Billet de Jocelyn Girard

Église québécoise et laïcs: floraison ou last call?

Les membres de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec ont rencontré le pape à Rome le 11 mai 2017.
Les membres de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec ont rencontré le pape à Rome le 11 mai 2017.   (CNS photo/L'Osservatore Romano)
Jocelyn Girard | Chroniqueur
Chroniqueur
2017-05-15 11:25 || Québec Québec

Le pape François a eu l’occasion de rencontrer les évêques du Québec à deux reprises au cours de leur visite ad limina qui vient de se terminer à Rome. Dans son discours du 13 mai, il n’aurait pas hésité à appeler les évêques à «promouvoir la 'floraison complète' de l’implication des laïcs» dans l’Église. Avec le peu de baptisés qui lui demeurent attachés et le petit nombre, très majoritairement féminin, qui s’y implique, n’est-il pas trop tard pour encourager une telle ouverture dans l’Église?

«La floraison est le processus biologique de développement des fleurs. Elle est contrôlée par l’environnement (lumière, humidité, température) et les phytohormones. Dans la nature, la floraison est contrôlée par le phénomène d’induction florale.» (Wikipedia)

Un contrôle favorable… ou non!

La floraison comporte des facteurs internes et externes. Comme pour les humains, les hormones de croissance s’activent au temps opportun. Le phénomène d’induction, quant à lui, comprend plusieurs étapes qui doivent se succéder et que les jardiniers connaissent bien. Tenter de faire des semis de tomates à l’automne, par exemple, est peine perdue. Pour qu’elle soit optimale, la floraison doit se faire dans des conditions favorables et tenir compte de «l’environnement».

Appliqué à l’Église et aux laïcs, le concept suggéré par le pape paraît attrayant. Pourrait-il aider à discerner quand et comment permettre une nouvelle étape de la croissance du «laïcat»? Par exemple, «l’environnement» rendu favorable à l’Action catholique au milieu du XXe siècle et conduisant au concile Vatican II a pu activer de telles «hormones» à cette époque, suscitant par «induction» des leaders chrétiens dans la cité.

Un nombre important de baptisés, hommes et femmes, a souhaité aussi pouvoir s’engager à l’intérieur de l’Église, à tous les niveaux, pour répondre à ce qu’ils ressentaient comme un appel. Mais quelque chose les en a empêchés. Est-ce le cléricalisme, cette frontière étanche créée par l’ordination de quelques-uns? Est-ce le manque de vision face à un avenir hasardeux? Ou le désistement massif des baby-boomers désabusés par «l’environnement» ecclésial jugé trop rigide, trop hiérarchique?

N’empêche que maintenant les appels pressants pour trouver des «bénévoles» responsables dans l’Église du Québec sentent davantage le last call avant le naufrage qu’une étape normale de la floraison!

Le «plafond» sacerdotal

Évidemment, en pratique, tous ne peuvent ni ne doivent accéder à toutes les fonctions au sein d’un organisme, mais si certains sont empêchés statutairement d’entrevoir cette possibilité, la conséquence est l’impression qu’il existe des castes. Cela crée un fort sentiment d’iniquité. Dans l’Église, celui-ci est amplifié du fait qu’elle exclut systématiquement la moitié de l’humanité, les femmes, parce que le sacrement de l’ordre, condition pour exercer les principaux rôles d’autorité, leur est refusé depuis toujours.

Même si elles sont encore largement minoritaires en politique et dans les entreprises parmi les têtes dirigeantes, les femmes, du seul fait que le droit leur est équitable, sont à même de pouvoir espérer que «l’induction florale» fera de plus en plus son œuvre et que le fameux plafond de verre finira par se briser définitivement. Et même si cela prend du temps, leur présence en politique permet de transformer le modèle traditionnel d’autorité de l’intérieur, apportant plus d’écoute, plus de compassion, plus de justice.

Le pape peut bien intimer les évêques québécois d’accorder plus de responsabilités aux laïcs. Tant que le modèle d’autorité ne sera accessible qu’en passant par l’ordination, le système d’induction ne pourra achever le processus de «floraison complète».

Les hauts responsables de la curie romaine, incluant le pape, peuvent bien dire que les femmes et les hommes non-ordonnés ne doivent pas copier le modèle clérical de pouvoir, il n’en demeure pas moins que la seule manière «inductive» de le changer passe par l’accessibilité de droit à toutes ces fonctions pour n’importe quel membre de l’Église, du seul fait qu’il ou elle est baptisée.

Nous le voyons dans d’autres Églises chrétiennes qui ont ouvert la voie depuis longtemps, où des femmes prêtres, des femmes évêques et tout récemment une femme évêque noire assurent les plus hautes fonctions en les investissant d’un sens du service souvent plus authentique!

Pour les catholiques, il est encore loin le temps où «l’environnement» ecclésial sera véritablement favorable à la «floraison complète» de l’implication des laïcs… Sauf si quelques évêques, chauffés par leur jardinier en chef, se mettent à le vouloir. Vraiment.


8 Commentaire(s)

Christian || 2017-05-30 15:03:48

L'analyse est courageuse et lucide mais elle comporte un biais. Beaucoup de laïcs souhaitant assumer un leadership sont beaucoup plus cléricaux que la plupart des prêtres. Il ne faut pas penser que le cléricalisme est l'apanage des clercs.

Jocelyn Girard || 2017-06-14 00:00:00

Merci pour ce commentaire. Le biais dont vous parlez existe certainement. Pour le moment, il est fortement institutionnalisé entre les mains d'une hiérarchie qui, tout en voulant se comporter comme étant "au service" du peuple, demeure enfermée dans un système de pouvoir. Celui-ci se manifeste par des expressions comme "gardiens du dépôt de la foi (ou de la Vérité)", "le pouvoir des clés", ou encore une certaine conception de l'infaillibilité qui semble s'étendre au magistère ordinaire. Il ne me paraît pas juste de croire que c'est vers une telle notion de pouvoir que les baptisés non-clercs, les femmes en particulier, s'orientent en revendiquant que leur appel vocationnel soit discerné en Église. Comme la plupart des futurs prêtres, celles-ci veulent d'abord servir l'Église. Mais comme pour certains prêtres, il est possible que certaines d'entre elles, une fois ordonnées, dérivent aussi vers un pouvoir malsain. Mais je fais le pari qu'il pourrait en être autrement et que la majorité finirait par conduire l'Église à sa véritable identité: être servante au milieu du monde.

Jean-Paul Viaud || 2017-05-23 17:37:00

Encore une fois la tentation de percevoir la prêtrise comme un "pouvoir" qui amène vers l'inéluctable erreur habituelle: ordonner les femmes au nom de la non discrimination. Il me semble que l'Église s'est prononcée à maintes reprises sur ce sujet et que l'affaire est close. Relisez votre catéchisme et les textes du magistère.

Jocelyn Girard || 2017-06-14 00:00:00

"L'affaire est close", comme vous dites, justement sur la base d'une posture de pouvoir qui a indigné une grande partie de l'Église! La lettre de Jean-Paul II a fait plus de tort que de bien au sein des communautés en semant l'incompréhension face à un tel décalage entre la doctrine et la culture. Une position magistérielle demande toujours à être "reçue" par l'Église (relisez Vatican II!). Si cette réception manifeste plus de malaises que de confirmations, la tradition reconnaît que le magistère doit chercher à mieux comprendre les résistances qui s'expriment. Une porte fermée "définitivement" n'est, au final, qu'une porte. Et, par définition, une porte a vocation à s'ouvrir...

Michèle Lévesque || 2017-05-19 10:14:33

Cet article est d’une lucidité et d’un courage étonnants [...] On décrit et explique clairement l'impasse dans laquelle la confusion entre la Tradition et les traditions, pour reprendre une expression connue, enferme la pratique de l'Église au point de nuire à sa fécondité, car c’est bien là que nous sommes rendu(e)s. Et c’est tragique. Je retiens et m’approprie (en mes mots) les trois axes suivants : 1) le sentiment quasi inévitable d’un last-call, même sans jugement d’intention envers les hommes qui le lancent (leur bonne volonté et leur désir de vérité ne font pas de doute pour moi, en général) ; 2) l’espoir offert aux femmes par le monde séculier versus l’impossibilité 'fondamentale' imposée par notre Église qui de locomotive passe ainsi en queue de train ; 3) et, enfin le foyer du mal qu’est cette sacralisation du rapport entre pouvoir décisionnel et ordination sacerdotale (ici : il faudra revisiter la tradition du cardinalat). Le cercle vicieux est parfaitement décrit dans les premiers paragraphes de la section sur le 'plafond sacerdotal'. C'est le point qui m'interpelle le plus et c'est pourquoi je parlerai ici surtout des femmes engluées dans ce dilemme qui participe de la double contrainte. Le pouvoir… J’ai 64 ans et à chaque fois que je me suis engagée dans une discussion sur ces questions, les personnes autorisées me disaient, avec le plus souvent un petit sourire entendu et supérieur, que les femmes voulaient trop le pouvoir et que la question n’était pas là… laissant même entendre que, au fond, c’était à cause de cette (leur) attitude que les portes leur rest(er)aient fermées. J’ai même entendu, il y a de cela plusieurs années il est vrai, un très jeune prêtre très sûr de lui me dire que, dans ‘le protestantisme’, les femmes ordonnées restaient confinées à des tâches subalternes et que, par conséquent, ‘ça ne valait pas la peine’. Ce à quoi j’avais répondu qu’il fallait un commencement à tout et qu’on pourrait en reparler dans quelques années. Une fois le registre chrétien (évangélique) bien clarifié et posé - au sens où le Royaume du Christ n’est pas de ce monde -, reste que sur les questions engagées ici, le pouvoir et le corps sont centrales, voire les seules qui importent. Les femmes, celles qui se sentent appelées à la prêtrise (ministre du culte et de la parole) et/ou à exercer des fonctions directrices majeures dans l’Église, ne seront pas mieux ni pires que les hommes. Certain(e)s voudront certainement le pouvoir pour lui-même, mais d’autres (la majorité si on reste fidèle au registre chrétien) le voudront pour changer les choses, à partir de leur incarnation propre, différenciée. Et c'est là que se trouve la justification : ne pas priver l’Église et le monde de cette richesse de la différence dans le service, tous les services sans distinction, en respect profond de l’anthropologie chrétienne et ce à tous les niveaux hiérarchiques et latéraux. Je crois viscéralement que tant que cette ‘place’ des femmes – et pas juste de ‘la Femme’ - ne sera pas librement consentie et faite dans notre chair et nos structures, la pleine manifestation du salut déjà réalisé en Christ sera retardée. Et là est la tragédie. Ce qui manque, c’est un appel ferme et solennel du pape à toutes et tous les baptisé(e)s du monde pour prier ensemble, vraiment ensemble et surtout l’esprit totalement ouvert et disponible, pour connaître la volonté de Dieu sur ces questions – les femmes, le pouvoir, les ministères … Quel est le désir de Dieu ? Quel est notre désir ? Une grande prière universelle invitée sur une année complète sans préjuger de la réponse à partir du seul passé, aussi respectable et vénéré soit-il … Je prie pour cela depuis longtemps. Signé : Michèle Lévesque

Jacques Lison || 2017-05-18 14:26:19

Excellente réflexion, qui pose de bonnes questions. Elle me paraissent porter bien plus largement que sur la question de l'ordination des femmes. Et le cléricalisme ne me semble pas être la seule raison de la démobilisation des fidèles: le monde, les mentalités, l'imaginaire changent rapidement et rendent inadéquats le discours et le symbolisme chrétiens. En réalité, l'Évangile et l'attachement au Christ auxquel il faut sans cesse revenir, ainsi que les ressources de la tradition chrétienne dans lesquelles on gagnerait à s'enraciner pour inventer aujourd'hui me semblent pourtant assez universels pour toucher nos contemporains. Et c'est là que le cléricalisme nuit et devient pierre d'achoppement (scandale!)... Le cléricalisme, c'est la confusion redoutable de la part de l'humain et du divin dans l'autorité que donne la Parole de Dieu. L'hommerie cléricale (instinct de pouvoir s'appropriant l'autorité de la Parole) donne à l'Église un visage triste et fermé, en tout cas inadapté et dépassé. En cette fin de temps pascal, je souhaite de tout mon être un nouvelle et vraie Pentecôte à mon Église.

Dominique Boisvert || 2017-05-18 07:53:53

Bonjour Jocelyn (et autres commentateurs), Merci pour cette analyse botanique, que je partage pour l'essentiel (puisqu'il s'agit des facteurs «structurels». Je fais confiance à l'Esprit Saint et me dit que si Dieu est Dieu et qu'il veut une Église («son» Église?) au Québec, Il va trouver les moyens de la faire (re)surgir à sa manière. Mais il y a des «lois de la nature» (celles qu'examinent ici Jocelyn) qui, normalement, empêchent les floraisons: un arbre mort, normalement, ne reprend pas vie. Mais les miracles sont toujours possibles. C'est mon optimisme/espérance dans la foi. Par contre, je partage le constat pessimiste de la réalité: non seulement les laïcs disponibles ou intéressés par l'Église sont dramatiquement peu nombreux (autour de moi du moins), mais je ne vois presqu'aucun signe de relève. Au Québec, la situation s'apparente à celle des communautés religieuses québécoises: pendant quelques années, nous avons pu nous bercer d'illusions (il y avait très peu de nouvelles recrues, mais il y en avait quand même quelques unes), mais ce temps est bien terminé (toutes les communautés traditionnelles, même les plus florissantes, sont à l'agonie et leurs plus jeunes membres --généralement au-dessus de 50, voire de 60 ans-- s'occupent de la fermeture prochaine et du testament à laisser). Je suis d'accord avec Jacques Gauthier sur l'importance de la foi, de la prière et de la réalité mystique ou prophétique au niveau des individus (c'est mon côté espérance) et je suis même prêt à croire aux transformations institutionnelles que peut entraîner l'agir mystique ou prophétique (voir le pape François). Mais je crois qu'il y a, dans l'expérience religieuse collective québécoise, quelque chose de plus profond (et possiblement même d'unique) dans la sécularisation radicale et très rapide qui s'est vécue depuis 1960 et dans la profonde allergie à tout ce qui est religieux (plus ou moins agressive selon le cas) qui se manifeste toujours, de manière très généralisée au Québec, plus d'un demi-siècle plus tard. Et c'est le théologien latino-américain Jose Marie Vigil qui nous interpelle et nous demande une réflexion théologique sur cette réalité spécifique du Québec. Un travail qui reste à faire, entièrement.

Jacques Gauthier || 2017-05-17 08:44:45

Cher Jocelyn, je me permets ce petit coup de sarclage à ton semis. Bien humblement, je pense que la "floraison complète" dans le jardin de l'Église passe par la rencontre toujours renouvelée du Christ vivant et par une vie d'oraison profonde qui féconde notre engagement dans le monde. Au-delà du clivage clercs et laïcs, l'appel de Vatican II reste actuel plus que jamais: Tous appelés à la sainteté. L'Église a surtout besoin d'âmes aimantes qui vivent le christianisme comme un bonheur, une joie, et qui en témoignent avec le sourire. Cette inclination du coeur n'empêche pas le changement dans les structures, mais les baptisés qui ont vraiment changé l'Église à différentes époques ont souvent été des saints et des réformateurs (François d'Assise, Jean de la Croix, pape François, et bien d'autres). Le problème fondamental est notre manque de foi au travail de l'Esprit dans l'Église. Et ça passe par la prière. Vincent de Paul disait: "Donnez-moi un homme d'oraison et il sera capable de tout". Prendre un temps d'oraison et d'adoration chaque jour, en continuation de la prière du Christ, fertilise tout. Ça prend du temps, de la patience, mais ça change le monde et l'Église. Encore faut-il y croire à cette présence de Dieu en nous qui répand son parfum, malgré le cléricalisme, le carriérisme et l'activisme. Comme disait si bien François de Sales: "Fleuris là où tu es planté". Et ce verset du psaume: "Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant".

Jocelyn Girard || 2017-05-17 00:00:00

Bonjour Jacques. C'est gentil d'apporter ta contribution à notre jardin communautaire! Et tu as bien raison, tout commence par la foi et la fréquentation du Christ vivant. Je crois bien que c'est ce qui anime un grand nombre de "laïcs" en Église. Je ne milite pas pour moi quand je pense au plafond sacerdotal, mais à toutes ces personnes que j'estime ferventes et engagées et qui, en leur âme et conscience, ont senti un appel à servir. Plusieurs d'entre elles (je mets le féminin exprès) seraient de bonnes leaders avec un sens aigu du service et de l'unité. Si les réformes de l'Église ont souvent commencé par des baptisés, alors il faut se mettre à l'écoute du peuple et de certains de ses membres qui ne comprennent pas l'exclusion systématique d'une partie d'entre eux d'une participation à l'exercice de l'autorité... Après avoir dit tout cela, il reste au temps à faire son oeuvre, car c'est "l'outil" de travail privilégié du Saint-Esprit!

Claudette || 2017-05-15 17:18:26

Il reste une question: Est-ce que les Églises où les femmes sont ordonnées ne vivent pas la même situation que nous? L'abandon n'est-il pas généralisé par nos modes de vie super occupés? Stress, voyagement, travail où on demande toujours plus, les cours aux enfants et notre mise en forme, etc ? Les fondatrices n'ont pas attendu, elles ont agi... Je crois que nous devons regarder le,problème attentivement et avec foi, espérance, franchise et dans le respect de tous. ENSEMBLE !

Jocelyn Girard || 2017-05-15 00:00:00

Merci Claudette pour ce commentaire. Il reste plein de questions, en fait! Et l'ordination des femmes ou des hommes mariés n'est certainement pas une panacée. Je pense, sincèrement, que cette distinction entre clercs et laïcs est une erreur de l'histoire. Qu'une prise de conscience soudaine permette un jour de modifier cette situation ne serait qu'un rattrapage, pas une solution à un problème actuel. Vous avez raison, comme le dit le pape dans son entretien, il faut continuer et continuer encore, comme un joueur de hockey qui ne marque pas un but à chaque montée vers le filet!

Gilles truchon || 2017-05-15 12:50:22

Merci Jocelyn de ton point de vue, il est incomplet et manque de lumière ...partager son point de vue par écrit doit être égaler avec d'autres points de vue pour compléter l'ensemble de la vraie Eglise. Pour commencer les charismes et les appels sont donnés dans le but de construire l' Eglise du Seigneur et non construire la notre. On s'en reparlera mon frère . Gilles

Jocelyn Girard || 2017-05-15 00:00:00

Cher Gilles, merci de commenter. Incomplet? Bien sûr! Il s'agit d'une chronique d'opinion, limitée par l'espace accordé par la forme, pas d'un essai théologique! Dans une telle tribune, je me permets simplement de suivre jusqu'où me mènera un certain fil conducteur. Dans le cas présent, je constate un décalage important entre l'invitation du pape à la floraison complète du laïcat et la désaffection quasi complète de ce dernier, sauf pour les quelques rares individus qui demeurent et qui sont récupérés dans les tâches liturgiques. Devant la pénurie - et seulement lorsque celle-ci est consommée - de prêtres, diacres et mêmes d'agents de pastorale laïques, on se met à réclamer des "bénévoles" pour les remplacer. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit quand on parle de floraison. Si on reste dans le jargon botanique, c'est comme si on essayait de renchausser une plante flétrie par de la chaux... Cela ne suffit pas la plupart du temps. Je cherche les lumières dans les recoins les plus ombragés de l'Église, car c'est peut-être de ces "catacombes" que peut surgir un vent nouveau, si c'est le plan de Dieu.

 

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