Terrorisme

Attentats de Bruxelles: les catholiques sous le choc

Des blessés à l'aéroport de Zaventem, le 22 mars 2016.
Des blessés à l'aéroport de Zaventem, le 22 mars 2016.   (CNS photo/Reuters)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2016-03-22 10:46 || Monde Monde

Plusieurs catholiques belges sont sous le choc après les attentats qui ont secoué le pays ce matin. Selon un bilan provisoire, on dénombrerait 20 morts dans le métro de Bruxelles et 14 morts à l’aéroport de Zaventem.

Dans un communiqué, la Conférence épiscopale belge se dit consternée.

«[Les évêques] partagent l’angoisse de milliers de voyageurs et de leurs familles, des professionnels de l’aviation et des équipes de secours une nouvelle fois sur la brèche. Ils confient les victimes à la prière de tous dans cette nouvelle situation dramatique. Les aumôniers de l’aéroport sont quotidiennement au service de tous et apporteront le soutien spirituel nécessaire. Que l’ensemble du pays puisse vivre ces jours en grande responsabilité citoyenne», écrit-elle.

Un prêtre à côté de l'explosion

À Bruxelles, un prêtre raconte s’être retrouvé au cœur de l’attentat du métro.

«En arrivant à la station Malbeek, une déflagration, des vitres tombent sur mes jambes, plus de lumière, la fumée, les cris…» L’abbé Charles Declercq, prêtre de Bruxelles et chroniqueur cinéma pour RCF, se trouvait dans le métro au moment de l’explosion qui a retenti dans la station de métro Maelbeek à Bruxelles ce mardi aux alentours de 9 h 15. 

«J’étais tranquillement en route pour [le visionnement de] presse de Batman vs Superman au Heysel, étant monté dans la première voiture de la rame de métro de toute justesse…», écrit-il sur Facebook.

«Quand, en arrivant à la station Malbeek, une déflagration, des vitres tombent sur mes jambes, plus de lumière, la fumée, les cris… Le chauffeur arrive après deux minutes, avec une lampe et fait sortir les passagers par l’emplacement où il y avait une fenêtre… À terre, des passagers recroquevillés, que l’on discerne à peine. On pourrait écraser des gens dans la fuite…»

Il raconte que dans la station Malbeek, tout était noir et qu’il flottait une fumée bleue. Avec la foule, il finit par se diriger à l’extérieur.

«Dans la cour des gens ensanglantés (mais ce ne sont pas de grands blessés apparemment – ce sont ceux qui ont pu sortir)», observe-t-il.

Il dit avoir mal à la tête et sentir que son ouïe est diminuée en raison du souffle de l’explosion.

Jeunesse ébranlée

Au sud de Bruxelles, Benoit Mathot est consterné. Le jeune théologien est en charge de la pastorale étudiante pour l'enseignement supérieur et universitaire, dans la ville de Mons, où se trouve un campus lié à l’Université catholique de Louvain.

«C'est un choc qui nous a saisi ce matin au réveil. Bien sûr l'émotion est forte, car ce sont des lieux familiers pour toute la population. Tous les belges connaissent ce hall de l'aéroport de Zaventem, ainsi que le quartier où se trouvait la station de métro», raconte-t-il à Présence.

Depuis l’obtention de son doctorat en théologie en 2013 grâce à une cotutelle entre l’Université Laval et à l'Institut protestant de théologie de Montpellier, il travaille beaucoup auprès des étudiants.

«On sent les jeunes qui sont aussi choqués par cette situation. La sensation, après Paris, est qu'on est entré dans quelque chose de durable, et que face à cette barbarie qui frappe aveuglement, nous devons plus que jamais former le vœu de rester unis et tolérants les uns avec les autres, avec lucidité, vigilance, mais aussi avec générosité. Sans quoi, ils auraient vraiment gagné la partie», confie-t-il.

Il ne peut s’empêcher de relever que ces attentats surviennent en pleine Semaine sainte et que le défi du sens face à un tel déploiement de violence aveugle reste entier.

«Je pense que ces événements nous rappellent qu'il ne faut pas passer trop vite sur le samedi saint, sur le temps du silence, de la sidération, et que l'événement de la résurrection trouve là un terreau pour grandir, mais à partir de là et dans la durée», dit-il.

Ce soir, il organise une veillée de prière dans l’église de Villers-Saint-Ghislain. Toute la population est invitée à prendre part à ce rendez-vous hebdomadaire qui sera aujourd’hui teinté par les événements de la journée.

Avec des informations de Cathobel.

 

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