Lettre des treize cardinaux au pape

Présumé signataire, le cardinal de Toronto ne commente pas

Le cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto, photographié lors de son arrivée à une séance du Synode sur la famille le 14 octobre 2015.
Le cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto, photographié lors de son arrivée à une séance du Synode sur la famille le 14 octobre 2015.   (CNS Photo/Paul Haring)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2015-10-14 15:53 || Vatican Vatican

Une lettre, approuvée par treize cardinaux et critiquant le processus synodal, a été dévoilée lundi dernier par un journaliste italien. Depuis, des cardinaux ont formellement démenti avoir signé cette lettre. Le nom du cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto, apparaît au bas de cette supposée note qui aurait été remise au pape François au tout début du Synode sur la famille.

«Le véritable scandale, c'est qu'une lettre privée adressée au pape ait été rendue publique». Le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ne mâchait pas ses mots hier dans l'entrevue qu'il a accordée au quotidien italien Corriere della Sera.

«Je ne dirai pas si j'ai signée cette lettre ou non. Mais on a affaire ici à un nouveau Vatileaks. Les documents privés du pape sont sa seule propriété. Personne ne peut les publier. Je ne m'explique pas comment cela a pu arriver», a-t-il lancé.

Lundi, le vaticaniste Sandro Magister a rendu publique cette lettre qu'auraient rédigé et signé treize cardinaux, dont le cardinal Gerhard Müller. Les cardinaux y critiquaient notamment le document de travail du synode, l'Instrumentum Laboris.

Quatre des cardinaux signataires ont rapidement déclaré qu'ils n'avaient jamais acheminé une telle lettre au pape. «Je démens formellement avoir signé une lettre à l'attention du Pape», écrit le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, dans son compte Twitter lundi dernier.

L'archidiocèse de Toronto n'a ni confirmé ni infirmé que le cardinal Thomas Collins avait bel et bien signé un tel document. Le porte-parole de l'archidiocèse a indiqué à Présence que le cardinal Collins ne discutera pas l'affaire.

«Il n'est pas approprié de commenter un document censé être privé entre les signataires et le pape», a écrit Neil MacCarthy en évoquant cette "lettre" entre guillemets, mettant ainsi l'accent sur son caractère présumé. «Si le cardinal Collins commente l'affaire, je vous en informerai aussitôt.»

En conférence de presse, le jésuite Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican, a réagi le mardi 13 octobre. «Des soi-disant treize signataires, on sait déjà que les cardinaux Scola, Vingt-Trois, Piacenza et Erdö ont déclaré y être étrangers. Quant au cardinal Pell, il a déclaré que sa lettre devait rester privée, mais aussi que le texte diffusé par la presse ne correspondait pas entièrement au sien, pas plus que les signatures qui accompagnaient la lettre adressée au Saint-Père».

Le cardinal américain Timothy Dolan ne dément pas avoir envoyé une lettre au pape. Dans une entrevue au Catholic Channel du réseau radiophonique Sirius XM, il explique qu'avant que ne débute le synode, il discutait librement avec d'autres évêques. Le cardinal australien George Pell a alors lancé: «Nous aimons le Saint-Père. Nous avons confiance en lui. Il nous a demandé d'être honnête avec lui. Pourquoi ne lui écrit-on pas que nous sommes inquiets?».

«Et j'ai dit au cardinal Pell, 'George, si vous écrivez une lettre au pape, comptez sur moi [count me in]'. J'ai signé la lettre. Elle n'était pas rédigée en anglais, mais en italien.» L'archevêque ne dit pas quels autres cardinaux ou évêques ont apposé leur signature au bas de cette missive. Pas plus qu'il n'a confirmé que la lettre dévoilée par le journaliste Sandro Magister est bien celle qu'il a signée.

C'est ce journaliste qui avait dévoilé, avant sa parution, le texte de l'encyclique Laudato si' du pape François. Depuis, son accréditation auprès de la salle de presse du Vatican lui a été retirée.

 

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