Lettre ouverte de la modératrice

Autochtones, Palestine, réfugiés: l'Église Unie offre son expertise aux députés fédéraux

Jordan Cantwell est modératrice de l'Église Unie du Canada depuis le 13 août 2015.
Jordan Cantwell est modératrice de l'Église Unie du Canada depuis le 13 août 2015.   (Courtoisie Église Unie du Canada)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2017-10-12 12:47 || Canada Canada

La modératrice de l'Église Unie du Canada vient d'écrire une substantielle lettre à chacun des 332 députés qui siègent à la Chambre des communes.

Dans cette missive de trois pages, rédigée en français et en anglais, la pasteure Jordan Cantwell, souhaite que l’expertise de la plus importante Église protestante au pays «dans les domaines de la justice, de la paix, de la durabilité et de la réconciliation» soit davantage reconnue par les politiciens.

La 42e modératrice de l'Église Unie du Canada va jusqu’à soumettre aux parlementaires des propositions sur la réconciliation avec les peuples autochtones, l’adoption d’une solution juste pour Israël et pour la Palestine et l'accueil des réfugiés au Canada.

Trois dossiers clés

L'Église Unie rappelle aux députés canadiens qu'elle fait partie des Églises qui ont dirigé des pensionnats autochtones. «Dans les années soixante, nous avons aussi participé à la rafle qui a permis à certains de nos membres d’adopter des enfants autochtones et métisses», reconnaît la pasteure Cantwell qui n’hésite pas à déplorer «l’influence que le racisme et le colonialisme ont exercés dans le façonnement des mentalités, tant celles des individus que celles de notre Église».

Le processus de réconciliation avec les peuples autochtones franchirait un pas important, suggère la modératrice de l'Église Unie, si les députés appuyaient le projet de loi C-262 qui exige que le Canada prenne toutes les mesures nécessaires pour assurer l’harmonie des lois fédérales avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Israël et Palestine

C’est le conflit israélo-palestinien qui occupe la plus grande part de la lettre acheminée au député. La pasteure Jordan Cantwell demande aux parlementaires «d’amener le Canada à participer davantage aux efforts internationaux de paix». Le Canada et la communauté internationale doivent agir avec célérité «pour que cessent les effusions de sang avant que l’espoir et la possibilité d’une paix juste ne soient anéantis».

«L’Église Unie du Canada soutient le droit à l’autodétermination, tant pour le peuple palestinien que pour le peuple israélien», précise la modératrice, tout en demandant «la cessation de l’occupation [par Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza] par la voie d’une résolution juste, négociée et conforme au droit international et aux résolutions pertinentes de l’ONU».

Tout en répétant que l'Église Unie ne fait pas partie du «mouvement de boycottage, de désinvestissement et de sanctions (BDS)» à l'égard d'Israël, Jordan Cantwell estime toutefois que les Canadiens devraient avoir le droit de décider s'ils achètent ou non des produits qui proviennent «des colonies israéliennes établies illégalement dans les territoires occupés de la Palestine».

«L’Église Unie invite le Canada à exclure de l’Accord de libre-échange Canada-Israël (ALÉCI) les produits fabriqués dans les colonies illégales, et à établir une règlementation à l’intention des détaillants canadiens obligeant ceux-ci à apposer des étiquettes qui distinguent les produits provenant des colonies illégales des produits fabriqués en Israël», écrit-elle.

Réfugiés

Enfin, sur la question des réfugiés, l'Église Unie se dit préoccupée par la situation des personnes qui se présentent aux postes frontaliers canado-américains et qui demandent au Canada le statut de réfugié. «À quelques exceptions près, ces personnes se voient refuser l’accès au processus d’asile canadien et sont immédiatement renvoyées aux États-Unis», déplore-t-on.

S'adressant à chacun des députés, la modératrice leur demande «d’intervenir pour que le Canada se retire de l’Entente sur les tiers pays sûrs, compte tenu du fait que le système d’asile et le régime de détention migratoire des États-Unis ne respectent pas les normes juridiques établies par le Canada et la communauté internationale».

 

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