Commémoration

100e anniversaire de la crypte de l'Oratoire Saint-Joseph

On soulignait les 100 ans de la crypte de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal le dimanche 17 décembre 2017.
On soulignait les 100 ans de la crypte de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal le dimanche 17 décembre 2017.   (Frank Hayes/CC BY 2.0/Flickr)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2017-12-19 12:46 || Québec Québec

«Le 16 décembre 1917, la messe était célébrée pour la toute première fois dans cette église.» C'est par ces mots, prononcés 100 ans et un jour plus tard, que Claude Grou, le recteur de l'Oratoire Saint-Joseph, a accueilli les fidèles venus souligner le centenaire de la crypte érigée en l'honneur de saint Joseph.

En 1917, c'est l'archevêque de Montréal qui avait présidé la célébration. Mgr Paul Bruchési avait alors déclaré que «cet événement joyeux ne devait pas faire oublier les temps difficiles que tous vivaient puisque le monde entier était déchiré par une guerre mondiale qui ne semblait pas près de se terminer», a rappelé dimanche le père Grou.

«L'archevêque parle de la crypte comme d'un lieu de prière que le peuple s'est donné en un temps où le monde avait besoin plus que jamais de se tourner vers le Seigneur», a ajouté le recteur.

L'actuel archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, a présidé le 17 décembre 2017 la célébration du 100e anniversaire de la crypte. Il a mentionné dans son homélie l'importance du frère André, le religieux Alfred Bessette, le fondateur de l'Oratoire Saint-Joseph canonisé en 2010.

Il y a un siècle, le nom du frère André n'avait même pas été mentionné lors de l'inauguration de la crypte si on se fie aux journaux qui ont relaté l'événement. «La bénédiction fut suivie d’une grand'messe solennelle», écrit un journaliste dans La Presse du lundi 17 décembre 1917, et d'un banquet tenu au Collège Notre-Dame (en face de la crypte, là même où le frère André fut portier) en présence de nombreux religieux et dignitaires, dont le grand journaliste français François Veuillot. Mais aucune trace du frère André.

«Bien sûr que le frère André était présent dans la crypte il y a cent ans», dit le recteur Claude Grou, rencontré après la célébration. «Mais cela représente l'époque. On ne remerciait pas les gens qui travaillaient dans l'ombre. On préférait saluer les dignitaires. Et comme le frère André n'avait pas de titre, qu'il n'était ni un dignitaire, ni un supérieur, on ne l'a pas mentionné.»

«Mais je pense qu'il était plus à l'aise à l'arrière, auprès des gens», ajoute le père Grou, membre de la Congrégation de Sainte-Croix à laquelle appartenait aussi le frère André.

La trace du frère André dans les archives

L'archiviste David Bureau se tenait dimanche soir à l'entrée de la crypte, au milieu de documents anciens déposés dans une vitrine.

«On n'a pas beaucoup de photographies de la construction», reconnaît le responsable du Centre d'archives et de documentation Roland-Gauthier. «Mais les documents les plus significatifs sont textuels.»

Il retire alors avec précaution un document de grand format. «C'est le contrat entre la Corporation du collège Notre-Dame de la Côte-des-Neiges et l'entrepreneur en construction Ulric Boileau.» David Bureau se rend à la dernière page de ce contrat signé le 12 mai 1915. «On y trouve la signature du frère André à titre de témoin de cette entente.»

Les autres documents qu'il propose aux visiteurs racontent les différentes étapes de la construction. «C'est en 1916 que la structure d'acier est montée et que la pierre angulaire est bénite. À l'intérieur de cette pierre, on a inscrit que la construction se fait pendant la Grande Guerre. On trouve aussi une indication que ce sanctuaire est construit sous l'inspiration du frère André», dit M. Bureau.

«Cette note est intéressante quand on sait que, lorsqu'on va inaugurer la crypte, on ne mentionnera nulle part le frère André», confirme l'archiviste de l'Oratoire Saint-Joseph.

Même Les Annales de Saint-Joseph [alors le nom de la revue de l'Oratoire], qui consacrent un numéro à l'inauguration de la crypte, sont muettes à son sujet. «On trouve une photo du frère, mais aucun texte ne le mentionne. On sait ainsi qu'il est présent aux cérémonies. Mais ses supérieurs ne cherchent pas à le mettre au-devant. Il n'y a pas d'acclamation, pas de toast à son intention.»

En 2017, en ce 100e anniversaire de l'ouverture de la crypte au public, «on ne peut plus séparer l'Oratoire Saint-Joseph du frère André», dit David Bureau. Dimanche soir, l'archevêque de Montréal lui a rendu hommage... et n'a mentionné la présence d'aucun dignitaire.

 

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