’archives.

La préservation d’un tel objet dépend donc largement de la motivation et des moyens d’individus et de familles, qui se retrouvent parfois avec de petits trésors. La tentation est grande de remiser les objets, quitte à les voir se détériorer, en espérant avoir un jour l’argent nécessaire pour procéder à une restauration en bonne et due forme.

Il s’agit indéniablement d’une photo significative pour l’histoire de l’Église catholique au Canada. Elle témoigne des balbutiements d’une plus grande collégialité épiscopale dans un contexte où les tensions linguistiques étaient souvent vives. Elle permet de voir réunis en un même endroit des hommes aux parcours variés et impressionnants, dont les actions et les efforts se répercutent jusqu’à aujourd’hui.

Et oui, nous osons croire que ce genre de photo a sa place parmi le patrimoine religieux et archivistique à protéger.

Vous possédez un autre exemplaire de cette photo? Vous avez de tels objets liés à l’histoire religieuse du Québec et êtes confrontés au problème de leur préservation à long terme? Contactez-nous!

Mis à jour à 9 h 57. Clarification au sujet du Conseil du patrimoine religieux.

***

 

 

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