Hockey

Wojtek Wolski, l'olympien porté par sa foi

Wojtek Wolski fait partie de l'équipe canadienne de hockey aux Jeux olympiques d'hiver, en Corée du Sud.
Wojtek Wolski fait partie de l'équipe canadienne de hockey aux Jeux olympiques d'hiver, en Corée du Sud.   (CNS photo/courtesy Martin Cloutier)
2018-02-13 11:23 || Canada Canada

Ancien espoir incontournable du St. Michael's College de Toronto, Wojtek Wolski a connu des hauts et des bas, y compris une récente blessure qui aurait pu mettre fin à sa carrière. Maintenant, voilà qu'il représente le Canada aux Jeux olympiques d'hiver.

Chaque étape a été un défi physique et émotionnel pour l'aile gauche de 31 ans d'Etobicoke, en Ontario, et il remercie ses parents, Zofia et Wes, ainsi que sa foi catholique pour sa persévérance.

«La seule fois où vous échouez, c'est quand vous quittez», a déclaré Wolski, qui fait partie de l’équipe masculine de hockey qui entamera son tournoi olympique le 15 février contre la Suisse, à Pyeongchang, en Corée du Sud.

«Certaines des personnes qui ont le plus réussi dans la vie [...] étaient des gens qui persistaient et qui continuaient. Je crois que ma famille, et ma foi sont ce qui m'a permis de continuer.» Wolski aime lire au sujet des gens qui réussissent et sur ce qui les motive. Il lit un peu tous les soirs. Puis il prie avant de s’endormir.

Il y a seize mois, cependant, il a vécu un véritable cauchemar. Il s'est cassé le cou à deux endroits et a subi une commotion cérébrale au 19e match de sa saison en Russie.

Parcours sinueux

Wolski a joué pour cinq équipes de la LNH en trois ans après avoir été échangé quatre fois – de l'Avalanche du Colorado aux Coyotes de l'Arizona aux Rangers de New York aux Panthers de la Floride – puis de signer avec les Capitals de Washington pour son dernier séjour dans la Ligue nationale de hockey. « J'avais marqué 23 buts [en 2009-10] dans une saison partagée entre le Colorado et les Coyotes», a déclaré Wolski. «J'étais excité, c'était ma meilleure saison, mais l'année suivante j'ai commencé à avoir des problèmes d'aine et un mauvais dos.»

«J'étais fiancé, mais ça s'est effondré aussi, quand je me suis promené avec tous les échanges, je voulais arrêter, j'étais déprimé. J'ai commencé à voir un psychiatre.»

«Mon père m’a convaincu de ne pas lâcher. Il m’a dit: ‘pourquoi abandonnerais-tu quelque chose que tu aimes autant?’»

Heureux en Russie

Wolski a retrouvé son amour pour le hockey en Russie. Il a signé un contrat de deux ans pour jouer au Torpedo Nijni Novgorod de la Kontinental Hockey League en 2013. Il pensait que ce serait son dernier contrat au hockey. Mais il a retrouvé ses repères. Il a si bien joué, que l'une des meilleures équipes de Russie, le Metallurg Magnitogorsk, a attiré Wolski et il a aidé l'équipe à remporter la Coupe Gagarine en 2015-16.

«D'une certaine façon, j'ai commencé à bien jouer, j'aime encore le jeu», a déclaré Wolski. Il a fondé une famille en jouant en Russie et a maintenant deux enfants, Weston, âgé de deux ans, et Lennon, âgé de 11 mois, avec son épouse canadienne, Jesse. «Je pense que c'est parce que j'avais tellement de temps seul en Russie que j'ai commencé à travailler sur moi-même en tant que personne, et cela semblait être en accord avec moi, j'ai trouvé le bonheur», a-t-il dit.

De la Pologne au Canada

Wolski est né à Zabrze en Pologne en 1986. À l'âge de 1 ans, ses parents ont fui le pays communiste avec lui et son frère Kordian, alors âgé de 6 ans. Ils sont arrivés en Allemagne de l’Ouest dans un camp de réfugiés et l'Église catholique les a aidés à se rendre au Canada où ils avaient de la famille.

Wolski suivait son frère sur une patinoire extérieure de leur quartier de Toronto, mais en avait assez de devoir porter les patins usagés de Kordian. Ainsi, avec l'argent reçu pour sa première communion, il s'est rendu dans un magasin d'articles de sport usagés pour acheter une paire de patins d'occasion.

«Ces patins sont toujours accrochés à un mur dans la maison de mes parents», a déclaré Wolski.

Il s'est développé rapidement et a joué au hockey junior de niveau B au St. Michael's College de Toronto. «Nous avions une messe de 15 minutes à l'heure du midi à St. Mike's», a-t-il dit. «Les jours de match, je m’y rendais avec un coéquipier et je faisais une prière.»

Une blessure grave

En Russie, à l'automne 2016, tout semblait bien aller pour lui, tant sur la glace que dans sa vie privée. Mais le 16 octobre, un accident a tout mis en péril.

Son équipe était en avantage numérique en troisième période. Wolski a glissé la rondelle à son coéquipier Chris Lee, qui fait aussi partie de l'équipe olympique canadienne.

«C'était un jeu tellement bizarre parce qu'il allait de travers», se souvient Lee. «Un adversaire est tombé sur lui et ils ont glissé dans la bande», a expliqué Lee. Wolski se souvient de tout de cet incident. Il se souvient avoir pensé qu'il était paralysé, mais après «30 à 40 secondes», il pouvait bouger ses bras et ses jambes. Il se souvient d'avoir plaisanté avec l'entraîneur dans l'ambulance à l'hôpital. Il se souvient de ne pas avoir été suffisamment attaché et de sentir toutes les bosses le long du chemin, en particulier sur les voies ferrées. La saison de Wolski était terminée.

Avec l'aide de l'entraîneur Matt Nichol, de Toronto, Wolski a retrouvé la forme et s'est mérité une place dans l'alignement olympique canadien. «Wojtek est une personne formidable», a déclaré Mike Pelino, entraîneur adjoint du Metallurg Magnitogorsk. «Il mérite vraiment de représenter le Canada, et il rendra les partisans canadiens fiers de ses efforts et de la passion avec laquelle il joue. Je suis très heureux qu'il ait eu cette chance, et d'autant plus qu'il ait pu revenir au jeu après un incident aussi horrible», a-t-il déclaré. «Je dois avouer que j’étais retourné parce que je savais que c'était quelque chose de sérieux. Dès ce moment, Wojtek a eu une attitude positive et optimiste et j'étais confiant que, si Dieu le veut, il reviendra meilleur que jamais.»

Wolski dit que la persévérance est la clé pour Équipe Canada. «Nous sommes une bande de gars qui n'ont jamais baissé les bras, nous avons tous trouvé un moyen de poursuivre notre carrière, car nous n’avons jamais baissé les bras», a-t-il dit.

Tim Warnsby

 

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