Élection présidentielle française

Le journal La Croix appelle à voter Macron

Emmanuel Macron (En marche !) affronte Marine Le Pen (Front national) au deuxième tour de la présidentielle française.
Emmanuel Macron (En marche !) affronte Marine Le Pen (Front national) au deuxième tour de la présidentielle française.   (CNS photo/Yoan Valat, EPA)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2017-05-02 08:28 || Monde Monde

«Chacun, quelle que soit sa place, sa mission, doit se déterminer, prendre ses responsabilités. Le moment est venu pour La Croix de prendre les siennes», écrit Guillaume Goubert, directeur de ce journal catholique fondé par la congrégation des Augustins de l'Assomption en 1880. Son éditorial, publié hier, 1er mai, est intitulé «Présidentielle, notre choix».

Il rappelle d'abord que La Croix «n’a pas coutume d’exprimer une préférence parmi les candidats à une élection» et que «depuis des décennies, cette règle n’a connu qu’une seule exception». C'était en 2002, alors que Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen s'affrontaient au second tour de l'élection présidentielle française.

Directeur de La Croix de 1995 à 2009, Bruno Frappat publiait le 3 mai 2002 un long éditorial  (1100 mots) qui se terminait ainsi: «Il y a sept ans que Jacques Chirac préside la France, et beaucoup plus d'années qu'il participe au pouvoir. Il a sa part du bilan dont on voit les effets. Il a, ou a eu, ses faiblesses. Mais il n'a jamais été suspecté de vouloir ratatiner la France, la fermer, la claquemurer. Alors, pour respirer, sans hésitation, le 5 mai, c'est Chirac.»

Quinze ans plus tard, «nous sommes aujourd’hui dans une situation similaire», écrit l'actuel directeur du journal catholique français dans un éditorial qui tient en trois paragraphes et en moins de 300 mots.

«Parce que l’enjeu est considérable pour la France et pour l’Europe, parce que trop de responsables politiques ont adopté une position sibylline, parce qu’il y a le risque d’un résultat acquis par inadvertance, il nous paraît nécessaire de dire clairement ce que nous jugeons préférable. Avant qu’il ne soit trop tard.».

L'éditorialiste s'en prend à la vision xénophobe de Marine Le Pen, la fille du candidat de 2002, Jean-Marie Le Pen.

«Nous n’acceptons pas l’idée d’un choix déterminé par la crainte. Crainte de l’avenir, de l’Europe, du monde, de l’étranger, de l’autre. Nous ne pouvons nous résigner à ce que l’on élève des clôtures autour de la France et que l’on introduise des séparations entre les habitants de notre pays en fonction de leur nationalité», écrit-il.

Sa conclusion est directe. Le choix de La Croix, dimanche prochain, sera Emmanuel Macron.

«Face à ce qui risque d’advenir avec Marine Le Pen, l’abstention ne suffit pas. Le programme d’Emmanuel Macron ne peut recueillir notre pleine adhésion, nous l’avons déjà écrit. Mais parce que ce candidat a fait un choix de rassemblement et de confiance dans l’avenir, nous lui apportons notre soutien», écrit Guillaume Goubert, directeur de La Croix depuis janvier 2015.

 

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