Les 2 et 4 octobre derniers, le Groupe d’action en écologie intégrale (GAÉI) organisait l’édition 2026 de ses Journées de l’écologie intégrale sous le thème de l’Eau vive. Entre projection de film, messe et conférence: retour sur ce rendez-vous destiné à sensibiliser le grand public sur les enjeux auxquels fait face notre «maison commune».
L’image de la «maison commune» a été popularisée par le Pape François, dans son encyclique Laudato si’ publiée en 2015. C’est d’ailleurs à la suite de cette lettre que des membres de la paroisse Notre-Dame-de-Foy, après avoir procédé à une lecture collective, ont eu envie d’aller plus loin. «Une première conférence publique a été organisée et 150 personnes se sont déplacées. Face à cet engouement, Michel Paradis a eu l’idée de constituer le Groupe d’action en écologie intégrale. Ensuite, on a commencé nos premières actions: nos conférences publiques, la mise en place d’un jardin collectif… Et on est arrivé à un moment où on a décidé, durant deux jours dans l’année, de tenir des activités centrées sur la protection de la maison commune», relate Sibi Bonfils, président du GAÉI.
Attirer l’attention sur les problématiques écologiques
«On doit faire attention au bien précieux que l’on a, cette belle planète qui nous donne en abondance et gratuitement»
Sibi Bonfils, président du GAÉI
Les dates auxquelles se déroulent ces journées n’ont pas été choisies au hasard. «Cela a toujours lieu aux alentours de la fête de Saint-François d’Assise, qui est le saint patron des écologistes. Tout le reste de l’année, on continue notre action à travers notre jardin du vivre-ensemble, où se retrouvent tous les samedis des gens de la paroisse et d’autres religions. Mais avec ces Journées, on veut marquer le coup pour attirer l’attention sur ces problématiques. Ça crée des moments forts», appuie le président du GAÉI.
En faisant référence à l’accroissement du nombre de catastrophes naturelles (inondations, feux de forêt, canicules) recensées dans les dernières années, Sibi Bonfils croît que la société n’a pas le choix que de se pencher sur les enjeux reliés à l’écologie intégrale. «On doit faire attention au bien précieux que l’on a, cette belle planète qui nous donne en abondance et gratuitement dans une certaine mesure. C’est d’ailleurs ce ‘gratuitement’ qui fait que l’on ne s’en préoccupe pas comme on devrait s’en préoccuper», met-il en garde.
Documentaire, messe et conférence
Trois activités figuraient au menu de ces Journées de l’écologie intégrale 2026: la projection du film documentaire L’océan vu du cœur, une célébration de la Messe pour la sauvegarde de la création ainsi qu’une conférence sur le thème «Qui protège les pollinisateurs? Une histoire de pesticides, de science… et d’influence». C’est à cette dernière que Présence a assisté, au cœur de l’église Saint-Benoît-Abbé, le dimanche 4 octobre dernier.
Devant plusieurs dizaines de personnes, la chercheuse principale du Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CÉTAB+), Geneviève Labrie, a mis son expérience scientifique au service de son propos. La conférencière a multiplié les exemples concrets directement issus de ses observations sur le terrain : conflits d’intérêts dans les dossiers liés à la gestion des pesticides, rôle des institutions, préservation des pollinisateurs ou encore initiatives développées par les producteurs dans l’optique de renforcer la résilience des milieux agricoles.

La biodiversité est le point clé
Que retenir de sa conférence? «Ce que j’aimerais que les gens retiennent, c’est qu’il y a des possibilités de faire changer les choses. Mon expérience personnelle et professionnelle a été assez rude, mais j’ai vraiment vu de la lumière. Il y a de l’espoir, c’est ce qui m’a donné le courage de continuer à travailler dans ce domaine-là et je pense que chacun peut faire sa part», rétorque Geneviève Labrie avec conviction.
«La biodiversité est le point clé qui va nous permettre de réduire les pesticides, faire face aux changements climatiques, et aussi au niveau de l’autonomie alimentaire»
Geneviève Labrie, chercheuse principale au CÉTAB+
Questionnée sur la place du Québec en termes de protection de la biodiversité et d’écologie intégrale, la chercheuse estime que la province est «très en avance sur beaucoup d’aspects», comparativement au reste du Canada et au voisin américain. Elle évoque la proportion d’agriculture biologique ainsi que les méthodes de lutte intégrée mises en place par les producteurs agricoles. Labrie cite également les pratiques adoptées en Europe et dont certains s’inspirent à travers la province, à l’image du vignoble de L’Orpailleur, à Dunham, qui a misé sur la phacélie (une plante d’Amérique du Nord utilisée notamment comme engrais vert) pour enrayer les problèmes causés par le scarabée japonais.
«Il faut diversifier nos environnements et aider nos producteurs à faire face à ce qui s’en vient. La biodiversité est le point clé qui va nous permettre de réduire les pesticides, faire face aux changements climatiques, et aussi au niveau de l’autonomie alimentaire», soutient Geneviève Labrie au sujet de ce que devraient être les priorités des différents paliers gouvernementaux du pays dans les années à venir.
L’avenir des Journées
À peine l’édition 2026 achevée, Sibi Bonfils a déjà le regard tourné vers les prochaines Journées de l’écologie intégrale. Bien qu’il tire un bilan plutôt positif de cette nouvelle édition, il espère que le GAÉI sera en mesure d’attirer plus de jeunes à l’avenir.
«Mobiliser la jeunesse, c’est une difficulté que l’on rencontre. Peut-être que l’on devrait aller vers eux, là où ils se trouvent. Dans les cégeps, dans les collèges. Mais ça prend des gens pour faire ça et on n’est peut-être pas aussi nombreux qu’on voudrait l’être. On continue de réfléchir, mais l’idée est de conserver ces Journées», affirme le président du Groupe d’action en écologie intégrale.















































