Révocation de la candidature de l'ex-imam

«Je me sens trahi», dit Hassan Guillet

Hassan Guillet.
Hassan Guillet.   (Archives Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2019-09-04 15:48 || Canada Canada

«Je fais appel au premier ministre Justin Trudeau pour que le parti respecte ses propres règlements ainsi que le choix démocratique de ses membres. Je fais appel au premier ministre pour qu'il annule sa décision de vendredi dernier afin de rétablir ma candidature.»

La voix de l'ex-imam Hassan Guillet a résonné dans une salle exiguë de Saint-Léonard ce mercredi matin. Le candidat de la circonscription de Saint-Léonard–Saint-Michel réagissait à la révocation, vendredi dernier, de sa candidature au scrutin du 21 octobre par les ténors du Parti libéral du Canada.

«Je me sens trahi», a-t-il indiqué en rappelant qu'à de nombreuses reprises, les stratèges du Parti libéral du Canada ont toujours indiqué être à l'aise avec sa candidature. «Tous les responsables du parti m'ont toujours confirmé qu'ils étaient convaincus que je n'étais ni raciste, ni antisémite.»

Il ne s'explique pas que vendredi dernier un cadre du parti lui ait téléphoné quelques heures seulement après que B'nai Brith Canada ait dénoncé publiquement des commentaires «antisémites et anti-israéliens» rédigés par l'ex-imam sur des réseaux sociaux.

«Vendredi, à 14 h 30, on m'a donné une heure pour démissionner pour des raisons personnelles. Sans quoi, je serais exclu», a révélé Hassan Guillet.

Le candidat libéral a refusé de démissionner et a plutôt présenté des excuses dans sa page Facebook. «Si [mes] déclarations pouvaient être considérées offensantes à certains de mes concitoyens de confession juive, je m'en excuse. Mon intention n’était pas d'offenser qui que ce soit. Le manque de sensibilité de ces déclarations ne reflète pas ma personnalité ni ma façon d'être», avait alors écrit Hassan Guillet.

Quelques heures plus tard, le Parti libéral du Canada remettait aux médias une brève mais catégorique note. Hassan Guillet ne porterait plus les couleurs libérales lors du scrutin fédéral du 21 octobre.

«Justin Trudeau et l’équipe libérale s’opposent fermement aux propos antisémites, haineux, racistes, islamophobes, homophobes, sexistes et à toute forme de discrimination», indiquait la note acheminée par courriel.

«À la suite d’un processus d’examen interne rigoureux, qui a duré des semaines, le Parti libéral du Canada a révoqué la candidature de M. Guillet pour la circonscription de Saint-Léonard–Saint-Michel aux importantes élections de cet automne», indiquait le PLC.

«Je suis complètement choqué», avait alors réagi sur Facebook Hassan Guillet. Ce matin, dès le début de sa conférence de presse, il se disait toujours en état de choc. «Pourquoi s'allier avec B’nai Brith et les conservateurs pour salir ma réputation et me diaboliser?», a-t-il lancé, indiquant qu'il était «en train d'évaluer avec [son] équipe quelles seront les prochaines étapes» d'ici le scrutin fédéral.

Lors de sa conférence de presse, Hassan Guillet était assis aux cotés de Jonathan Kramer, un homme d’affaires de confession juive et un militant pour le dialogue interreligieux à Saint-Jean-sur-Richelieu. «Je sais ce que c’est que l’antisémitisme, j’ai souffert d’antisémitisme. Et je peux vous dire qu’Hassan Guillet n’est pas antisémite», a-t-il lancé aux journalistes.

Plus tard en journée, B'nai Brith et le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) ont rejeté les excuses d'Hassan Guillet et continué d'exiger son retrait.

***

Présence a besoin de l'appui financier de ses lecteurs pour poursuivre sa mission.
Cliquez sur l'image de notre campagne de financement pour savoir comment votre don fait une différence.

 

du même auteur

À l'occasion du 8 mars, la Commission de toponymie du Québec a dévoilé une carte interactive intitulée Femmes remarquables du Québec qui met en valeur les noms des lieux qui rappellent le souvenir de cinquante femmes qui ont marqué l'histoire québécoise.
2021-03-08 16:27 || Québec Québec

Femmes et toponymie: les personnalités religieuses dominent le paysage

Dès le lundi 8 mars, les lieux de culte des régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches, de l’Estrie, de la Mauricie et du Centre-du-Québec peuvent dorénavant accueillir 100 personnes.
2021-03-08 07:31 || Québec Québec

Zone orange: 100 personnes dans un lieu de culte

Un programme de soutien financier a été discrètement mis en place en 2019 par l’archevêque de Sherbrooke pour venir en aide à d’anciens membres de la Famille Marie-Jeunesse (FMJ).
2021-03-04 00:00 || Québec Québec

Famille Marie-Jeunesse: aide offerte en échange du silence

articles récents

«Il est inacceptable que des rassemblements soient autorisés dans des salles de cinéma pour un maximum de 250 personnes, alors que les lieux de culte sont limités à 10 personnes dans les zones rouges», martèle la Table interreligieuse de concertation dans un nouveau communiqué.
2021-02-23 07:42 || Québec Québec

Lieux de culte: au tour de la Table de réclamer la capacité de 30 %

Le cardinal Lacroix demande aux catholiques de ne pas «demeurer silencieux devant les décisions prises par les autorités» et les encourage à «faire connaître leurs préoccupations et leurs questionnements aux élus qui les représentent et aux personnes responsables».
2021-02-22 14:12 || Québec Québec

Lieux de culte: nouvelles pressions catholiques sur le gouvernement

En zone orange, 25 personnes pourront être accueillies dans un lieu de culte. La limite de 10 est maintenue pour les zones rouges.
2021-02-02 19:19 || Québec Québec

Zones oranges: jusqu'à 25 personnes pour les lieux de culte