«Le peuple de Syrie vit dans des conditions indignes et sans confiance, que ce soit les uns envers les autres ou à l’égard du gouvernement et de la communauté internationale» a expliqué Mgr Jacques Mourad, archevêque syriaque-catholique de Homs, lors d’une conférence de presse en ligne organisée par l’organisme Aide à l’Église en détresse (AED).
S’exprimant depuis la Syrie, le prélat a reconnu que la chute du président Bachar el-Assad et la prise du pouvoir par Ahmed al-Charaa a redonné de l’espérance aux Syriens. Toutefois, la présence de miliciens salafistes et lourdement armés inquiète beaucoup de gens.
«Pour le peuple syrien, c’est étranger à ses habitudes et à ses traditions, il n’a jamais été confronté à une forme aussi rigide de l’Islam, et cela crée un certain malaise social», dit l’archevêque.
En 2015, Jacques Mourad, alors un moine vivant au monastère syrien de Mar Elian, a été capturé et retenu comme otage par le groupe État islamique.
L’archevêque rappelle que les sanctions internationales contre son pays «ont eu un effet terrible sur la population syrienne».
«Après le changement de régime, de nombreuses personnes ont perdu leur travail et n’ont maintenant aucun moyen de subsistance. Chaque jour, des personnes viennent me demander de l’argent pour acheter du pain. Voilà où nous en sommes arrivés. La majorité des gens n’ont pas assez pour payer leur chauffage. C’est devenu trop cher.»
L’archevêque Mourad espère qu’avec la levée des sanctions, annoncée notamment par les États-Unis et l’Union européenne, «il y aura alors du travail, la possibilité de changer et d’améliorer les conditions de vie, des opportunités, et nous espérons que les gens recommenceront à toucher leur salaire».
La trahison des jésuites
Rédacteur en chef de Relations de 2005 à 2019, Jean-Claude Ravet commente la mise à pied «brutale et insensée» du personnel de cette revue octogénaire ainsi que du Centre justice et foi, puis la fermeture définitive de ces deux institutions moins d’un an plus tard et «de manière sournoise».

Dans La trahison des jésuites, un texte qui paraît dans le dernier numéro de la revue Nouveaux Cahiers du socialisme, le poète et essayiste Jean-Claude Ravet reproche aux responsables de la nouvelle province jésuite (qui unit depuis 2018 les provinces jésuites francophone et anglophone du Canada) d’avoir fait le choix, «à leur plus grande honte», de se désolidariser «du legs de leurs confrères francophones», devenus minoritaires au sein des Jésuites du Canada.
«Cette province recomposée ne se reconnaissait pas dans les deux institutions québécoises qu’étaient le Centre justice et foi et Relations, trop séculières et trop à gauche au goût des nouvelles autorités», écrit-il.
Après avoir utilisé des méthodes dignes d’un «capitalisme sauvage», les autorités jésuites, en muselant les voix de Relations et du Centre justice et foi, ont créé un «inconcevable gâchis» qui ne fera qu’appauvrir et fragiliser la société québécoise «en la privant d’espaces essentiels d’analyse et de réflexion qui permettaient un regard unique en son genre sur les grands enjeux de la société».
«L’absence de tels lieux de réflexion se fait d’ailleurs amèrement sentir alors qu’un vent fasciste, au remugle nauséeux, souffle des États-Unis et d’Europe, et que l’Église est tentée par un repli identitaire et le confort douillet d’une spiritualité désincarnée», déplore aujourd’hui Jean-Claude Ravet.
Changement d’identité
L’assemblée générale annuelle de la Mutuelle d’assurance en Église vient officialiser le changement d’appellation de l’entreprise. Cet assureur fait dorénavant affaires sous le nom de Citelle Mutuelle d’assurance.
«La Mutuelle change d’identité, mais tout contrat d’assurance émis par la Compagnie mutuelle d’assurance en Église demeure en vigueur sans autre formalité. Il en va de même pour toute entente signée avant le changement de nom», ont expliqué les responsables le 29 mai 2025 aux plus de 700 organismes des domaines religieux et de bienfaisance qui ont souscrit des assurances auprès de cet assureur.
Le plus récent rapport annuel de la Mutuelle d’assurance en Église (le dernier sous cette appellation) indique que 518 fabriques paroissiales, 29 institutions catholiques, 92 institutions d’autres confessions religieuses et 64 organismes à but non lucratif en sont membres.
Ce même rapport annuel n’identifie pas précisément les sommes qui ont été versées ou qui seront déboursées en raison des différentes actions collectives menées contre des diocèses catholiques et des communautés religieuses qui seraient membre de Citelle Mutuelle d’assurance.
Concernant les deux actions collectives qui ont récemment fait l’objet d’une entente (diocèses de Saint-Jean-Longueuil et Saint-Hyacinthe), le directeur général de Citelle Mutuelle d’assurance confirme néanmoins que «nous sommes sur le dossier comme assureur».
Voir: Présence, Deux diocèses verseront 15 M$ à des victimes d’agressions sexuelles, 22 mai 2025.
L’assureur versera-il la totalité ou une partie des sommes qui seront remises aux réclamants? «Les proportions restent à déterminer», confie François Dufault. «Dans le contexte actuel, c’est tout ce que nous pouvons dire».
Intégration des personnes réfugiées au Québec
À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés (20 juin), la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) lance une campagne de sensibilisation numérique intitulée Au Québec, on prend soin de notre monde.

La TCRI déplore qu’au Québec, «les récits de migration sont trop souvent associés à des discours de crise ou de menace».
Cette campagne de sensibilisation, menée sur les réseaux sociaux, veut plutôt «mettre en lumière le rôle essentiel de la solidarité collective dans l’accueil, l’intégration et l’accompagnement des personnes en quête de refuge ou réfugiées».
«Elle rappelle qu’au-delà des parcours de déracinement, il existe aussi des récits d’entraide, de résilience et d’humanité partagée», indiquent les responsables de la TCRI.
Plusieurs groupes religieux sont membres de cette coalition. C’est le cas des archevêchés de Montréal et de Sherbrooke, du Service jésuite des réfugiés, ainsi que des organismes Action réfugiés Montréal, Agence Ometz (communauté juive) et Institut F (femmes et familles musulmanes).








































