Sur les routes de Compostelle ou du Québec

Des conseils pour bien préparer son pèlerinage

  (Pixabay)
Yves Casgrain | Journaliste
Journaliste
2017-06-28 14:37 || Québec Québec

Ça y est! Vous vous êtes enfin décidé! Vous allez entreprendre un pèlerinage de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines. De manière presque compulsive, vous lisez les témoignages de pèlerins ayant vécu de profondes transformations. Vous assistez à des conférences sur le sujet. Votre esprit est fin prêt pour l’aventure. Oui, mais votre corps l’est-il? Pas important, dites-vous? Après tout, vous préparez un pèlerinage, pas une randonnée pédestre, n’est-ce pas? Détrompez-vous. Selon les experts que Présence a consultés, un pèlerinage se prépare de la même manière qu’une randonnée pédestre de courte ou longue durée.

Éric Laliberté, cofondateur de Bottes et Vélo, est affirmatif : «À la base, un pèlerinage est un voyage et il se prépare comme tel». À un détail près : «Ton bagage, tu vas le trimbaler tous les jours. La mule, c’est toi!»

Il est donc important de se munir d’un bon sac à dos. «Ma compagne et moi, nous avons adopté des sacs à dos de 40 à 50 litres, car ils sont plus confortables. Les plus petits sont moins rembourrés aux bretelles et à la taille», précise Éric Laliberté.

Toutefois, selon lui, il est impératif de ne pas surcharger le sac à dos. «En plus du linge que tu portes sur toi, tu dois prévoir des vêtements de rechange. Les autres choses que tu dois apporter sont un imperméable, un vêtement plus chaud, une trousse de premiers soins, des bâtons de marche, ton chapeau, une trousse d’hygiène.» Stéphane Pinel, cofondateur du Chemin de Saint-Rémi, ajoute l’eau à cette liste.

Pourtant, Éric Laliberté constate que ses conseils ne sont pas toujours écoutés. «Récemment, des filles sont venues avec leur fer plat et leur séchoir à cheveux! Les gars peuvent aussi faire la même chose. Eux veulent tout prévoir, même les imprévus. Ils peuvent apporter quelques paires de souliers ou encore une trousse de premiers soins aussi grosse qu’une valise!» Même son de cloche du côté de Stéphane Pinel. «Notre clientèle est composée de femmes à 90%. Je vais leur dire d’apporter une seule crème pour la peau, car la coquetterie a un poids!»

Éric Laliberté raconte que dans certaines auberges le long des chemins de Compostelle, des boîtes sont mises à la disposition des marcheurs afin qu’ils puissent se délester de leurs excédents. «Ma compagne [cofondatrice de Bottes et Vélo] les nomme "les boîtes à peur". Vouloir tout prévoir, c’est passer à côté de l’expérience.»

Outre le sac à dos, les deux experts s’entendent pour dire que les souliers doivent être choisis avec soin selon les chemins arpentés. «Nos sentiers ne sont pas maganés comme en Espagne. Toutefois, lors de certains pèlerinages nous pouvons marcher dans de la grosse roche. Dans ces conditions, la botte de randonnée est recommandée», précise Éric Laliberté. 

Et la forme physique? «Si tu es en mesure de marcher un 4 heures avec ton sac à dos, c’est bien. Toutefois, réaliser un entraînement afin d’accomplir ton pèlerinage, c’est une autre affaire. Pour moi, le pèlerinage n’est pas une performance.» De son côté, Stéphane Pinel recommande un entraînement plus soutenu.

Quant à la préparation psychologique, elle est tout aussi importante. «Vous devez être prêts à sortir de votre zone de confort tout au long du pèlerinage», souligne le cofondateur du Chemin de Saint-Rémi. 

 

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