Sainte-Anne-de-Beaupré

La tradition se poursuit pour le plus ancien pèlerinage canadien

Chaque année, le pèlerinage amène plusieurs centaines de personnes à Sainte-Anne-de-Beaupré.
Chaque année, le pèlerinage amène plusieurs centaines de personnes à Sainte-Anne-de-Beaupré.   (Philippe Vaillancourt/Présence)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2015-08-14 08:53 || Canada Canada

La tradition se poursuit pour le plus ancien pèlerinage canadien. Cette année encore, les autobus ont déversé à Sainte-Anne-de-Beaupré plusieurs centaines de pèlerins à l’occasion de la 141e édition du pèlerinage des diocèses d’Ottawa, Gatineau, Mont-Laurier, Alexandria-Cornwall, Pembroke et Kingston.

Quelques années après avoir connu un creux historique en 2004, alors qu’à peine cinq autobus ont fait le trajet depuis Ottawa, l’événement a repris du poil de la bête en parvenant à remplir neuf autobus cette année. Ce ne sont plus les 25 autobus qui se pointaient au tournant de l’an 2000, mais la tradition perdure tout de même pour plus de 400 personnes.

Après une halte au sanctuaire marial de Notre-Dame-du-Cap le samedi, le groupe hétéroclite a pris part aux traditionnelles dévotions à Sainte-Anne-de-Beaupré le dimanche 9 août : chemin de croix, messe et cérémonie d’envoi étaient au programme. Le groupe était accompagné par l’évêque d’Alexandria-Cornwall, Mgr Marcel Damphousse, qui a présidé une messe bilingue dans la basilique en fin de matinée.

Signe de la bonne humeur qui régnait dans la basilique à l’occasion de l’une de ces rares belles journées estivales, le lapsus de Mgr Damphousse, qui a troqué malgré lui la « reine Jézabel » pour la « reine Élizabeth » dans son homélie, a suscité des éclats de rire dans l’assemblée.

« Quand on vit selon le plan de Dieu, Dieu vient à notre secours », a lancé l’évêque, reprenant son sérieux, à l’attention des pèlerins et des paroissiens. Il a dénoncé au passage la culture ambiante qui semble diminuer la valeur de la vie.

Après la messe, un banquet a rassemblé bon nombre de pèlerins au monastère des pères rédemptoristes pour un moment de répit et de détente au cours d’une fin de semaine chargée. Le coordonnateur du pèlerinage, Mike Budge, un homme originaire de Maniwaki qui a vaincu un cancer l’an dernier et qui a participé pour la première fois à ce pèlerinage alors qu’il n’avait que 10 ans, a profité de l’occasion pour adresser de nombreux remerciements ponctués d’humour.

M. Budge tient à ce que la simplicité règne, lui qui est fier de l’histoire du pèlerinage dont il a la charge, mais qui ne veut en aucun cas rendre l’événement plus pompeux qu’il ne le faut. Des chauffeurs d’autobus aux plus jeunes participants, personne n’a été oublié dans les remerciements. Pas même l’évêque, à qui il a demandé s’il ne voulait pas plutôt un morceau de gâteau Reine-Élizabeth en guise de dessert…

« Pour comprendre ce pèlerinage, il faut parler aux gens qui viennent depuis toujours ! », confie-t-il. « Surtout dans les régions à l’extérieur d’Ottawa. Ce sont eux qui invitent les gens à venir », a précisé celui qui passe plusieurs mois à organiser ce voyage annuel.

Au sein du groupe, les moins fortunés se font offrir le voyage par d’autres pèlerins. Francophones et anglophones se relaient pour s’assurer que tous les participants arrivent à suivre les diverses activités et les animations dans les autobus.

Nathalie Soucie, une quarantenaire de Fort-Coulonge, n’a jamais manqué ce rendez-vous en 30 ans. Elle vient toujours en compagnie de sa mère, Sylvia.

« Intérieurement, ça fait du bien. C’est un temps pour moi. Ça me redonne de l’énergie », dit-elle.

En début d’après-midi, le groupe s’est rassemblé pour la cérémonie de départ. On a alors invité les pèlerins à demeurer dans leur « basilique intérieure », même s’ils quittaient celle de Sainte-Anne-de-Beaupré. Puis les autobus ont repris le chemin d’Ottawa, promettant de revenir l’an prochain.

 

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