Prix annuels de Communications et Société

Des œuvres sur l'amour, l'éthique et le dialogue primées

Marie-Ève Maillé a remporté le prix du meilleur essai 2019 pour 'L’affaire Maillé: l’éthique de la recherche devant les tribunaux' (Écosociété).
Marie-Ève Maillé a remporté le prix du meilleur essai 2019 pour 'L’affaire Maillé: l’éthique de la recherche devant les tribunaux' (Écosociété).   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2019-04-16 09:00 || Québec Québec

C'est le plus récent ouvrage de la théologienne Marie-Thérèse Nadeau, Condamnés à l'amour, qui s'est mérité le prix du Livre à thématique spirituelle 2019 remis le jeudi 11 avril par l'organisme Communications et Société.

«C'est une belle reconnaissance pour cette auteure. C'est le couronnement d'une activité d'écriture qui s'est étalée sur trente ans», a déclaré l'éditrice Sophie Brouillet lorsque qu'elle a remercié les membres du jury pour cette reconnaissance.

Une maladie fulgurante a récemment terrassé la théologienne Marie-Thérèse Nadeau, 74 ans. La religieuse, membre de la Congrégation de Notre-Dame, est décédée le 1er novembre 2018, deux mois à peine après que son plus récent titre ne se soit retrouvé en librairie.

«Marie-Thérèse Nadeau était une femme rayonnante, dynamique et généreuse, toujours en chemin entre un cours, une retraite ou l'écriture d'un nouveau livre», a poursuivi son éditrice. «Presque chaque année, elle nous arrivait avec un nouveau manuscrit.»

Lors des salons du livre, l'auteure aimait rencontrer ses lecteurs et lectrices au kiosque de Médiaspaul, la maison qui a publié ses nombreux titres. «Elle réussissait immanquablement à attirer l'attention et l'intérêt de la clientèle qui repartait souvent avec, au moins, un de ses livres!»

La théologienne «avait un bon sens du titre, ce qui est un cadeau pour un éditeur», rappelle Sophie Brouillet. Mais lorsqu'elle a proposé Condamnés à l'amour, ses éditeurs ont d'abord hésité «à cause de la connotation négative que peut avoir le mot condamner».

«Mais elle nous a convaincus. Ce qu'elle voulait dire c'est que tout se ramène à l'amour. Que nous sommes tous pris avec cette réalité ultime pour laquelle nous sommes faits», dit son éditrice qui estime que l'auteure a composé «une véritable somme théologique, une valeur sûre pour nourrir la réflexion sur des thèmes très variés».

L'affaire Maillé

L'organisme Communications et Société a aussi décerné son prix Essai 2019 à L’affaire Maillé: l’éthique de la recherche devant les tribunaux (Écosociété).

Les membres du jury ont félicité l'auteure, la chercheuse universitaire Marie-Ève Maillé, et unanimement salué «sa démarche audacieuse d'écriture, alliant l'art du suspense à une grande limpidité dans l'exposition des faits».

Cette affaire Maillé, «c'est l'histoire d'une communauté qui se trouve divisée en deux camps en raison d'un projet éolien», a d'abord expliqué l'auteure. L'universitaire a voulu «mesurer cette division» avec sa thèse de doctorat.

«Quand les citoyens ont décidé d'intenter un recours collectif contre le promoteur éolien, ils m'ont demandé de déposer ma thèse en preuve et de témoigner comme experte dans ce dossier. Mais je ne me doutais pas que je me retrouverais, en voulant aider les citoyens, à me battre seule contre le système de justice, contre le promoteur éolien et même contre ma propre institution universitaire, l'UQAM, trop longtemps aux abonnés absents dans ce débat», raconte l'auteure.

C'est que le promoteur voulait obliger la chercheuse à dévoiler les noms et les propos des gens qu'elle avait interrogés. Elle a refusé de céder les données qu'elle avait recueillies, ce qui l'a contrainte, alors qu’elle était sans emploi, à se défendre devant les tribunaux.

«Quand les gens nous ouvrent leurs portes et qu'ils acceptent de répondre à nos questions, souvent ils nous donnent plus d'informations qu'ils n’en donneraient aux médias. Comme chercheurs, «nous avons une grande responsabilité. Celle de faire attention aux informations et données qu'on récolte. Il faut s'assurer qu'elles ne tombent pas entre les mains de gens qui pourraient avoir des intentions autres que celle que nous avions lorsqu'on les a amassées», dit Marie-Ève Maillé.

Son livre, primé par Communications et Société, raconte «avec humour et une bonne dose d'autodérision» la saga judiciaire qu'elle a vécue afin de «protéger la confidentialité des données recueillies», une valeur pourtant «au cœur de l'éthique de la recherche universitaire».

Prix Cinéma

Enfin, le prix Cinéma 2019 de Communications et Société a été décerné à Innu Nikamu: Chanter la résistance, un film de Kevin Bacon Hervieux.

Cette œuvre est un «tissage efficace d'images d'archives, d'entrevues et de musique. Elle raconte une histoire qui nous invite au dialogue entre les cultures», a déclaré Jonathan Guilbault, éditeur chez Novalis et membre du jury.

***

Présence a besoin de l'appui financier de ses lecteurs pour poursuivre sa mission.
Cliquez sur l'image de notre campagne de financement pour savoir comment votre don fait une différence.

 

du même auteur

'Lettres au frère Marie-Victorin', un recueil de correspondances sur la sexualité humaine entre Marcelle Gauvreau et le frère Marie-Victorin , parait cet automne aux Éditions du Boréal.
2019-09-17 18:30 || Québec Québec

Parution des lettres de Marcelle Gauvreau au frère Marie-Victorin

Jean-Guy Dubuc.
2019-09-12 09:18 || Québec Québec

«Pour s'insérer dans sa culture propre, il faut de l'information régionale»

Karlijn Demasure est nommée directrice du Centre interdisciplinaire pour la protection des personnes mineures et des adultes vulnérables créé par l'Université Saint-Paul à Ottawa.
2019-09-11 18:44 || Canada Canada

Abus sexuels: Karlijn Demasure nommée directrice du nouveau centre interdisciplinaire

articles récents

Jean-Guy Dubuc.
2019-09-12 09:18 || Québec Québec

«Pour s'insérer dans sa culture propre, il faut de l'information régionale»

Line Richer, responsable des communications et de la médiation culturelle au Musée Marguerite-Bourgeoys.
2019-09-11 05:00 || Québec Québec

Première édition des Bouquinistes de Bonsecours

Le porte-clef en laiton indique le numéro de la chambre occupée par le cardinal Jorge Mario Bergoglio lors du conclave de 2013.
2019-08-21 16:12 || Vatican Vatican

La chambre du cardinal Bergoglio