Saint-Sulpice

Archives: les sulpiciens veulent rassurer, la ministre veut classer

Le site historique du Vieux-Séminaire-de-Saint-Sulpice, là où se trouvent les archives des sulpiciens.
Le site historique du Vieux-Séminaire-de-Saint-Sulpice, là où se trouvent les archives des sulpiciens.   (Archives Présence/F. Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-08-20 09:21 || Québec Québec

Les archives et les biens patrimoniaux des sulpiciens sont toujours en sécurité, a rétorqué la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice en réaction à cet article du Devoir qui révélait mercredi que tout les professionnels responsables de leur protection avaient été licenciés.

Dans un bref communiqué diffusé mercredi soir par une entreprise externe de relations publiques, les sulpiciens ont tenu «à réitérer publiquement l'attachement qu'ils ont à l'égard de leurs archives et de leurs biens patrimoniaux ainsi qu'à l'importance qu'ils accordent à leur protection et à leur conservation».

Muet sur le licenciement de tout le personnel de la corporation Univers culturel de Saint-Sulpice, le sulpicien Jorge Humberto Pacheco Rojas a indiqué «qu'il n'est aucunement question de poser des gestes qui mettraient en danger nos archives et nos biens patrimoniaux».  

«Nous allons continuer à les protéger comme nous l'avons toujours fait. Ils sont d'une importance historique, capitale. Nous en sommes conscients et nous allons continuer d'agir en conséquence» a ajouté le supérieur provincial des sulpiciens.

Plus tôt dans la journée, la ministre Nathalie Roy s'est dite «grandement préoccupée» devant le sort réservé à ces archives. La ministre de la Culture et des Communication a aussi mentionné vouloir «protéger ces biens d’une valeur inestimable pour l’histoire du Québec en utilisant les pouvoirs qui me sont conférés en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel».

Cette loi permet à la ministre de «classer en tout ou en partie tout bien patrimonial dont la connaissance, la protection, la mise en valeur ou la transmission présente un intérêt public». Cette protection empêche ensuite toute personne ou corporation «sans l’autorisation de la ministre», d'altérer ou de modifier ces biens ou encore de les «transporter hors du Québec».

David Bureau, le président du conseil d’administration du Regroupement des archivistes religieux (RAR), a froncé les sourcils en découvrant la réaction des sulpiciens. «Ils ont renvoyé toute leur équipe. Vont-ils réengager leur personnel?  Faire entrer de nouvelles personnes? Barrer les portes et prendre pour acquis que parce que les archives sont enfermées, il ne risque rien de leur arriver?» Il regrette que les sulpiciens ne «disent absolument rien» sur ce qu'ils vont faire «pour corriger la situation».

«Toutes les communautés religieuses de Montréal sont à risque de vivre la même situation», ajoute le président du RAR. Tant mieux si les médias ont mentionné les collections des sulpiciens. «Mais combien de congrégations religieuses, moins connues, vont mourir sans laisser de traces?».

«Le RAR maintient que c’est l’ensemble des archives religieuses qui doit être pris en charge». Supérieurs, diocèses, gouvernements et professionnels «doivent dès maintenant agir ensemble pour trouver des solutions réalistes».

L'agence de presse Présence a demandé à discuter mercredi soir avec le supérieur des sulpiciens. «Pour l’instant, nous n’accordons pas d’entrevues et nous nous en tenons au communiqué émis plus tôt aujourd’hui», a-t-on répondu.

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