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Un groupe espère toujours sauver l’église du Très-Saint-Sacrement

Un groupe de Québec s’active pour donner une vocation communautaire et socioculturelle à l’église du Très-Saint-Sacrement, désacralisée en septembre dernier.
Un groupe de Québec s’active pour donner une vocation communautaire et socioculturelle à l’église du Très-Saint-Sacrement, désacralisée en septembre dernier.   (Présence/Véronique Demers)
Véronique Demers | Journaliste
Journaliste
2020-05-05 17:52 || Québec Québec

Un groupe de Québec s’active pour donner une vocation communautaire et socioculturelle à l’église du Très-Saint-Sacrement, désacralisée en septembre dernier et dont la structure fragilisée a coûté 200 000 $ à sécuriser.

SOS Saint-Sacrement veut faire pression sur la ministre de la Culture, Nathalie Roy, pour que le bâtiment soit classé bien patrimonial et obtenir un moratoire d’un an, afin de cogiter plus précisément sur son sort potentiel. Au moment de publier ces lignes, près de 9000 personnes avaient signé une pétition en ce sens.

«On essaie de s’organiser pour aller au plus vite, malgré l’épée de Damoclès au-dessus de notre tête, puisque si le site est vendu pour le projet envisagé de condos, on devra travailler à contre-courant, devant les faits accomplis», mentionne l’initiateur de SOS Saint-Sacrement, Louis Bélanger.

SOS Saint-Sacrement a l’appui de citoyens, d’organismes, du conseil de quartier Saint-Sacrement et de la Corporation des Loisirs de Saint-Sacrement. Le groupe souhaite transformer l’église en bâtiment communautaire, pour offrir plus d’espace à des organismes du quartier.

«Depuis plusieurs années, le centre des loisirs Saint-Sacrement est à l’étroit. […] Au cours des dernières années, la population de Saint-Sacrement a augmenté de 18%. Les services doivent venir avec la densification», évalue M. Bélanger.

Étude indépendante

Laurent Dumais, président de la Corporation des loisirs de Saint-Sacrement, collabore à titre personnel au projet. Ses 35 ans d’expérience en engagement communautaire l’ont motivé à se joindre au groupe et à faire valoir les besoins de son quartier.

Le groupe citoyen souhaiterait aménager un stationnement sous-terrain étagé et un espace communautaire sur le terrain libre donnant sur l’avenue du Père-Pelletier. SOS Saint-Sacrement souhaite également obtenir une étude indépendante d’ingénieurs et d’architectes pour estimer les coûts à prévoir pour l’ensemble des travaux. «Il faut prendre notre bâton de pèlerin et amasser des sous», résume l’instigateur du groupe citoyen.

«Un projet pas réaliste» 

Le père Gérard Busque, curé de la paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger, dont le territoire inclut l’église du Très-Saint-Sacrement, juge que le projet de SOS Saint-Sacrement ne tient pas la route.

«Ce n’est pas réaliste de vouloir faire de ce bâtiment un centre communautaire. Chaque année, il faut 50 000$ pour le chauffage et de 300 000$ à 400 000$ pour l’entretien. Quant aux réparations pour remettre à l’ordre ce qui est défectueux, il faudrait de 3 à 5 millions de dollars, selon le rapport qu’on a commandé à l’architecte Gilles Duchesneau et aux ingénieurs de Laro Experts Conseil Inc.. La paroisse n’a pas les moyens, c’est pourquoi le conseil de fabrique a décidé de vendre l’édifice», explique le curé Busque.

En attente de la ministre Roy

Le conseiller municipal indépendant de Montcalm-Saint-Sacrement, Yvon Bussières, appuie les démarches de SOS Saint-Sacrement. Bien avant l’initiative citoyenne, M. Bussières avait envoyé en août dernier une requête à la ministre de la Culture, Nathalie Roy, pour demander un classement patrimonial de l’église du Très-Saint-Sacrement.

«J’ai eu un accusé de réception, mais je n’ai pas eu de réponse encore, après neuf mois. J’ai relancé, et on me dit que c’est à l’étude», a-t-il précisé.

«Il n’y a plus de présence du Saint-Sacrement dans l’église, mais je me dis que la présence de Dieu est en chacun de nous. Ça a duré plus d’un siècle. Il y a encore une communauté présente, même si l’eucharistie n’est plus là», note M. Bussières.

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