Pour avoir brandi, le mardi 20 octobre, un keffieh (foulard traditionnel dans le monde arabe, devenu pour beaucoup un symbole pro-palestinien) lors de son assermentation comme députée à l’Assemblée nationale, la co-porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal est dorénavant nommée dans deux pétitions diamétralement opposées.
Un première pétition, qui a recueilli à ce jour près de 84 000 signatures, réclame sa démission en raison de son geste «inapproprié et hors de propos pour une cérémonie officielle». La seconde, lancée le lendemain de son assermentation, demande que l’on respecte la «liberté de penser et de conscience» de cette élue. Plus de 20 000 personnes ont déjà apposé leur signature électronique au bas de cette pétition.
Les institutions liées aux communautés religieuses québécoises n’ont guère réagi à ce geste symbolique. Du côté du Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), on préfère «rester en dehors de cette actualité». Le Forum musulman canadien (FMC) dit s’opposer aux «tentatives visant à discréditer Ruba Ghazal».
«En tant que Québécoise engagée dans la vie publique, Mme Ghazal mérite que son intégrité et sa dignité soient respectées. Ses opinions et ses actions peuvent faire l’objet de critiques légitimes, mais les désaccords doivent être exprimés dans le cadre d’un débat raisonné, plutôt que par des campagnes de dénigrement personnel visant à porter atteinte à sa réputation», a déclaré le FMC.
Un timbre pour Diwali

Depuis le lundi 19 octobre, un timbre aux couleurs vives est offert dans les bureaux de poste de tout le Canada afin de souligner l’arrivée de Diwali ou fête des Lumières, un festival religieux et culturel observé, précise la Société canadienne des postes, par les adeptes de l’hindouisme, du sikhisme, du bouddhisme et du jaïnisme, ainsi que par d’autres communautés au Canada et partout dans le monde.
C’est depuis 2020 que Postes Canada met en vente chaque année un timbre à l’occasion de Diwali. L’émission de 2026 montre les mains d’une femme qui s’affaire à enfiler des œillets et des feuilles de manguier sur un fil afin de fabriquer une guirlande traditionnelle (appelée torana) qui sera suspendue à l’entrée des maisons et des temples. Le festival de Diwali commence, cette année, le dimanche 8 novembre.
Selon les données du recensement de 2021, le Canada comptait 828 000 hindous, 771 000 sikhs et 8 000 jaïns. Les données statistiques sur la diversité ethnoculturelle et religieuse, recueillies lors du recensement de 2026, seront disponibles en octobre 2027.
Le Canada (et le Québec) dans un document du Vatican
Dans Venite ad me, le dicastère de la Doctrine de la Foi reprend une inquiétude récemment formulée par le pape Léon XIV qui observe que «dans certaines régions du monde», la transmission de la foi de génération en génération «s’est pratiquement interrompue».
Cette rupture est manifeste au sein de familles occidentale qui, de moins en moins, font baptiser leurs nouveaux-nés et ne leur apprennent plus à prier dès leur jeune âge.
Le document Venite ad me (Venez à moi) mentionne spécifiquement le nom du Canada, là où une «crise de la transmission intergénérationnelle de la foi chrétienne» est en cours.
«Ce phénomène, étroitement lié à un stade avancé de la sécularisation, notamment en Europe, aux États-Unis d’Amérique et au Canada, mais aussi en Australie et en Nouvelle-Zélande, a conduit à une crise importante du christianisme vécu au sein de la famille», écrit-on au paragraphe 48 de ce texte. Les jeunes de ces pays vivent «le passage à l’âge adulte dans une attitude d’indifférence religieuse profonde».
Pour ces jeunes, le «message d’amour» de Jésus «ne représente plus ni un élément essentiel de leur identité, ni une ressource fiable pour discerner ce qu’il convient de faire en vue d’une vie humainement digne».
Venite ad me rappelle aussi aux lecteurs et lectrices du monde entier qu’au Canada – on ne précise pas le Québec – la «liberté de manifester sa foi dans les lieux publics» est dorénavant limitée par des lois au nom de la laïcité..
Les auteurs de ce document reconnaissent aussi que les progrès technologiques des dernières décennies (Internet, intelligence artificielle) «offrent des possibilités inédites d’évangélisation».
Néanmoins, dans ces nouveaux espaces numériques, «la proposition de foi risque d’être désincarnée, déconnectée de la vie concrète ou liée à des idéologies promues par des minorités bruyantes», craignent-ils.
Cela ne peut qu’accroître cette propension, chez des individus isolés, «à se construire une soi-disant foi ‘à la carte’, façonnée selon leurs goûts et leurs préférences, plutôt que selon l’enseignement de l’Église».















































