Fort McMurray

La solidarité comme pied de nez au brasier

Carcasses d'une voiture et d'une maison rasées par le feu dans le quartier de Beacon Hill. Fort McMurray, 9 mai 2016.
Carcasses d'une voiture et d'une maison rasées par le feu dans le quartier de Beacon Hill. Fort McMurray, 9 mai 2016.   (CNS photo/Chris Wattie, Reuters)
2016-05-18 19:14 || Canada Canada

Bien que la situation demeure incertaine à Fort McMurray, Jason and Katharine Campbell se réjouissent d’être encore en vie, en compagnie de leurs deux fils, Ryan et Evan.

«Nous préférons faire preuve de gratitude pour ce nous avons, plutôt que de ressasser sans fin les images d’horreur et d’inquiétude qui nous viennent spontanément à l’esprit, en pensant à cette tragédie», disait Katharine Campbell, le 8 mai, en sortant de l’église de la Résurrection d’Edmonton, où une messe venait tout juste d’être célébrée à l’intention des sinistrés de Fort McMurray.

«Tous les soirs, avant de nous coucher, nous prononçons une prière d’action de grâces. Nos deux garçons doivent y réfléchir à deux fois lorsqu’on leur demande de nous dire pourquoi au juste ils sont reconnaissants», dit-elle.

«Ça les aide à mettre les choses en perspective. Ils ne sont pas fâchés de ne pas être à la maison, ni d’ailleurs d’être privés de leurs biens matériels, car ils comprennent à quel point nous avons été chanceux. Et à quel point notre vie est merveilleuse.»

Katharine Campbell est professeure d’anglais à l’école secondaire Holy Trinity de Fort McMurray. Son mari Jason est le directeur adjoint de cette école catholique. Ils font partie d’une importante cohorte d’enseignants et d’élèves évacués de leur école au moment du sinistre. Bon nombre d’entre eux se sont entassés dans l’église de la Résurrection d’Edmonton afin d’assister à la messe de solidarité avec les réfugiés de Fort McMurray, présidée par Mgr Paul Terrio, l’évêque du diocèse de Saint-Paul. Situé au nord-est d’Edmonton, le diocèse de Saint-Paul englobe la région de Fort McMurray. Lorsqu’elle a fui l’école Holy Trinity le 3 mai, la directrice Lucy Moore n’avait en sa possession qu’un ordinateur portable. Elle a aussitôt envoyé des courriels aux parents et aux membres du personnel afin de les aviser de l’évacuation en cours.

La messe des écoliers

Quelques jours auparavant, Lucy Moore a envoyé des courriels à tous ses contacts afin de les inviter à participer à la messe destinée aux sinistrés de Fort McMurray. Elle a également joué un rôle-clé dans l’organisation de cette célébration liturgique.

Personne ne sait encore à quel moment les évacués pourront rentrer dans la ville-phare des sables bitumineux. Lucy Moore espère néanmoins que la messe des finissants et que la cérémonie de collations des grades des élèves de Holy Trinity auront lieu malgré tout, en juin.

Les élans de solidarité

Originaire de l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, la famille Campbell est arrivée à Fort McMurray il y a une dizaine d’années. Les Campbell prévoyaient rentrer chez eux, dans les Maritimes, ne sachant trop à quel moment il leur serait possible de retourner à Fort McMurray.

Ils ont été émus par les élans de solidarité dont ils ont bénéficié de la part de gens de la région. Ayant annoncé sur Facebook leur désir de rentrer en Nouvelle-Écosse afin que leurs enfants n’aient pas à vivre l’expérience de vivre dans des abris de fortune, ils ont été contactés par des agriculteurs de la région de Fort McMurray. «Nous avions été hébergés pendant quelques jours sur leur ferme, peu après notre arrivée dans la région, il y a quinze ans de cela», se souvient Katharine Campbell. «J’ignore comment ils s’y sont pris pour trouver notre numéro de téléphone.»

«Je suis éblouie par la solidarité qui anime les gens de la région», ajoute-t-elle. Elle reçoit un nombre incalculable de messages de soutien de la part de ses collègues de travail mais aussi de ses anciens élèves.

La messe célébrée à l’église de la Résurrection d’Edmonton fut aux yeux des Campbell une occasion de plus de prendre conscience de la solidité et de la solidarité de leur réseau social.

«Ces gens font désormais partie de notre famille. C’est la famille que nous côtoyons au jour le jour», conclut Katharine Campbell.

Glen Argan and Lasha Morningstar, CNS
Trad. et adapt. F. Barriault, pour Présence

 

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