Samedi et dimanche

Vente d'objets appartenant aux Sœurs de Sainte-Anne

La religieuse Lucille Côté, une des responsables de la vente de samedi et de dimanche à la maison mère des Sœurs de Sainte-Anne.
La religieuse Lucille Côté, une des responsables de la vente de samedi et de dimanche à la maison mère des Sœurs de Sainte-Anne.   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2019-05-16 19:55 || Québec Québec

Les Sœurs de Sainte-Anne tiennent une vente de petits objets les 18 et 19 mai au sous-sol de leur maison mère, rue Provost, à Lachine.

Dans deux ans, les religieuses quitteront cet édifice, dont la plus ancienne section date de 1906, afin d'emménager dans un nouveau pavillon qui sera construit sur le terrain actuel de la congrégation. Mais pas question pour elles de déménager ces milliers d'objets qui seront mis en vente en fin de semaine.

«Je ne sais pas combien mais on a certainement rapatrié plus de 5000 objets qui se trouvaient dans l'aile centrale de la maison mère», explique Madeleine Gaudet, une des religieuses responsables de regrouper et de mettre un prix sur toutes les pièces déposées dans cette salle du sous-sol et dans le corridor qui y mène.

«C'est tout ce qu'on a accumulé au fin des années. Des maisons ont fermé, des écoles aussi», explique la religieuse, une des trois coprovinciales des Sœurs de Sainte-Anne du Québec.

Lorsqu'elles fermaient ces institutions, les biens qui s'y trouvaient étaient habituellement expédiés à Lachine.

«On ne pensait pas qu'on aurait autant d'objets à offrir au public. Tant mieux si tout cela peut servir encore.»

Promenant son regard sur les différentes tables bien alignées de la salle de vente, sœur Gaudet dit que les acheteurs pourront se procurer des pièces «de tous les prix, mais souvent à très bas prix». Ses consœurs et elle ont regroupé tables, chaises, pots de fleurs, statues, crucifix, chandeliers, fers à repasser, vaisselle et ustensiles de cuisine.

«Quand on quittera la maison mère pour notre prochaine demeure, c'est certain qu'on devra se départir d'autres objets», lance-t-elle. On tiendra une autre vente-débarras, sans doute dans deux ans. Mais elle précise que le mois prochain, d'autres pièces plus rares, plus imposantes ou de plus grande valeur seront offertes à l'encan, «en ligne et auprès d'un encanteur».

Détachement et émotions

Ce qui attriste sœur Madeleine Gaudet, ce n'est pas de se départir de tous ces objets. Mais elle est émue à l'idée de quitter bientôt la maison mère de la congrégation.

«Ici, c'est la maison de toutes les sœurs. C'est ici qu'on revient pour nos retraites, pour fêter. C'est ici aussi qu'on a reçu nos obédiences.» Et c'est à la maison mère qu'elle a étudié puis prononcé ses vœux il y a 64 ans, dit-elle, émue.

«Toutes les sœurs ont le sentiment d'un départ. Celles qui ont œuvré toute leur vie dans cette maison sont particulièrement affectées par ce changement.»

La religieuse Lucille Côté, qui est aussi responsable de la vente de samedi et de dimanche, avoue que la cession de la maison mère «lui fait mal».

«La maison mère, c'est notre chez- nous. Quand on est malade, on va à notre infirmerie. Quand on a besoin de matériel, on s'informe ici pour savoir si c'est disponible», dit celle qui est responsable du patrimoine de la maison mère des Sœurs de Sainte-Anne et qui veille sur les archives de la congrégation.

«D'un autre côté, je me dis que je ne suis pas sur la terre pour y demeurer. Je vois disparaître les miens. Moi aussi, je vais disparaître. Et quand on part, on laisse tout. Que va-t-il me rester à la fin? C'est l'amour. Et ça, il faut y penser régulièrement», dit sœur Côté.

«On s'attache au matériel, on s'attache à ce qu'on avait dans notre maison mère, les grands espaces, les belles célébrations qu'on a vécues ici, les événements heureux et malheureux qui y sont arrivés», lance-t-elle.

Toutes les religieuses vivent un grand moment de détachement. «Ce ne sera plus la même chose. Ce sera différent, bien sûr. Mais quand on y pense, c'est la même situation qu'affrontent aussi les gens de nos familles.»

La fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne, la bienheureuse Marie-Anne Blondin (1809-1890) aurait-elle approuvé que la congrégation se départisse de sa maison mère? Que le bâtiment historique soit transformé, après la construction de la nouvelle résidence des religieuses, en logements accessibles à la population de Lachine?

«Il me semble qu'Esther Blondin doit être très heureuse de la décision prise par nos autorités, que ça se termine comme cela», répond sœur Côté. «Elle doit être tellement heureuse que cela pourrait bien la conduire à sa canonisation.»

La congrégation compte un peu plus de 300 religieuses au Canada, aux États-Unis et en Haïti. Au Québec, il y a 189 sœurs de Sainte-Anne. La grande majorité vit à Lachine. L'infirmerie de la maison mère, qui sera aussi aménagée dans la nouvelle résidence, accueille actuellement 90 religieuses.

La vente se tiendra le samedi 18 mai et le dimanche 19 mai, de 9 h à 16 h. au 1950, rue Provost à Lachine. Les chèques ne seront pas acceptés mais les acheteurs pourront payer avec une carte de crédit ou de débit.

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