Gisèle Turcot

Un doctorat honorifique pour une religieuse féministe

Actuelle supérieure de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil, une congrégation religieuse voué à l'action sociale et fondée par Marie Gérin-Lajoie (1890-1971), Gisèle Turcot fait partie des «onze personnalités d'exception» qui seront honorées ultérieurement par l'Université Laval.
Actuelle supérieure de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil, une congrégation religieuse voué à l'action sociale et fondée par Marie Gérin-Lajoie (1890-1971), Gisèle Turcot fait partie des «onze personnalités d'exception» qui seront honorées ultérieurement par l'Université Laval.   (Courtoisie/ALTINOA photographie)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-06-09 16:27 || Québec Québec

Membre fondatrice du réseau Femmes et Ministères, ancienne présidente de la Conférence religieuse canadienne, rédactrice en chef puis directrice de l'influente revue Relations (1986 à 1993) et la seule femme à avoir exercé, à ce jour, la fonction de secrétaire générale de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec, la religieuse Gisèle Turcot reçoit un doctorat honoris causa en sciences des religions.

Actuelle supérieure de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil, une congrégation religieuse voué à l'action sociale et fondée par Marie Gérin-Lajoie (1890-1971), Gisèle Turcot fait partie des «onze personnalités d'exception» qui seront honorées ultérieurement par l'Université Laval.

Parmi les autres récipiendaires, on trouve l'ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard, l'artiste lyrique Marie-Nicole Lemieux et l'avocat Romeo Saganash, député de la circonscription électorale d'Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou de 2011 à 2019.

Gisèle Turcot accepte cet hommage avec humilité. Elle souhaite que l'honneur qu'on lui décerne rejaillisse sur les causes et les associations qui lui sont chères. «On met en relief le travail effectué pour la promotion des femmes en Église», dit la religieuse connue pour ses engagements féministes. «C'est aussi une reconnaissance pour toute ma communauté qui, avec Marie Gérin-Lajoie, a su lier la justice, la charité et la formation en travail social.»

«C'est sympathique de recevoir une telle reconnaissance à 81 ans. Oui, c'est mon premier doctorat honoris causa à vie», précise-t-elle. «Et c'est sans doute mon dernier», lance-t-elle ensuite dans un éclat de rire. En avril 2019, Gisèle Turcot  a reçu la médaille du lieutenant-gouverneur du Québec pour son engagement soutenu au niveau social et communautaire.

En examinant la liste de toutes les personnalités qui ont obtenu, depuis 150 ans, des doctorats honoris causa de l'Université Laval, on découvre que la religieuse est la toute première femme à en obtenir un dans les domaines de la théologie ou des sciences des religions.

Mgr George Conroy fut, en 1878, le tout premier récipiendaire d'un doctorat honoris causa en théologie. Cet évêque irlandais a été nommé par le pape Pie IX, pour un bref moment, délégué apostolique au Canada. Envoyé en mission spéciale, il avait le mandat de régler les querelles qui existaient entre les évêques canadiens «tant au sujet de la question politique qu’au sujet d’autres questions», dont le statut de l’Université Laval, selon l'historien Nive Voisine.

«Gisèle Turcot a fait partie de l'équipe fondatrice de Femmes et Ministères», rappelle Pauline Jacob, responsable du site Web de ce réseau. Il y a près de 40 ans, «c'est elle qui a eu l'idée de rassembler quelques femmes autour de la question des femmes en Église. De cette première rencontre a germé l'idée de la formation d'un réseau qui est devenu Femmes et Ministères.»

Ce doctorat, c'est d'abord une «belle reconnaissance pour Gisèle», ajoute Pauline Jacob. Cela met aussi en lumière «toutes celles qui ont œuvré et continuent de travailler pour que le dossier de la pleine égalité des femmes et hommes en Église débloque», dit-elle.

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