Saguenay

L’intuition d’un agent de pastorale inspire le Festival humanité

André Fortin.
André Fortin.   (Courtoisie)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2015-08-28 16:25 || Québec Québec

À quelques heures de la première édition du Festival humanité qui se déroule du 28 au 30 août à Saguenay, André Fortin est fébrile. Cet événement grand public qu’il a soigneusement pris soin de sortir d’un giron purement catholique est pour lui l’aboutissement d’une réflexion personnelle sur son engagement dans la société. Il promet que dès vendredi, le festival « allumera le feu de la conversation ».

Conférences, art et rencontres sont au cœur de l’événement qui se tient à la Zone portuaire de Chicoutimi. « Le Festival humanité, c’est l’occasion pour chacun, chacune, de repenser son mode de participation à la société. Dans la créativité, le dialogue et le respect, nous pouvons nous rencontrer et nous aider les uns les autres à dépasser nos ornières »,  font valoir les organisateurs.

Pour cette première édition, quelques grands noms seront sur place, dont Serge Mongeau, le « père » de la simplicité volontaire au Québec, Vivian Labrie, la cofondatrice du Collectif pour un Québec sans pauvreté, et Roméo Bouchard, le cofondateur de l’Union paysanne.

Mais derrière ce rassemblement nouveau genre, il y a l’inspiration d’André Fortin.

« Ça vient de mon expérience d’humain et d’agent de pastorale. Je me demandais : comment se fait-il qu’il y ait à ce point une déconnexion entre l’Église et  le monde d’aujourd’hui ? Pourquoi y a-t-il la recherche d’un mouvement vers elle, comme si elle voulait tout attirer, au lieu d’un mouvement de Jésus qui est d’aller vers l’autre ? », se demande l’homme à l’emploi de l’Église catholique de Chicoutimi.

Ses explorations ecclésiales sont restées infructueuses. C’est en discutant de ses aspirations avec un collègue que nait l’idée de sortir des cercles d’Église pour s’adresser à l’ensemble de la population. Au printemps 2014, une présentation à la bibliothèque municipale proposant l’idée d’un festival pour rêver d’un autre monde jette les bases du projet et attire d’autres personnes.

« Ce n’étaient pas des chrétiens. Il y avait un athée et un anarchiste ! Ça a commencé comme ça », explique M. Fortin. Il devenait clair pour lui que l’événement ne pouvait pas être « étiqueté chrétien ».

Alors que plus de personnes se joignaient à l’initiative, le groupe Devenir présent, qui organise officiellement le festival, a été formé. Le mot d’ordre était lancé : mettre l’accent sur notre humanité commune.

« Le Festival humanité se penche sur les impasses de notre temps, y compris les confrontations culturelles, mais surtout sur l’injustice sociale, les préjugés, l'environnement et la domination d'un modèle par et pour les plus forts », précise-t-il.

À 43 ans, André n’hésite pas à qualifier l’aventure de « rêve ».

« C’est la première fois que je me sens véritablement agent de pastorale », confie-t-il, un brin ému.

« J’ai le goût de répondre par l’action à une soif d’humanité de notre monde et de notre société. J’essaye de me présenter comme un artisan d’humanisation, un explorateur de l’intériorité, quelqu’un qui permet aux gens de se trouver des repères intérieurs. »

Évoquant ce qu’il vit ces jours-ci dans le cadre de ses fonctions, il ajoute : « Je n’avais jamais senti ça. Pas comme ça. Avec le Festival humanité, dans ma propre vie, on dirait que j’entre dans ce que je suis vraiment. Je vais vraiment traverser une porte. C’est comme le fruit, tout à coup, de toute ma vie ».

La première édition du Festival humanité débute vendredi à la Zone portuaire de Chicoutimi. L’accès aux activités offertes tout au long de la fin de semaine est gratuit.

 

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