Philippines

Le Canada et l'Église philippine dénoncent le meurtre d'un Canadien

John Ridsdel.
John Ridsdel.   (CNS photo/Philippine Army-Eastern Mindanao Command Public Information Office via EPA)
2016-04-28 10:00 || Monde Monde

Le premier ministre du Canada et des membres influents de l’Église catholique des Philippines ont exprimé leur indignation et leur tristesse au lendemain de la décapitation d’un otage canadien par des hommes armés, dans le sud de l’archipel.

Des membres du groupe djihadiste et séparatiste Abu Sayyaf avaient menacé de décapiter leurs captifs – deux Canadiens, un Norvégien et une Philippine – s’ils n’avaient pas reçu le versement d’une rançon de 6,4 millions $ au plus tard le 25 avril. Les autorités militaires philippines, de même que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, ont confirmé que l’un des deux otages canadiens avait bel et bien été décapité le 25 avril. Il s’agit de John Ridsdel, 68 ans, natif de Calgary en Alberta et qui aurait travaillé à titre de consultant pour l’industrie minière. Au moment de leur enlèvement, en septembre 2015, Ridsdel et ses compagnons d’infortune étaient en vacances sur l’île de Mindanao, dans le sud-est des Philippines.

Le groupe Abu Sayyaf

Établi dans l’ouest de l’île de Mindanao, le groupe Abu Sayyaf a fréquemment recours aux enlèvements contre rançon. Plusieurs habitants de cette île sont de confession musulmane. Plusieurs mouvements militent d’ailleurs pour l’autodétermination politique de Mindanao.

En 2014, le gouvernement philippin a signé un traité de paix avec l’un des groupes musulmans rebelles de cette île: le Front Moro islamique de libération. Ce traité de paix n’est cependant jamais entré en vigueur, les législateurs philippins ayant refusé d’entériner la création d’une région autonome musulmane.

Financé par Al-Qaïda, le groupe Abu Sayyaf est apparu dans les années 1990 afin de faire régner la terreur dans cette partie de l’archipel et de hâter l’indépendance du Mindanao. Or, au tournant des années 2000, le groupe Abu Sayyaf a commencé à éprouver des difficultés financières. Le groupe a alors mis de côté son idéologie indépendantiste afin de se consacrer à une activité plus lucrative: les enlèvements contre rançon.

Condoléances de l’Église philippine

Mgr Antonio Ledesma, l’archevêque de Cagayan de Oro, sur l’île de Mindanao, a offert ses condoléances à la famille de John Ridsdel.

«Il s’agit indéniablement d’un acte vicieux, impitoyable et impardonnable», a affirmé l’archevêque philippin. «Nous souhaitons qu’on finisse par mettre un terme à ce genre de violence terroriste qui s’en prend à des victimes innocentes», a-t-il ajouté.

Mgr Ledesma espère que cette décapitation n’aura pas pour effet d’instaurer un climat de méfiance entre les communautés chrétiennes et musulmanes de cette région du pays. À ses yeux, le crime commis par les «fanatiques d’Abu Sayyaf» n’est nullement représentatif des sentiments qui animent la plupart des musulmans dans cette portion de l’archipel.

Processus de paix

Aux yeux de l’archevêque de Cagayan de Oro, le meurtre de l’otage canadien est un douloureux rappel de la nécessité d’établir une paix durable dans le sud des Philippines.

Sur Twitter, le jésuite Joel Tabora, recteur de l’université Ateneo de Davao, a déploré la décapitation de John Ridsdel. Il a dit souhaiter que cet acte terroriste «galvanise notre volonté à travailler pour la paix sur l’île de Mindanao».

Depuis 2014, le gouvernement philippin et les rebelles du Front Moro islamique de libération participent à des pourparlers de paix. Le groupe Abu Sayyaf nuit cependant à ce processus de paix, en kidnappant contre rançons des ressortissants étrangers et des citoyens des Philippines. Or, le gouvernement philippin refuse de verser la moindre rançon à ce groupe djihadiste afin de tarir sa principale source de financement. L’armée philippine mène donc des opérations militaires sur le terrain afin de lutter contre le groupe Abu Sayyaf.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a condamné le meurtre et offert ses condoléances à la famille. Il a par ailleurs indiqué qu’il était hors de question que le Canada verse des rançons à des terroristes.

Simone Orendain, Catholic News Service
Trad. et adapt. F. Barriault, pour Présence

 

du même auteur

«Alors qu’elle prétend travailler à la sauvegarde de la culture québécoise comme société distincte, elle semble plutôt chercher des manières de l’uniformiser: test des valeurs, loi sur la laïcité, refus des signes religieux, même les cloches d’église sont devenues suspectes dans certains quartiers»,
2019-11-07 16:54 || Québec Québec || 2 Commentaire(s)

Le test des valeurs: le paradoxe d’une société distincte

L'évêque de Saint-Hyacinthe, Christian Rodembourg (à l'avant-plan), a été élu président de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) le 20 septembre 2019 pour un mandat de deux ans.
2019-09-20 16:02 || Québec Québec

Photo du jour - 20 septembre 2019

Un groupe de pèlerins de la région d'Ottawa souligne le 145e anniversaire de son pèlerinage annuel à Sainte-Anne-de-Beaupré lors d'un pique-nique dans les jardins de la Fraternité Saint-Alphonse, à Beauport.
2019-08-13 12:01 || Canada Canada

Photo du jour - 13 août 2019

articles récents

Des citoyennes libanaises manifestent à Nabatieh le 24 octobre 2019.
2019-10-24 17:36 || Monde Monde

Au Liban, les dirigeants religieux se rangent derrière le peuple

L’évêque à la retraite Dennis Paul Drainville n’a pas réussi à se faire élire député à la Chambre des communes lors du scrutin du 21 octobre 2019.
2019-10-22 16:51 || Canada Canada

Défaite électorale pour l'ancien évêque anglican de Québec

Alain Ambeault, directeur général de la Conférence religieuse canadienne.
2019-10-11 13:36 || Canada Canada

Élections: la Conférence religieuse canadienne attire l'attention sur les sujets mal-aimés