France

Attaque meurtrière à la basilique Notre-Dame de Nice

Trois personnes ont été tuées avant le début de la messe à la basilique Notre-Dame de Nice, en France, le 29 octobre 2020.
Trois personnes ont été tuées avant le début de la messe à la basilique Notre-Dame de Nice, en France, le 29 octobre 2020.   (CNS photo/Eric Gaillard, pool via Reuters)
2020-10-29 17:12 || Monde Monde

Le 29 octobre, les évêques français ont demandé de faire sonner les cloches de toutes les églises de l’Hexagone à 15 h après que trois personnes aient été tuées dans la basilique Notre-Dame de Nice alors qu'elles se préparaient pour la messe du matin.

Le pape François a envoyé un tweet exprimant sa proximité avec les Niçois. «Je suis proche de la communauté catholique de #Nice, en deuil après l'attaque qui a semé la mort dans un lieu de prière et de consolation. Je prie pour les victimes, pour leurs familles et pour le bien-aimé peuple français, afin qu'il puisse réagir au mal par le bien», a-t-il déclaré.

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, a envoyé un message similaire dans un télégramme à l'évêque André Marceau de Nice en évoquant un «sauvage attentat».

«Condamnant de la plus énergique manière de tels actes violents de terreur, [le pape] assure de sa proximité la Communauté catholique de France et tout le peuple français qu’il appelle à l’unité», indique le télégramme.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a condamné les tueries et a demandé aux musulmans d'exprimer leur deuil et leur solidarité avec les victimes et leurs proches en annulant toutes les célébrations de l'anniversaire de Mahomet, qui cette année est soulignée par les musulmans sunnites le 29 octobre.

«Le CFCM appelle également les responsables musulmans à fermer leurs mosquées jusqu’à nouvel ordre, dès ce soir après la prière de la nuit et de faire de ce dernier moment de prière l’occasion d’un hommage et d’un recueillement en la mémoire des victimes», dit un communiqué.

Piste terroriste privilégiée

Selon les médias français, parmi les victimes figurait une femme de 70 ans dont le corps a été retrouvé par la police «presque décapité» à côté d'un bénitier.

Un sacristain de 45 ans, Vincent Loques, père de deux filles, a été retrouvé mort dans la basilique.

Une deuxième femme, décrite comme étant d'origine africaine et âgée de 30 ans, s'est enfuie de l'église après avoir été poignardée, mais est morte dans le café voisin où elle avait trouvé refuge.

La police a blessé par balle un homme d'une vingtaine d'années, soupçonné de l'agression, qui a été arrêté et emmené à l'hôpital pour y être soigné.

Le suspect a ensuite été identifié comme étant Brahim Aouissaoui, 21 ans, un Tunisien qui est entré en France via Lampedusa, une île italienne située entre Malte et la Tunisie, à la fin du mois de septembre. Il est arrivé en France après avoir été mis en quarantaine par les autorités italiennes et avoir reçu l’ordre de quitter le territoire italien.

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a déclaré que l'agresseur a continué à crier Allahu akbar (en arabe, car Dieu est grand) même après avoir été soigné. Le maire a déclaré que le sens de son geste ne fait «aucun doute».

«Assez, c'est assez», a-t-il déclaré aux journalistes. Il estime qu’il est pour la France de d'éradiquer définitivement «l'islamo-fascisme».

La police française a confirmé qu'elle considérait ces meurtres comme un incident terroriste.

Critiques envers la France

Cela intervient alors que les musulmans sont de plus en plus en colère contre la défense par le président Emmanuel Macron des caricatures satiriques de Mahomet, le fondateur de l'islam.

Deux heures après l'attaque, la police a abattu un homme qui brandissait une arme de poing en criant "Allahu akbar" dans la ville d'Avignon, au sud du pays. Le même jour, un garde du consulat français à Djeddah, en Arabie Saoudite, a été poignardé par un agresseur de 40 ans, qui a ensuite été appréhendé.

Le soir du 29 octobre, le premier ministre Jean Castex devait rencontrer Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque de Reims, président de la conférence épiscopale, et Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, pour discuter des mesures de sécurité nécessaires pour garantir la sécurité des catholiques, notamment à l'approche de la Toussaint le 1er novembre.

Dans une déclaration affichée sur le site internet de l'archevêché de Paris, Mgr Aupetit s'est dit stupéfait par cette folie meurtrière au nom de Dieu.

«Dieu s’est révélé un Dieu d’amour. Assassiner en son nom est le vrai, le seul blasphème, une insulte à ce qu’Il est», a-t-il déclaré. «Depuis le commencement les chrétiens sont persécutés et aujourd’hui encore ce sont eux qui, bien qu’ils prêchent et vivent de l’amour de Dieu et du prochain tout ensemble, payent le plus lourd tribu à la haine et à la barbarie.»

Les évêques français ont déclaré qu'ils avaient été plongés dans «une immense tristesse».

«C’est parce qu’elles se trouvaient dans la Basilique que ces personnes ont été attaquées, assassinées. Elles représentaient un symbole à abattre», a souligné la conférence épiscopale.

Les évêques ont déclaré que l'attaque leur rappelait le martyre du père Jacques Hamel, un prêtre assassiné dans son église de Normandie par des militants islamiques en 2016.

«À travers ces actes horribles, c’est tout notre pays qui est touché, ont-ils ajouté. Ce terrorisme vise à installer l’angoisse dans toute notre société. Il est urgent que cette gangrène soit stoppée comme il est urgent que nous retrouvions l’indispensable fraternité qui nous tiendra tous debout face à ces menaces.»

«Malgré la douleur qui les étreint, les catholiques refusent de céder à la peur et, avec toute la nation, veulent faire face à cette menace traître et aveugle», a aussi déclaré la conférence épiscopale.

Une liste qui s’allonge

Mgr Marceau a répondu à l'attaque en ordonnant la fermeture immédiate de toutes les églises de la ville de Nice et en déclarant qu'elles étaient sous protection policière.

«Toutes mes prières rejoignent les victimes, leurs proches, les forces de l’ordre en première ligne de cette tragédie, prêtres et fidèles meurtris dans leur foi et leur espérance», a déclaré Mgr Marceau.

Il a déclaré que les morts étaient les victimes d'un acte terroriste « abominable» qui a suivi «le meurtre sauvage du professeur Samuel Paty», un enseignant parisien décapité le 16 octobre par un migrant musulman après qu'il ait montré des dessins satiriques de Mahomet à des écoliers dans une leçon sur la liberté d'expression.

Les caricatures ont été publiées pour la première fois en 2012 dans Charlie Hebdo, un magazine qui a été la cible de trois attaques terroristes, dont l'une en 2015 qui a coûté la vie à 12 personnes.

Au Vatican, le cardinal guinéen Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et les sacrements, a tweeté, en solidarité avec l'église française, que l'extrémisme «doit être combattu avec force et détermination».

Il a déclaré que les chrétiens africains persécutés comprenaient «trop bien» que les islamistes violents n'abandonneraient pas leur combat.

L'attentat de Nice a eu lieu à moins d'un kilomètre du lieu de l’attaque au camion-bélier du 14 juillet 2016, lorsqu'un homme a foncé la foule sur la promenade des Anglais, tuant 86 personnes et en blessant plus de 400.

Les politiciens français ont observé une minute de silence avant un débat sur les nouvelles restrictions concernant le coronavirus, et le président Manuel Macron a présidé une réunion d'urgence sur les attentats avant de partir pour Nice.

Simon Caldwell

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