République dominicaine

Un organisme canadien déplore le sort réservé aux travailleurs haïtiens

« Rep dom » par Paname-IV — Travail personnel
« Rep dom » par Paname-IV — Travail personnel   (Sous licence CC BY 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rep_dom.jpg#/media/File:Rep_dom.jpg)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2015-12-14 07:15 || Canada Canada

Cabarete, Punta Cana, Puerto Plata. Bon nombre de Canadiens reconnaissent ces noms. En 2013, ils étaient quelque 600 000 à se rendre en République dominicaine. Au dos des cartes postales envoyées au Canada, ils ont certainement évoqué l'éclat du sable blanc et le plaisir de se reposer au soleil.

Mais une autre histoire, bien moyen idyllique, se cache derrière les plages de la République dominicaine. Un organisme canadien dénonce les expulsions de nombreux travailleurs haïtiens par les autorités de la République dominicaine.

«Depuis le 17 juin 2015, le gouvernement dominicain dit avoir déporté 80 000 personnes à la frontière haïtienne», déplore l'organisme Concertation pour Haïti, qui regroupe notamment le Centre justice et foi, Développement et Paix, l'Église Unie du Canada et L’Entraide missionnaire.

«Près du tiers d'entre elles vivent dans des camps improvisés, sous des abris de carton et sans aucune installation sanitaire», s'inquiète ce regroupement d'organismes préoccupés par la situation en Haïti, pays voisin de la République dominicaine.

On rappelle qu'un demi-million de travailleurs étrangers vivent en République dominicaine. Sur ce nombre, 85% sont originaires d'Haïti et bon nombre travaillent dans les champs de canne à sucre.

Mais «ils sont systématiquement discriminés par des patrons et par des autorités racistes, considérés comme des citoyens de seconde classe, alors que leur travail est indispensable à l'économie du pays», dénonce Concertation pour Haïti.

Nationalité refusée

Le gouvernement de la République dominicaine a multiplié les lois et les règlements pour limiter l’immigration haïtienne et restreindre l’obtention de la nationalité  dominicaine. En 2013, les autorités ont même statué que «les enfants nés dans le pays de parents étrangers en transit n'ont pas la nationalité dominicaine».

«La presque totalité des travailleurs étrangers et leurs enfants se voient refuser la nationalité dominicaine. Ils deviennent des apatrides, des sujets sans aucun droit et d'une grande vulnérabilité», ajoutent les groupes signataires qui souhaitent que le Canada intervienne auprès du gouvernement de la République dominicaine.

Deuxième source de touristes en République dominicaine, le Canada maintient de bonnes relations avec ce pays. Il a récemment signé un accord de coopération afin de venir rapidement en aide aux citoyens canadiens qui se trouvent en République dominicaine et qui seraient en difficulté.

 

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