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La demande a triplé ces dernières années

Regain d'intérêt pour les exorcismes en Italie

Le père Cesare Truqui, exorciste pour le diocèse de Coire, en Suisse, photographié près du Tibre à Rome le 1er mars 2018.
Le père Cesare Truqui, exorciste pour le diocèse de Coire, en Suisse, photographié près du Tibre à Rome le 1er mars 2018.   (CNS photo/Paul Haring)
2018-04-23 17:00 || Monde Monde

En Italie, les exorcistes cartonnent. Chaque année, au moins un demi-million de personnes sollicitent l'Église catholique pour contrer une influence démoniaque présumée – une demande qui a triplé ces dernières années, indique le père franciscain Benigno Palilla, exorciste dans l'archidiocèse de Palerme.

«Très souvent, nous les prêtres, nous ne savons pas comment faire face à des cas concrets qui nous sont présentés, on ne parle pas de cela pendant la formation sacerdotale», confie-t-il.

Le père Cesare Truqui, un exorciste qui a reçu sa formation du célèbre père Gabriele Amorth à Rome, souligne que de nombreux prêtres «ne croient pas en l'existence de la véritable possibilité d'une possession, parce que c'est très rare».

Une rareté qui n’empêche toutefois pas chaque diocèse dans le monde d’avoir encore au moins un exorciste formé disponible pour cette éventualité, note-t-il.

«C'est comme un dentiste, Dieu merci, nous n'avons pas besoin d'aller chez le dentiste chaque semaine, mais [quand] nous avons besoin du dentiste, il nous faut un dentiste», a-t-il déclaré au Catholic News Service à Rome en mars dernier.

En outre, un exorciste formé et expérimenté peut discerner si le problème est d’origine «démoniaque» ou s’il s'agit d’un cas plus probable d'une personne qui connait des difficultés dans sa vie ou des problèmes mentaux ou émotionnels.

Bien que les prêtres doivent aider les gens à comprendre la «présence réelle» du mal, «vous devez aussi enseigner aux gens que toutes les ombres ne sont pas le diable», a-t-il dit.

Le fait de ne pas avoir à son service un exorciste ou un prêtre attentif et empathique capable de faire des recommandations rend également les personnes en quête d'aide encore plus vulnérables, a-t-il dit.

«J'ai une affaire en ce moment. Une personne est allée voir des sorciers africains, a-t-il raconté, parce qu'il n'a pas trouvé dans l'Église catholique l’aide qu'il cherchait.»

«Je pense que si [la personne] avait trouvé un prêtre pour l'écouter, l'accompagner et l'aider à s’en sortir, il ne serait pas possédé en ce moment.»

L'économie italienne en perte de vitesse et le marché du travail incertain ont également poussé un nombre croissant de personnes à se tourner vers les diseurs de bonne aventure, les lecteurs de cartes, les guérisseurs et les gourous, selon l’agence italienne de protection des consommateurs, Codacons.

Alors que beaucoup de ces pratiquants du marché noir sont des charlatans inoffensifs, ceux qui sont liés à l'occulte «peuvent augmenter le besoin d'assistance spirituelle ou d'exorcismes» pour leurs victimes sans méfiance, croit fermement le père Truqui, qui met aussi en garde contre les «faux prêtres».

Dans un effort pour soutenir ce ministère souvent négligé, le père Truqui était l'un des nombreux experts qui ont dispensé un cours international sur l'exorcisme et les prières de libération à l'Université pontificale Regina Apostolorum des Légionnaires du Christ, du 16 au 21 avril. Le cours était offert en collaboration avec l'Association internationale des exorcistes reconnue par le Vatican.

Le père Truqui explique comment il est devenu, de façon inattendue, un exorciste dans un nouveau livre, "Profession: exorciste, les cas les plus dérangeants de possession et de libération", co-écrit avec Chiara Santomiero. Le livre est actuellement disponible uniquement en italien.

Il écrit avoir visité le père Amorth pour l'inviter à assister au premier cours d'exorcisme à l'université en 2004, mais l'a trouvé au milieu d'un exorcisme, brandissant un crucifix à un homme menaçant de le tuer.

Le père Truqui écrit qu'il était figé sur le seuil avec ses «cheveux dressés» sur la tête et le père Amorth l'invita à rester et à participer à une série d'exorcismes ce jour-là.

Le père Truqui écrit que ce fut l’étonnant début de quatre années de collaboration et d'amitié avec le célèbre prêtre. Une expérience qui le conduisit finalement à quitter la Légion du Christ pour devenir prêtre de la paroisse et exorciste du diocèse de Coire en Suisse.

Le prêtre né au Mexique a dit qu'il voyait son travail comme un ministère de miséricorde, rapprochant les gens des sacrements et une vie de prière - un remède efficace pour rester «fidèle au Christ et trouver la paix».

Il a dit qu'il voyait son travail comme «très évangélique» en ce sens qu'il affrontait directement les mêmes esprits que Jésus a affrontés dans les Évangiles et qu'il a éprouvé «que ce que le Christ a dit dans l'Évangile est vrai».

«C'est très agréable de comprendre que lorsque vous êtes un exorciste, vous pouvez saisir de vos mains la réalité, la force et le pouvoir de la prière», a-t-il confié.

 

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