Attentats de Paris

Son ami gravement blessé au Bataclan: «il faut croire en la force de la prière»

Photo du Bataclan prise le 16 novembre 2015.
Photo du Bataclan prise le 16 novembre 2015.   (CNS/Paul Haring)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2015-11-17 14:41 || Monde Monde

Tout ce que peut faire Claire Bourjade, c’est de prier. François, un jeune homme qu’elle connait depuis qu’il est garçon, fait partie des victimes de l’attentat au Bataclan perpétré vendredi soir à Paris.

La vie de François ne tient qu’à un fil. Comme tant d’hommes et de femmes ce soir-là, il s’est effondré au sol, victime d’une violence aveugle. Depuis vendredi, il a déjà subi plusieurs chirurgies. Une balle lui a pénétré le corps au niveau de l’abdomen avant de ressortir par le dos, manquant de peu son foie et sa colonne vertébrale. Mais son bassin est en miettes. On l’a plongé dans un coma artificiel.

Claire, âgée de 59 ans, habite un village à proximité de Toulouse, à plus de 500 km au sud de Paris. Elle y travaille comme infirmière. C’est en regardant un match de soccer à la télévision avec son conjoint vendredi soir qu’elle a appris ce qui se passait dans la capitale.

«La peur de ce qui est en train de se passer et qui me dépassait était là, avec un sentiment de grande tristesse», indique-t-elle.

Terrible nouvelle

Elle a su pour François samedi matin, quand l’une de ses bonnes amies lui a téléphoné pour lui annoncer que son fils dans la jeune trentaine faisait partie des blessés. Claire, qui le connait depuis qu’il a 10 ans, le décrit comme un homme «calme». Il est lui aussi originaire du sud de la France, mais a dû déménager à Paris pour le travail. Claire évite de donner trop de détails sur sa vie, par respect pour lui et ses proches.

«Je crois que la mort est proche de lui mais il se peut – la  foi aidant – qu'il s'en sorte. J'espère malgré tout», confie-t-elle.

Sur Facebook, elle invite ses amis et connaissances à prier pour lui. «Il faut croire en la force de la prière, écrit-elle. Il lutte pour survivre.»

Claire a déjà habité à Paris, au début de la vingtaine. Elle vivait avec d’autres jeunes femmes qu’elle connaissait par le mouvement des Focolari. Elle estime que la vie a bien changé à Paris et que les jeunes sortent davantage aujourd’hui qu’elle ne pouvait se le permettre à l’époque.

Vendredi soir, plusieurs victimes étaient justement des jeunes sortis pour la soirée, après une semaine de travail ou d’étude.

«La foi et la vie sont plus fortes que tout. Si nous en avons la force, nous devons répondre par l'amour et la paix», dit-elle. Malgré la crainte et le renforcement des mesures de sécurité, elle n’a pas l’intention de se terrer chez elle. «Liberté, égalité, fraternité plus que jamais!», ajoute-t-elle.

Malgré les doutes

Claire Bourjade vient d’une famille nombreuse très catholique, où l’entraide était très importante. Après avoir vécu une situation de violence conjugale, elle est aujourd’hui divorcée et vit avec un autre homme. Malgré les aléas de la vie, la foi conserve son importance pour elle.

«Parfois je doute, mais la foi m’aide à voir des choses avec plus de paix et d’espoir.» Selon elle, les auteurs des attentats de Paris ont sans doute «été privés de beaucoup d’amour pour en arriver à décider de telles choses».

 

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