Rencontre mondiale des mouvements populaires

Un groupe boudé par Développement et Paix invité par le Vatican

Un organisme dont la Caritas canadienne Développement et Paix a suspendu le financement - le Mouvement des travailleurs sans-terre (MST) du Brésil - était l'un des conférenciers invités à la Rencontre mondiale des mouvements populaires, une initiative du Vatican, ce samedi 24 octobre 2020.
Un organisme dont la Caritas canadienne Développement et Paix a suspendu le financement - le Mouvement des travailleurs sans-terre (MST) du Brésil - était l'un des conférenciers invités à la Rencontre mondiale des mouvements populaires, une initiative du Vatican, ce samedi 24 octobre 2020.   (CNS photo/Guglielmo Mangiapane, Reuters)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2020-10-26 08:20 || Vatican Vatican

Un organisme dont la Caritas canadienne Développement et Paix a suspendu le financement - le Mouvement des travailleurs sans-terre (MST) du Brésil - était l'un des conférenciers invités à la Rencontre mondiale des mouvements populaires, une initiative du Vatican, ce samedi 24 octobre 2020.

«Il faudrait demander au Vatican ou au MST de commenter», a répondu Romain Duguay, directeur général adjoint de Développement et Paix, refusant de dire pourquoi l'organisme semblant jouir des bonnes grâces de Rome continue d'être boudé par la Caritas canadienne.

Il y a six ans, Développement et Paix s'était pourtant réjoui de constater que parmi les invités du pape François à la toute première Rencontre mondiale des mouvements populaires tenue au Vatican, il y avait plusieurs représentants de ses partenaires dont Joao Pedro Stedile, le coordonnateur national du Mouvement des travailleurs sans-terre (MST) du Brésil.

Samedi, cette rencontre internationale a été tenue de façon virtuelle. Elle était animée par le cardinal canadien Michael Czerny, du dicastère pour le service du développement humain intégral. De nouveau invité, l'économiste Joao Pedro Stedile y a prononcé une conférence sur les revendications pour l'accès à la terre au lendemain de la pandémie.

Si Développement et Paix n'a pas émis de communiqué de presse cette fois, c'est que le MST fait partie de ces 52 partenaires que l'organisme ne finance plus tant que «toutes les questions concernant leur acceptabilité n'aient été résolues».

Un membre du personnel de Développement et Paix, qui n'est pas autorisé à parler aux médias, estime que cette situation est franchement gênante. «Le Vatican choisit à répétition de travailler avec des groupes qu'on ne peut, nous, appuyer.»

Une enquête qui arrive à terme

Une analyse du site Web du MST, faite par des membres du personnel de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), avait conclu, en 2018, que «le MST appuie la légalisation de l'avortement (legal, publicly-offered abortion) ainsi que d'autres éléments contraires à l'enseignement social de l'Église catholique». Ces soupçons ont déclenché un examen de tous les partenaires de Développement et Paix, un processus qui arrivera bientôt à terme.

«Dès que les membres du conseil national et les membres de Développement et Paix à travers le pays auront eu la chance d’être bien informés et au fait des conclusions» de cet examen, assure Romain Duguay, il pourra répondre aux questions des médias.

Les membres du conseil national doivent recevoir ce rapport à la fin du mois de novembre.

Avant de révéler si le partenariat avec le MST du Brésil sera aboli ou reconduit, Développement et Paix devra «attendre les discussions et les décisions qui seront prises» par le conseil national, indique le directeur général adjoint de l'organisme.

La CECC, qui a participé à la rédaction du rapport final sur les 52 partenaires de Développement et Paix, n'a pas commenté la participation du MST à la Rencontre mondiale des mouvements populaires.

***

 

 

du même auteur

L'ancien président de Développement et Paix, Jean-Denis Lampron, estime que l'organisme a manqué de transparence dans le processus de révision de ses partenaires.
2021-02-26 10:49 || Canada Canada

«Cela ne tient pas la route», disent deux ex-dirigeants de Développement et Paix

Développement et Paix ne conservera des liens de partenariats qu'avec le tiers des organismes qui ont été soupçonnés, depuis mars 2018, de ne pas respecter l'enseignement social et moral de l'Église catholique, ont annoncé l'organisme et les évêques canadiens le 25 février.
2021-02-25 18:18 || Canada Canada

Développement et Paix expurge près de 40% des partenaires examinés

Alors que débute sa campagne de financement annuelle, Développement et Paix refuse de rendre public le rapport final de l'enquête qu'il a menée, durant trois années, sur le quart de ses partenaires.
2021-02-23 16:11 || Canada Canada

Révision des partenaires de Développement et Paix: le rapport restera confidentiel

articles récents

Beate Gilles, une théologienne de 50 ans, devient la première femme à diriger le secrétariat des évêques. Son mandat débutera le 1er juillet 2021. Son élection survient alors que l'Église allemande est à nouveau plongée dans la tourmente sur la question des abus sexuels.
2021-02-26 16:33 || Monde Monde

Une femme élue secrétaire générale des évêques allemands

L'ancien président de Développement et Paix, Jean-Denis Lampron, estime que l'organisme a manqué de transparence dans le processus de révision de ses partenaires.
2021-02-26 10:49 || Canada Canada

«Cela ne tient pas la route», disent deux ex-dirigeants de Développement et Paix

Développement et Paix ne conservera des liens de partenariats qu'avec le tiers des organismes qui ont été soupçonnés, depuis mars 2018, de ne pas respecter l'enseignement social et moral de l'Église catholique, ont annoncé l'organisme et les évêques canadiens le 25 février.
2021-02-25 18:18 || Canada Canada

Développement et Paix expurge près de 40% des partenaires examinés