Super Bowl

Foi, charité et un solide plaqué

Le secondeur Luke Kuechly transporte le ballon lors d'un match contre les Seahawks de Seattle le 17 janvier 2016.
Le secondeur Luke Kuechly transporte le ballon lors d'un match contre les Seahawks de Seattle le 17 janvier 2016.   (CNS photo/Bob Donnan-USA TODAY Sports via Reuters)
2016-02-04 13:59 || Monde Monde

Lors du 50e Super Bowl qui opposera dimanche les Panthers de la Caroline aux Broncos de Denver, les yeux seront en partie rivés sur Luke Kuechly, secondeur de ligne de l’équipe de Charlotte (Caroline du Nord). À l’aube de la grand-messe du football américain, le joueur de la NFL se confie sur son parcours professionnel et ses valeurs religieuses. Un rappel qu’au pays de l’Oncle Sam, sport et religion ne sont jamais très éloignés…

«J’ai fréquenté une école primaire catholique, de même qu’une école secondaire et une université jésuites. Évoluer dans ce genre d’environnement vous inculque un certain nombre de valeurs. Les plus importantes étant sans doute le respect et la gentillesse à l’égard d’autrui», disait-il, peu après la séance d’entrainement du 28 janvier.

«Le milieu dont je suis issu a bien sûr joué un rôle dans mon développement. Mais c’est d’abord et avant tout à mes parents que je suis redevable. Ce sont eux qui m’ont appris à devenir une bonne personne. Vous savez, il n’est pas impossible de se frayer un chemin jusqu’au sommet, tout en faisant preuve de respect et de gentillesse à l’égard d’autrui. Ça se fait naturellement. De toute façon, les choses finissent toujours par se mettre en place», dit-il. «Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. C’est un précepte très élémentaire. Pourtant, ça rend la vie tellement plus facile», ajoute le footballeur, évoquant la fameuse Règle d’or commune à tant de traditions religieuses.

Footballeur d’élite et élève des jésuites

Luke Kuechly est un ancien élève de l’école secondaire St. Xavier, un collège catholique pour garçons de Cincinnati, en Ohio. Il est aussi diplômé du Boston College, une autre institution jésuite. Membre de l’équipe de football de cette université, il était reconnu pour sa force de caractère et son opiniâtreté mais aussi pour sa grande gentillesse. Il était, dit-on, le «meilleur gars de toute l’équipe».

C’est à la toute fin de ses études primaires qu’il a commencé à jouer au football, au sein d’un organisme des loisirs destiné aux catholiques de Cincinnati. Son éclosion athlétique a cependant eu lieu lors de ses études secondaires. Il a alors été sélectionné à deux reprises à titre de joueur par excellence d’une ligue sportive catholique américaine (Greater Catholic League).

Une ascension fulgurante

Son ascension s’est poursuivie lorsqu’il jouait pour les Eagles du Boston College, où il été sélectionné à trois reprises à titre de secondeur de ligne d’élite (All-American) du circuit universitaire américain. En 2012, lors de la séance de repêchage de la NFL, il a été repêché au 9e tour.

Couronné recrue défensive de l’année lors de la saison 2012 de la NFL, Luke Kuechly a aussi été sacré joueur défensif de l’année lors de la saison 2013 par les membres de l’Associated Press. Pareil exploit n’est arrivé qu’à deux reprises dans toute l’histoire de la NFL : le dernier joueur défensif à avoir été ainsi doublement honoré fut Lawrence Taylor, en 1981-1982.

Football et charité

Kuechly admet cependant ne pas avoir de dévotion particulière, ni réciter des prières très précises avant le début d’un match.
«La prière se fait en commun, dans le vestiaire», explique-t-il.

Il n’est toutefois pas rare de voir les joueurs des Panthers prier lorsqu’ils sont sur le terrain ou sur les lignes de côté. Les joueurs des Panthers sont surtout reconnus pour les œuvres caritatives qu’ils soutiennent, particulièrement celles destinées aux enfants défavorisés.

C’est d’ailleurs l’un des aspects qui a retenu l’attention des médias américains au cours des jours précédant le match entre les Panthers et les Broncos, alors que l’événement se double d’une rivalité «charitable».

Le phénomène n’est pas nouveau dans le monde sportif nord-américain. Lors de la finale de la coupe Stanley entre les Bruins de Boston et les Canucks de Vancouver en 2011, les deux archevêques s’étaient engagés à faire un don à une œuvre de charité du diocèse du vainqueur.

Cette fois, c’est le directeur des œuvres caritatives du diocèse de Charlotte, Gerry Carter, qui a lancé un défi à son homologue Larry Smith, du diocèse de Denver : amasser la somme de 50 000$ en marge du Super Bowl, lors d’un événement appelé… le Charity Bowl. Le directeur de l’œuvre de charité victorieuse devra organiser une cérémonie au cours de laquelle ses employés lui verseront – à l’instar des entraîneurs gagnants – des boissons énergisantes pour sportifs sur la tête. Le président de l’œuvre caritative perdante devra quant à lui porter le chandail de l’équipe de football rivale, puis prononcer un discours de félicitations célébrant la victoire de l’œuvre caritive victorieuse.

D’après un texte de SueAnn Howell, Catholic News Service
Trad. et adapt. Présence/F. Barriault

 

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