Billet de Jocelyn Girard

Sous respirateur, l’Église peut-elle renaître au Québec?

Église Saint-Charles-Borromée, à Québec. Photo de 2016.
Église Saint-Charles-Borromée, à Québec. Photo de 2016.   (Photothèque Présence/Philippe Vaillancourt)
Jocelyn Girard | Chroniqueur
Chroniqueur
2017-09-01 10:50 || Québec Québec

NDLR : l'auteur évoque un mouvement important qui se passe dans l’Église catholique depuis l’arrivée du pape François. Ce dernier, dans sa première encyclique, publiée en 2013, voulait une Église «en état permanent de mission». Dans la foulée, les évêques du Québec ont publié l’an dernier un document intitulé «Le tournant missionnaire des communautés chrétiennes». Dans la même veine s’est tenu, à l’Université Laval en août 2017, un colloque concernant plus spécifiquement l’application de ce virage à l’initiation et à la formation des croyants.

J’ai participé au colloque intitulé «Au cœur de la foi, la mission! Prendre le tournant missionnaire en formation à la vie chrétienne». Pour l’Église catholique du Québec, il faut reconnaître que d’avoir pu réunir ensemble 400 personnes engagées à plusieurs titres constitue le plus grand happening du genre à survenir depuis longtemps.

Et pourtant, malgré une organisation bien ficelée, il pourrait ne pas donner les fruits attendus.

Virage de bord?

Je travaille moi-même dans ce domaine de formation qui regroupe tout autant l’initiation chrétienne des petits enfants que la catéchèse aux différents âges de la vie. Comme bien des collègues, je tente de pousser ce mouvement chez nos «agents et agentes de terrain» pour modifier considérablement nos approches, notre vision du monde. Mais je dois avouer que les changements sont à peine perceptibles.

Un colloque à ce moment de la vie de l’Église devait frapper dans le mille. Pour donner le ton, les organisateurs avaient fourni aux participants un «Journal de virage de bord», un jeu de mots invitant ces derniers à une véritable conversion, y compris pour les évêques présents.

On y a répété, par exemple, que «peu de choses de ce que nous avons connu subsistera», que le statu quo est impossible, mais le contraire reste le plus probable. En effet, il y a un paradoxe insoluble dans le fait que des prophètes annonciateurs de changements se succèdent depuis des décades sans que rien ne fasse s’ébranler les colonnes du temple. Les gens viennent moins à la messe? «Tant pis pour eux, on ne touchera à rien et on s’arrangera entre nous, les vrais…»

De nombreux catéchètes triment dur pour accueillir ceux et celles qui se présentent encore dans les paroisses, adaptant leurs parcours comme ils peuvent. Mais les groupes d’enfants diminuent constamment. Leurs parents se désintéressent de leur cheminement, espérant que leurs enfants «fassent leurs sacrements» au plus vite pour qu’on n’en parle plus! Après les mariages et les baptêmes, même les funérailles souffrent de la compétition laïque qui s’avère bien plus au goût du jour que l’offre religieuse. Les ressources diminuent, créant un mouvement de plus en plus concentré sur les besoins internes. On passe à côté des véritables enjeux actuels.

Une Église «en sortie»?

Le pape réclame que l’Église cesse d’être sa propre référence en pointant plutôt vers les pauvres, les sans voix, les migrants et tous les humains qui luttent pour un peu de bonheur. Ce changement de cap la ferait passer de la rigidité à la créativité, de l’attentisme à cet état permanent de mission dont il rêve. Il faut, dit-il, «sortir de nous-mêmes, de nos manières routinières de vivre la foi qui ferment l’horizon de l’action créative de Dieu ; […] sortir vers la périphérie, vers les oubliés de l’existence».

Ce colloque est un bel effort pour réveiller les troupes. Toutefois, même les spécialistes demeurent sans mot pour offrir au peuple de véritables options, des pistes réalistes pour se lancer dans cette conversion missionnaire. La réponse spirituelle, «c’est l’Esprit qui nous guidera», est toujours scandée, mais y croit-on?

Aussi n’est-il pas surprenant qu’on revienne au connu, plaidant en faveur de ceux qui, «Dieu merci!», frappent encore aux portes de l’Église et qui sont aux «périphéries existentielles». Qu’est-ce que c’est, une périphérie existentielle? Tout simplement les peines et les angoisses que vivent les gens. Assurément, tout le monde se trouve confiné dans des situations difficiles à un moment de sa vie. Les gens d’Église savent de mieux en mieux les accueillir et les écouter. Mais cela n’en fait pas des «disciples-missionnaires» pour autant.

Dans le contexte de ce colloque, l’insistance sur les périphéries existentielles pourrait à elle seule tuer l’élan missionnaire envisagé par le pape. Car il n'est pas tant une question de résistance au changement que de conviction de déjà bien faire. En effet, certains en déduiront qu’il leur suffit de poursuivre ce qu'ils font sans jamais avoir à quitter leur bureau, leur sacristie ou leur local de catéchèse…

Or, le monde dans lequel ils vivent est en danger: par les souffrances vécues massivement dans les pays où subsistent l’injustice et les migrations forcées; par les enjeux du vivre ensemble dans nos sociétés inquiètes; par les victimes du climat perturbé et du capitalisme sauvage, etc. Les chrétiens sont concernés parce que c'est là qu'ils trouveront leurs «prochains» que le Christ les invite à chercher.

Si la conversion promue par les autorités n’encourage pas une véritable exploration hors des sentiers battus, si les nouvelles propositions ne poussent pas les croyants à plonger littéralement dans l’inconnu, dans la boue du monde pour s’en salir les mains, l’Église s’agrippera alors encore longtemps à sa bouée du connu et du statu quo. Une Église en sortie? Je ne crois pas. Pas encore.


20 Commentaire(s)

Jean-Pierre Proulx || 2017-09-24 20:51:19

Je me sens interpellé par ce « tournant missionnaire » auquel nous ont conviés en 2016 les évêques du Québec. Je trouve que la réponse donnée dans leur document est malgré tout trop centrée sur la vie interne de la communauté ecclésiale. J’ai voulu pour ma part réfléchir à la « question missionnaire » à partir de l'Évangile et cette parole de Jésus : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création ». J’y ai réfléchi surtout à partir du fait que si les laïcs sont pleinement de l’Église, au quotidien, ils vivent avant tout dans le monde. Alors ? D’abord, je me vois mal dans un Québec essentiellement chrétien, bien que très largement sécularisé, me mettre à « missionner » deux par deux. Il ne faut pas confondre une modalité de la mission avec son sens profond. Du reste, l’heure n’est pas au prosélytisme, mais plutôt au dialogue interconfessionnel. L’exemple de François qui voyage dans les pays musulmans ne laisse pas de doute à cet égard. En fait, l’Évangile nous fournit les clés essentielles pour saisir comment les chrétiens, tant comme personnes que comme membres des communautés ecclésiales, doivent être missionnaires. Et la première de ces clés se trouve dans cette parole de Jésus : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres ». Voilà donc la façon première et fondamentale d’être missionnaire : vivre l’amour mutuel au concret. Or Jésus montre, en les empruntant lui-même, tant dans ses paroles que ses gestes, ces voies concrètes de l’amour. Elles ont pour nom la tendresse, la douceur, la miséricorde, le pardon, la patience, l’humilité tant dans les paroles que les gestes. L’amour emprunte aussi les voies plus sociales : au premier chef, le souci constant des pauvres, des malades, des étrangers, des prisonniers. Dans cette perspective, il existe des lieux privilégiés d’engagement pour les chrétiens : ce sont ces organismes ecclésiaux, mais surtout séculiers, ceux de la société civile comme ceux de l’État, qui travaillent au quotidien auprès des assistés sociaux, des itinérants, des malades, des personnes âgées, des enfants maltraités, des criminels en voie de réhabilitation. En passant, les « exclus » sociaux les plus visibles, ceux que l’on rencontre sur la rue comme aux portes de nos églises, méritent autant que nos oboles notre affection personnalisée manifestée par nos encouragements, notre sourire, une poignée de main. Bref, tout geste qui dit notre tendresse envers eux. Au total, le service aux autres, celui qui nous fait « donner sans compter, sans chercher le repos » constitue la voie privilégiée de l’amour missionnaire. Le geste de Jésus qui au soir même du dernier repas lave les pieds de ses disciples place de ce fait le service du prochain, sous toutes ses formes, au cœur du commandement de l’amour. Ce « code évangélique », j’insiste, s’applique non seulement à nos rapports familiers avec nos proches, notre famille, nos amis, notre prochain, mais aussi à nos rapports sociaux plus larges en milieu de travail, dans la vie économique, sociale et politique. Et il doit se prolonger dans la recherche opiniâtre de la justice sociale. Il vise la recherche obstinée de la paix, proche comme lointaine. Cette quête amoureuse n’est évidemment pas le monopole des chrétiens. Tant s’en faut. Évitons l’impérialisme évangélique. Du reste, dans toutes les sociétés, fortement sécularisée comme le Québec, on observe nombre d’initiatives personnelles, communautaires, politiques, voire étatiques, qui sont tout à fait dans la lignée des impératifs évangéliques. Peu importe que ceux qui les promeuvent se réclament ou non de l’Évangile. Ces gestes reposent sur la reconnaissance de la dignité humaine. Les droits de la personne (et leur mise en œuvre souvent difficile) qui sont au fondement de nos relations personnelles et citoyennes en constituent le meilleur exemple. Par ailleurs, l’Eucharistie constitue, par l’écoute de la Parole de Dieu proclamée et commentée, le lieu privilégié pour célébrer notre foi, la nourrir et du coup et approfondir le « code » évangélique de l’amour missionnaire. Le mystère eucharistique est tout à la fois la célébration joyeuse et le « moteur » de notre fraternité, de notre foi, et l’élan de nos engagements personnels et collectifs. Mais le moment important, c’est l’« Ite missa », l’envoi missionnaire. Sortez ! Allez ! Hélas, le tableau qu’offrent trop d’assemblées dominicales, constituées dorénavant du « petit reste », ne renvoie pas du tout l’image de personnes qui « s’aiment les unes les autres ». Dispersés un peu partout dans de grandes nefs, les fidèles sont souvent d’une grande passivité. C’est comme si, dans un banquet de famille ou d’amis, chacun s’installait loin de tous les autres ! Comme signe de « la communion fraternelle dans la fraction du pain», c’est hélas, raté. Aussi, pour prendre le « tournant missionnaire » auquel ils sont conviés, les communautés chrétiennes du Québec doivent enfin « se secouer les puces » pour apprendre ou réapprendre à célébrer leur foi et manifester ainsi leur joie d’être réunis, avant de se répandre dans le monde, fussent-ils maintenant un petit nombre.

Jocelyn Girard || 2017-09-25 00:00:00

Voici un "commentaire" qui pourrait gagner à lui seul le titre de cri de ralliement pour des chrétiens et des chrétiennes dont la foi se veut pleinement incarnée! Il comporte des éléments fortement engageants, mais une dose de regrets que je partage quant à la situation moribonde des communautés célébrantes...

France Sauvageau || 2017-09-18 13:43:45

En réponse à un des commentaires, Jocelyn Girard dit : « La fable du petit colibri dit : une goûte d'eau à la fois n'éteint pas une forêt en feu, mais "au moins je fais ma part"! ». C’est une image plus jolie que de parler de la «mouche du coche »... Et je me disais, en pensant au colibri, que c’est lui, le tout petit oiseau, qui a raison. Bien sûr, ça ne sera pas sa petite goutte d’eau qui éteindra le feu de forêt, Ce sera sa BEAUTÉ. C’est la BEAUTÉ du petit colibri, d’autant plus beau qu’il est plus confiant, qui fera fondre le cœur du Maître de toute chose.

GRIMONPREZ Christiane || 2017-09-08 12:17:24

Merci pour l'intéressant débat généré par votre article et pour les témoignages qu'il contient. En France je me fais un peu la même remarque : ne passons pas trop de temps et de force à faire vivre ce qui a toujours exigé (comme on dit), à tenir les murs d'une maison en ruine. Mettons nos forces dans quelques initiatives neuves, même si elles sont petites et peu nombreuses, surtout quand de plus jeunes s'y engagent.

Jocelyn Girard || 2017-09-08 00:00:00

Merci de suivre ce débat à partir de l'autre rive! Vous avez raison d'être remplie d'espérance, il faut juste regarder un peu ailleurs, chez les jeunes par exemple.

Bertrand Genest || 2017-09-08 11:04:21

je me décrit un peux pour mieux me faire comprendre .J'aurai bientôt 63 ans et depuis l'âge de 25 ans environ je prend au minimum une demie heure tout les matin pour lire la Parole de Dieu sans parler de toutes les heures de méditation durant la journée . ça fait plusieurs milliers d'heures et voila un peu ce que je pense a ce sujet . Si je vois une belle fleur dans un champs , elle m'attire vers elle et m'émervreille. Si je vois des centaines de fleurs tres pres les unes des autres entourant celle qui m'a attirer , j'apelle ça un jardin .Ce jardin , c'est l'Église et la premiere fleur , celle qui attire c'est Jésus , Je pense que cette Éqlise est décrite dans les visions de Jean comme l'Épouse de Jésus , et elle va naître des cendres de toutes les autres églises(religion) , la catholique comprises

Jocelyn Girard || 2017-09-08 00:00:00

J'aime bien votre image du jardin. J'aimerais bien voir ce jardin, mais je suis un peu fasciné par la méthode de reproduction végétative par la racine, notamment les rhizomes. Je pense que déjà depuis longtemps de nouvelles pousses sont en croissance ailleurs que dans le jardin connu et clôturé que nous avons connu. Peut-être est-il temps d'aller voir ailleurs où les trouver?

Dominique Boisvert || 2017-09-06 08:46:34

Merci pour ce texte qui ose dire, encore pudiquement, les culs-de-sacs vers lesquels nous allons selon toute vraisemblance. Notre pratique ecclésiale (pour ceux et celles qui fréquentent encore nos liturgies ou l'institution) donne, sauf exceptions, tous les signes d'une quasi extinction prochaine: communautés religieuses traditionnelles, diminution dramatique des effectifs cléricaux, paroisses en voie de fermeture, diminution de l'accès aux sacrements, sécularisation des rites d'accueil d'un enfant, du mariage et des funérailles, etc.). Si je me fie à ma propre expérience (petit village de 500 personnes en Estrie, déjà regroupé depuis 2002 avec sept autres villages de la région pour former une seule grande paroisse de 8 communautés chrétiennes), le regroupement des paroisses ne répond pas seulement à une nécessité administrative (manque de prêtres et coût du maintien de nos bâtiments-églises). Il correspond tout autant à la diminution rapide des «fidèles» rassemblés, de manière régulière ou occasionnelle, et donc des bénévoles prêts à agir comme lecteurs, «servants de messe», «sacristains», secrétaire de la communauté, membres de l'équipe de pastorale ou du conseil de gestion, etc. Et pourtant, motivés (justifiés?) surtout par l'espérance et par l'Esprit qui travaille et «souffle là où il veut», on s'accroche et on continue de vouloir croire qu'à force de persévérance, à force de tenir bon, de «tenir le fort», quelque chose d'inattendu va surgir et finir par donner raison à notre persistance... J'en suis de moins en moins sûr. Et je commence à me demander sérieusement si le meilleur service que l'on peut rendre à notre Église n'est pas de hâter sa fin... dans sa forme actuelle. S'il est vrai que, selon ce qu'on a répété lors du colloque, «peu de choses de ce que nous avons connu subsistera», peut-être faudrait-il cesser de mettre toutes nos énergies à faire subsister, le plus longtemps possible, ce que nous avons connu? Je dis cela non par dépit mais par espérance: j'ai publié, en septembre 2015, «Québec, tu négliges un trésor!» (Novalis), cri du coeur en faveur du riche héritage religieux et spirituel dont les jeunes générations d'ici sont privées à leur insu. Et je m'apprête à publier à la fin d'octobre 2017, encore chez Novallis, «En quoi je croîs, Petit essai d'autobiographie spirituelle». Je ne baisse donc pas les bras. Mais je suis de plus en plus convaincu qu'il faut hâter la mutation de notre Église, toute doublement millénaire qu'elle soit. Et que pour ressusciter (selon la logique de notre Dieu), il faut d'abord accepter de mourir. Et mourir n'est jamais facile. Et encore moins pour toute institution...

Jocelyn Girard || 2017-09-06 00:00:00

J'apprécie que vous qualifiez mon texte de "pudique"! Ce n'est pas toujours l'impression que je laisse généralement... Je suis plutôt d'accord sur le fond avec vous pour délaisser d'anciennes pratiques qui ne construisent plus l'Église, mais encore faut-il comprendre les résistances. Comme je l'écris, je crois que ce n'est pas tant par résistance "active" que les gens ne viennent pas à changer, mais par suite d'une conviction que ce qu'ils font c'est déjà bien. Et ils ont raison! Tous et toutes peuvent témoigner d'une rencontre, d'un moment ou d'une situation qui les a confirmés dans leur manière d'être disciples. Mais ces petits indices du bien empêchent peut-être de voir la situation d'ensemble, comme vous la décrivez.

Yvon Béliveau || 2017-09-04 23:03:18

Je ne suis qu’un petit chrétien de 73 ans qui a fait la rencontre de J-Christ à 33 ans et qui depuis est engagé ici et là. Si je regarde en arrière, Il faut que l’homme soit en recherche être l’atteint par le message de Jésus et encore là ce message doit s’adresser à l’humain d’abord après il s’ouvre au message spirituel. D’ailleurs n’est-ce pas ce que le Christ a fait et nous invite à faire. Je l’ai fait à travers un personnage qui a pour nom Ballu (Voir sur facebook : Ballu, prénom yb) et j’ai été témoin des résultats et il en a été de même lorsque je me suis adressé à des prisonniers, prisonnières dans les SCC-Fédéral et ailleurs J’aime bien la phrase qui dit : À qui ne connait pas Dieu tu ne lui parle pas de Dieu; tu lui présente par tes gestes.tes paroles…J.-Christ s’est fait homme pour nous atteindre et Il s’est adressé aux souffrants. Dernièrement une jeune femme dans la trentaine qui n’a pas la foi me confiait qu’elle venait de perdre subitement une sœur dans la vingtaine et elle me dit :Cela éveillé en moi la dimension spirituelle dans la vie……Cela confirme ma conception :Passer par l’humain pour présenter le Divin Yvon Béliveau Victo

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

En prenant le chemin de l'humanité pour aller à sa rencontre, devenant lui-même humain, Dieu nous a lui-même montré le chemin! Merci de votre réflexion de petit chrétien! ;)

Grand'Maison || 2017-09-03 13:03:22

Tant et aussi longtemps que l'Église et ses acolytes transmettront le message que le Salut i.e. Le Sens de la Vie Et le Après, est à l'extérieur de nous, la majorité des chrétiens, et en particulier les catholiques québécois, ne recevra ce message et, par conséquent, ne pourra y répondre. L'humain a été créé à l'image de Dieu, il a donc une Source divine en lui qu'il lui faut découvrir. L'Église et ses agents doivent aider chacun à reconnaître et à assumer sa part de divin en lui. Et ce n’est pas en répétant un message impersonnel, froid et loin de nous, ni en rejetant toute idée de changement qu’elle y arrivera. Et si……..elle se trompait depuis bien longtemps? La recherche de cette Force, de cette Énergie divine n’est pas sans responsabilité pour chacun d’entre nous. Bien au contraire, s'élever au niveau du Christ ou de Dieu demande un engagement et une ferveur de tout instant. Il nous faut apprendre la compassion, l’ouverture, la tendresse, la douceur, l’attente sereine, l’Amour. Il nous faut donc être présent à et conscient de la richesse d’apprentissage et de développement que toute personne, tout événement de notre Vie nous apporte. Nous avons trop longtemps réfléchi à Dieu comme étant à l'Extérieur de nous (exotérisme) et non à l'intérieur de nous ( ésotérisme). Il est temps de changer notre vision. Notre Salut, c’est nous qui le gagnons en visant toujours une plus grande sagesse.

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

Vous frappez fort sur les "pauvres" acolytes de l'Église! Mais vous avez raison de le faire en les invitant à une recherche en commun plutôt qu'en vases clos, l'Église d'un bord avec ses certitudes et le reste de l'humanité en dehors qu'il faudrait faire entrer. Merci!

Louise Lanthier-Martineau || 2017-09-03 10:57:12

Il nous faut aller vers les gens et non attendre qu'ils viennent cogner à notre porte. Et s'ils cognent à notre porte, non aux réponses préparées à l'avance. Pas facile l'écoute active....comme l'a souvent dit Jacques Grand!Maison:"on a jeté le bébé avec l'eau du bain". Cela dit tout... l'espérence dans notre foi c'est le retour à l'essentiel du message du Christ. Le don de soi par la charité et l'amour. Pas facile à pratiquer à tous les jours...le travail d'une vie pour tous les humains.

Louise Grand'Maison || 2017-09-03 00:14:06

Tant et aussi longtemps que l'Église et ses acolytes transmettront le message que le Salut i.e. Le Sens de la Vie Et le Après, est à l'extérieur de nous, la majorité des chrétiens, et en particulier les catholiques québécois, ne recevra ce message. L'humain a été créé à l'image de Dieu , il a donc une Source divine en lui qu'il lui faut découvrir. L'Église et ses agents doivent aider chacun à reconnaître et à assumer sa part de divin en lui. Ceci ne va pas sans responsabilité pour chaque humain, bien au contraire, s'élever au niveau du Christ, ou de Dieu demande un engagement et une ferveur de tout instant. Nous avons trop longtemps réfléchi à Dieu comme étant à l'Extérieur de nous (exotérisme) et non à l'intérieur de nous ( ésotérisme). Il est temps de changer notre vision.

Brigitte Caouette || 2017-09-02 21:34:06

Les croyant(e)s sont plus présents dans des organisations de charités et de bénévolat... ce sont des chretiens engages et anonymes... L'œuvre et l'action de Dieu est encore présentes.

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

Vous avez bien raison! Et même les non-croyants ou croyants autrement... Car la foi n'est pas l'unique critère pour Jésus, mais tous ces petits gestes de charité faits aux plus petits d'entre ses frères!

Serge Emond || 2017-09-02 13:46:58

Bien d'accord. Il est assez insensé de croire qu'une Église, plus que vieillissante, puisse se régénérer d'elle-même. Dans l'Église comme dans la société en général, c'est de la jeunesse que vient le changement. Ce que je vois présentement, c'est une Église qui gère la décroissance. Nos pasteurs ne savent quoi faire, leur nombre et leurs forces sont en déclins. J'admire les prêtres qui portent à bout de bras leur communauté. Ils font ce qu'ils peuvent et même au-delà. Avec les regroupements des paroisses, des budgets faméliques, ils ne brusquent le "petit reste" des pratiquants. Il faut repenser le sacerdoce complètement. Trop de parlottes, depuis trop longtemps, sans rien faire. Prêtres mariés, prêtres ouvriers, femmes prêtres diacres : cela ne sauvera pas l'église, mais cela aidera à la ramener sur le plancher de la vie des gens ordinaires. Que nos évêques deviennent des leaders du changement et parlent haut et fort, ici comme à Rome ! Certes, il faut miser sur l'implication des laïcs et former les plus jeunes d'entre eux à prendre la relève, mais non pas de l'institution actuelle. Il faut impérativement y mettre les ressources et les budgets. On s'acharne encore trop à sauver des bâtiments et non la FOI et la VIE. L'avenir ne sera plus une Église de liturgie, mais une Église de gens qui partageront leur foi dans un engagement véritable au-delà de la « sacrementalisation ». Le souci de « sacrementaliser » l'a trop emporté sur le souci de la foi véritable. Partager ensemble la parole de Dieu et non plus seulement l'écouter le dimanche pour déboucher sur des gestes et des actions d'engagement concrètes. C'est un peu ce que font bien des églises diverses, baptistes, évangéliques, témoins de Jehova que nous regardons encore du haut de notre suffisance. Leur croissance rapide devrait nous interroger. L’Esprit Saint œuvre sûrement avec eux. Une Église et ses adhérents sans engagement dans la vie quotidienne est une Église morte. Non pas un engagement pour aider nos prêtres à l'église pour les liturgies et les comités de survie, mais un engagement dans des actions concrètes de la vie de tous les jours, au travail, à la maison, avec ses voisins, sa famille. C’est cela une église de témoins de l'évangile. En final, la vertu oubliée d’aujourd'hui est l'espérance. Sommes-nous des témoins désespérés d'une Église révolue ? Avons-nous foi et espérance en un Dieu qui nous accompagne ?

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

Voilà une réflexion bien inspirante! Merci!

Yvon Constant || 2017-09-02 10:51:54

Personnellement je fais des efforts en ce sens en distribuant à gauche et à droite des petites cartes sur lesquelles il est écrit recto "Tu es formidable le sais-tu ? parce que... et verso tu es unique. et Jésus t'aime ti trésor, elles font bien plaisir mes petites cartes, les itinérants de Montréal en raffole. Toutefois ça reste quand-même l'effort du petit oiseau qui apporte sa goutte d'eau sur une forêt en feu. Même si s'en est risible j'estime que c'est quand-même un effort à faire.

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

La fable du petit colibri dit : une goûte d'eau à la fois n'éteint pas une forêt en feu, mais "au moins je fais ma part"!

jimmy || 2017-09-02 07:35:27

"sortir" est finalement une expérience d'incarnation, un lieu théologique... ce qui fait cruellement défaut est de lier les expériences humaines très diverses vers un point de rencontre/ de convergence où se libère la PAROLE. Des "sorties" il y en a beaucoup plus qu'on imagine, les personnes vivent...néanmoins croyons-nous qu'elles sont le lieu même de la réception de la foi et de sa source? Dans le cas contraire nous limitons Dieu dans l'espace, Dieu assigné à residence ...confiné! merci de votre réflexion solide...

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

L'Esprit ne connaît pas les frontières, y compris celles de l'Église.

Claudette || 2017-09-02 07:09:35

Excellent article. J'y étais aussi. D'abord, l'équipe pastorale doit en être convaincue. Si on pouvait faire vivre une journée comme le colloque dans une unite pastorale, qui sait ? Nous avons été emballés, les paroissiens pourraient l'être aussi...projections et ateliers peuvent être offerts dans nos paroisses. Jésus à commencé avec ceux qui l'ont suivi, plusieurs chrétiens attendent qu'on leur offre du vrai. Plusieurs vont vers les églises à côté pcq' il y a accueil, soutien et joie. Croyons au Dieu de l'impossible, commençons, encourageons-nous et croyons en sa Parole! Merci pour cet article, à faire paraître dans nos semainiers....

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

Merci de votre appréciation. Votre idée est intéressante, il faut multiplier la vitalité...

Andre levesque missionnaire || 2017-09-01 22:44:34

Il n'y a pas de secret la seule façon évangéliser vraiment est de faire ce que Jésus demandé de allé deux par deux annoncer la bonne nouvelle et c'est ce que l'Église dois faire former des missionnaire.

Alain Labrie || 2017-09-01 21:37:19

J'ai aimé votre partage au sujet de redonner à l'Église un visage d'ouverture aux nouvelles réalités qu'elle rencontre. Je crois que d'aller vers les gens sous des formes nouvelles est un chemin propice à mieux les rejoindre. Plutôt que de les attendre sur notre terrain, nous devrions aller sur celui de ceux et celles qui, sans trop le savoir, attendent un message d'espérance pour leur vie. Plusieurs de nos contemporains sont dans un vide matérialiste; d'autres vivent des difficultés écrasantes; d'autres souffrent de pauvreté, etc. Être sur leur chemin et les écouter d'abord, puis leur offrir notre amitié; répondre à leur besoin selon nos moyens, etc. Peut-être qu'au courant du parcours avec eux, des moments d'évangélisation se présenteront pour le témoigner de notre foi en Dieu. C'est ce que je crois notre avenir pour peu à peu faire Église avec eux en périphérie.

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

J'aime bien votre élan d'audace. J'ajouterais cependant que beaucoup de nos contemporains ne sont pas du tout dans la souffrance et qu'ils arrivent à trouver un sens "convenable" qui leur permet de marcher dans cette vie, sans l'Église et les chrétiens, peut-être même sans Dieu! Alors notre rôle n'est pas seulement d'aller vers ceux et celles qui souffrent, mais aussi vers ceux qui rayonnent de bonheur afin de "ne pas éteindre l'Esprit et d'examiner en toute chose ce qui est bon" (cf. 1 Thessaloniciens 5, 19)

Francecroussette@videotron.ca || 2017-09-01 15:29:12

Depuis longtemps que je ne crois plus au respirateur artificiel.je crois cependant que l Esprit travaille mais on a la tête dure. On dirait que la peur nous paralyse.je suis convaincu qu il nous faut revenir au pas à pas à la suite de Jésus, aux petits groupes, au partage, à la consultation auprès des personnes qui sont habitués par l'Esprit. Quand est-ce qu'on va comprendre l'esprit de Vatican II ? C'est sans la prétention que je partage ma pensée.

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

Oui, France, l'esprit de partage et de communion sauvera peut-être cette Église dans des modalités nouvelles. Mais nous souffrons ensemble de ne pas la voir naître enfin...

Raymond Martin || 2017-09-01 13:25:42

Excellent commentaire. Continuons

Dandurand Louise || 2017-09-01 12:47:05

Je me suis passé les mêmes réflexions... peut-être sera-t-il nécessaire de vivre des échecs... des fonds de barils pour s'accrocher au souffle de L'Esprit... se déposséder de nous-mêmes. Difficle de marcher par la foi et d'attendre la confirmation de Dieu seul! Mais ne savons-nous pas reconnaître Sa voix, ses chemins?? Mais encore, laisserons-nous parler ceux qui brûlent, ceux qui ont l'air trop radicaux... ceux qui avancent avec leurs imperfections mais avec sincérité et capacité de se remettre en question chaque jour!! Demandons cette force de sortir même sous les pluies de la critique et du défaitisme ou de la sacro-sainte prudence.... portons nos vies avec l'incertitude et la tension de la foi qui s'éprouve en la vivant et en la nourrissant auprès de nos frères et sœurs les plus pauvres! Nous verrons si les grands acceptent de redevenir petits...où qu'ils soient dans nos vies! Parfois les grands ce sera nous aussi! Nul n'est plus que le Maître!! soyons des indignés généreux et amoureux fous de Dieu et de tous ses enfants! Courage, agissons où Il nous a mis et laissons-nous saisir chaque jour...Oeuvrons mais oublions de nous attacher à nos oeuvres!

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

Quelle espérance! Je souhaite de tout mon coeur qu'elle soit contagieuse.

Jasmin Lemieux-Lefebvre || 2017-09-01 11:39:29

Une Église en sortie, pas encore, mais j'y crois : ) Les initiatives missionnaires existent et il faut continuer de les encourager. J'espère beaucoup comme Jocelyn que les prises de conscience se fassent plus rapidement. Merci à tous les ouvriers et ouvrières de l'ombre qui travaillent sans relâche à cette annonce de Jésus Christ.

Jocelyn Girard || 2017-09-05 00:00:00

Il faut toujours y croire... Mais il faut aussi y mettre les priorités, ce qui est plus difficile compte tenu de la complexité avec laquelle les personnes engagées dans l'Église ont à jongler!

 

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