Montréal

Le curé des itinérants préside la messe de Noël dans la rue

  • L'abbé Claude Paradis a jadis lui-même connu l'itinérance.
  • L'abbé André Labelle, administrateur paroissial à la paroisse Saint-Barthélemy, au moment de la communion.
  • Derrière les abbés André Labelle (gauche) et Claude Paradis se trouvaient des bas de Noël pour les sans-abris venus assister à la messe à la station de métro Place-d'Armes.
Yves Casgrain | Journaliste
Journaliste
2016-12-24 18:07 || Québec Québec

Au milieu des pigeons, des passants et des sirènes des camions de pompiers, une centaine de Montréalais se sont donnés rendez-vous devant le métro Place-d’Armes, dans le Vieux-Montréal, pour participer à la messe de Noël offerte aux itinérants de la ville. Un repas chaud et des bas de Noël attendaient les sans-abris venus assister à l’eucharistie.

«Nous sommes ici afin de prier pour les itinérants», a rappelé l’initiateur de cet événement eucharistique, l’abbé Claude Paradis, en ce 24 décembre. Fondateur de l’organisme Notre-Dame-de-la-rue, l’abbé Paradis œuvre à plein temps auprès des sans-abris de Montréal. Aidé de plusieurs bénévoles, il arpente les rues du centre-ville afin de leur apporter du soutien et du réconfort. Des dons permettent à son équipe de distribuer des victuailles et des vêtements à ceux qui en demandent.

L’eucharistie a été concélébrée par le curé André Labelle, de la paroisse Saint-Barthélemy, ainsi que par le père Reegan Soosai, de la paroisse Notre-Dame-de-Guadelupe.

Dans son homélie, le père Labelle a remercié les itinérants. «Je vais dans la rue avec l’abbé Paradis. Les gens de la rue remplissent mon cœur!» Il a également fait le parallèle entre les sans-abris et le Christ né dans une crèche. «Jésus, Marie et Joseph n’avaient pas de place pour eux. On ne savait pas où les mettre. Ceux à qui nous annonçons la Bonne Nouvelle en premier cette année vivent eux-mêmes avec ce refus. Souvent, nous n’osons pas les regarder. Ils nous dérangent. Nous n’avons pas de place pour eux dans notre vie.»

En entrevue, le curé André Labelle a souligné qu’il est conscient du bien qu’il peut faire aux itinérants, mais précise que se sont eux qui lui apportent le plus.

À la fin de l’eucharistie, le père Reegan Soosai a confié à Présence qu’il a décidé de participer à cette messe afin de répondre à l’appel du pape François. «Il invite l’Église à sortir vers les périphéries. Il rêve d’une Église pauvre pour les pauvres. Il veut qu’elle puisse aller à la rencontre des autres afin de susciter un vrai dialogue.»

Originaire de l’Inde le père Reegan Soosai, membre de la Congrégation des missionnaires clarétains, n’est pas étranger à la présence de la pauvreté dans la métropole québécoise. «Il m’arrive souvent de me disputer avec Dieu sur ma présence à Montréal», avoue-t-il dans un éclat de rire. «Le Seigneur m’a montré qu’ici il y a une pauvreté matérielle, mais également spirituelle. Je suis donc là pour partager les joies et les peines de ceux qui souffrent.»

Parmi les participants Présence a rencontré André Vallée du diocèse de Montréal qui s’est senti interpellé par les reportages sur l’œuvre du père Paradis. «J’ai beaucoup aimé l’eucharistie. C’était un moment d’une grande fraternité. À mon avis, l’ambiance était plus fraternelle qu’en paroisse.» M. Vallée songe même à intégrer l’équipe des bénévoles de Notre-Dame-de-la-rue.

Une distribution de cadeaux de Noël, fruits des dons envoyés par de nombreux Montréalais touchés par l’œuvre du père Paradis, a conclu cette messe dans la rue.

 

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