Liban

Le patriarche maronite espère que l'élection du nouveau président libanais accélérera l'unité

Le nouveau président libanais, Michel Aoun.
Le nouveau président libanais, Michel Aoun.   (CNS photo/Nabil Mounzer, EPA)
2016-11-07 14:22 || Monde Monde

Le cardinal Bechara Rai, patriarche de l’Église catholique maronite, se réjouit de l’élection de Michel Aoun à titre de président du Liban, mettant ainsi un terme à plus de deux ans de crise constitutionnelle et institutionnelle au Liban.

Le cardinal espère que l’avènement d’un gouvernement uni pourra contribuer à sortir le Liban de ses «souffrances politiques, économiques et sociales». Il a exhorté le président nouvellement élu, Michel Aoun, de même que la classe politique libanaise, à s’inspirer des paroles de l’apôtre Paul pour faire table-rase du passé et avoir les yeux rivés sur l’avenir.

Le système politique libanais repose sur le partage du pouvoir entre les divers groupes confessionnels du pays. La présidence du Liban est habituellement occupée par un chrétien maronite. Le 31 octobre, les Libanais ont élu Michel Aoun à la présidence. Âgé de 81 ans, Aoun est le seul chef d’État arabe à être de confession chrétienne.

Son élection fait suite à une crise politique échelonnée sur plus de deux ans. Au terme du mandat du président sortant Michel Suleiman, en mai 2014, les députés libanais ont tenté à 45 reprises de désigner un nouveau chef d’État. En vain. Cette crise est un reflet assez fidèle des tensions sectaires qui s’agitent dans l’arène politique libanaise. Michel Aoun est le 13e président de l’histoire récente du Liban, depuis que le pays a acquis son indépendance de la France, en 1943.

Le cardinal Rai et les autres chefs religieux du pays ont sans cesse exhorté les politiciens libanais à élire un nouveau président.

Cette crise politique et cette paralysie institutionnelle ont eu des effets extrêmement néfastes, et ce, même hors des frontières du Liban, soutient le père Fadi Daou. Ce prêtre maronite est à la tête d’Adyan, un organisme sans but lucratif se consacrant au dialogue interreligieux et à la solidarité spirituelle entre les divers groupes confessionnels libanais.

Le père Daou admet avoir été inquiété par la paralysie des institutions démocratiques libanaises. Institutions, ajoute-t-il, qui sont pourtant «solidement implantées» au Liban. L’incapacité des députés à élire un nouveau président aurait pu «mettre en danger non seulement le Liban lui-même mais aussi l’ensemble de la région», affirme le prêtre maronite.

«L’échec de la démocratie libanaise aurait été une lourde perte pour la région. Le régime démocratique libanais est souvent cité en exemple, en raison de sa capacité à favoriser la collaboration, le dialogue et la coexistence [pacifique] entre chrétiens et musulmans», ajoute-t-il.

Michel Aoun est le fondateur du Courant patriotique libre (CPL), le plus important parti politique chrétien siégeant au Parlement libanais. Depuis 2006, le CPL forme une coalition avec le Hezbollah, le parti politique des chiites libanais.

La crise constitutionnelle s’est résorbée le 31 octobre, lorsque le dirigeant sunnite Saad Hariri a donné son appui à la candidature de Michel Aoun. Allié principal de l’Arabie saoudite au Liban, Hariri est à la tête de la plus importante formation politique sunnite (le Courant du futur). Ce dernier deviendra sous peu premier ministre du Liban, un poste habituellement réservé à un musulman sunnite.

Selon le père Daou, la candidature de Michel Aoun a également été appuyée Samir Geagea. Or, celui-ci était, jusque-là, son principal adversaire politique. Ce retournement aura des effets bénéfiques sur la communauté chrétienne du Liban, laquelle «risque d’être galvanisée» par cette élection, soutient le prêtre maronite. .

Or, selon le père Daou, le Liban n’est pas encore sorti de l’auberge, puisqu’il faudra désormais mettre à profit cette occasion d’une nouvelle stabilité politique.

Catholic News Service
Trad. et adapt. F. Barriault, pour Présence

 

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