Le rapport Persécutés et oubliés? que vient de publier l’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED) cible 18 pays où sont observées des violations de la liberté religieuse à l’égard des chrétiens.
«Il ne s’agit pas nécessairement des 18 endroits les plus dangereux pour un chrétien mais plutôt des pays où la situation des fidèles a suscité une inquiétude particulière au cours de la période faisant l’objet du présent rapport», soit entre 2024 et 2026, expliquent les auteurs de cette étude. Dans aucun de ces pays, la situation des chrétiens ne s’est améliorée au cours des deux dernières année. Au mieux, elle est demeurée inchangée.
C’est notamment le cas du Vietnam où des «gestes de bonne volonté» ainsi que des «discours positifs» sont entrepris par les autorités politiques qui continuent toutefois d’imposer «des lois vagues et draconiennes qui leurs permettent de suspendre des groupes religieux pour ‘violations graves’ sans fournir de motifs». Le gouvernement dispose aussi d’un droit de veto sur la nomination des responsables religieux au sein des Églises enregistrées, indique l’AED.
Au Mali, «dans les zones sous occupation islamiste, les chrétiens subissent l’oppression», dénonce le rapport Persécutés et oubliés? qui mentionne des incendies d’églises ainsi que l’imposition de taxes religieuses. En Corée du Nord, où les chrétiens sont obligés de vivre leur foi dans le plus grand secret, «certains vont jusqu’à dissimuler leurs convictions religieuses à leur conjoint», indique-t-on. L’étude révèle aussi que «les croyants nord-coréens constituent une part importante de la population carcérale et des détenus des camps de travail».
En Chine, de nouvelles réglementations «ont renforcé le contrôle de l’État sur les contenus religieux» diffusés notamment sur le web. Les chefs religieux récalcitrants «s’exposent à du harcèlement, des amendes, des arrestations, de la rééducation politique, du travail forcé, à l’emprisonnement, à des disparitions forcées, à des actes de torture ainsi qu’à d’autres formes de mauvais traitement».
Signes religieux au primaire
Quelques jours avant le scrutin du 5 octobre qui l’a élu premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon avait déclaré qu’«on ne doit pas revenir en arrière en matière de laïcité».
Si le Parti québécois (PQ) était porté au pouvoir, son chef annonçait déjà vouloir «interdire, pour tous les élèves du primaire, le port des tenues et signes religieux ostensibles dont le port conduit à se faire reconnaître immédiatement par son appartenance religieuse». Il s’engageait aussi, s’il était appelé à former le nouveau gouvernement, à maintenir les acquis de la Loi sur la laïcité de l’État «dans sa forme actuelle» et à «reconduire l’usage de la clause dérogatoire».
Plus tôt cette semaine, le nouveau ministre de l’Éducation, le député Joël Arseneau, a indiqué que l’interdiction du port de signes religieux par les élèves du primaire serait une mesure «non négociable» qu’adoptera le gouvernement.
«Laissez les jeunes tranquilles!», s’est exclamé Québec solidaire (QS) qui a aussitôt annoncé que les députés de cette formation politique voteront contre l’interdiction des signes religieux aux élèves.
«Il est très inquiétant de voir le nouveau gouvernement s’embourber dans la même surenchère identitaire que la Coalition avenir Québec (CAQ) pendant que les réels problèmes du réseau s’accumulent», a déclaré la députée Roxane Milot, responsable des dossiers d’éducation et de laïcité auprès de QS.
Les priorités pour le système d’éducation sont claires, a-t-elle marleté. Il faut «résorber la pénurie de personnel, remettre nos écoles en état, mettre fin à l’école à trois vitesses et réduire le décrochage scolaire».
«Le milieu est unanime, les signes religieux dans les écoles primaires ne sont pas un enjeu pour la qualité de l’éducation de nos jeunes», a-t-elle ajouté.
Vendredi matin, une coalition d’organismes sociaux a aussi tenu à dénoncer cette mesure qualifiée de discriminatoire et même d’islamophobe.
«La laïcité ne doit pas servir de prétexte pour discriminer et bafouer le droit à l’éducation des enfants», avancent notamment la Fédération des femmes du Québec (FFQ), la Ligue des droits et libertés (LDL), la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) et l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC).
«L’école doit être un milieu de vie inclusif où chaque enfant a le droit de participer, d’apprendre, de socialiser et de s’épanouir librement», estiment ces groupes.
«En faisant du port de signes religieux un motif d’exclusion, une telle interdiction instituerait une discrimination d’État qui compromettrait gravement le droit des enfants à l’éducation. Elle renforcerait la stigmatisation et l’exclusion des membres de certaines communautés, en particulier des jeunes filles de confession musulmane, en plus d’alimenter le racisme, la xénophobie et l’intolérance au sein de nos écoles.»
Cette volonté d’interdire le port de signes religieux par des individus, font remarquer les membres de cette coalition, constitue «une entorse majeure à la laïcité de l’État, qui doit garantir les libertés de conscience et de religion de l’ensemble des citoyennes et des citoyens».
Ces groupes sociaux et de défense des droits demandent au gouvernement de ne pas cautionner «cette dérive identitaire et islamophobe» et de s’engager «dans la voie d’une laïcité respectueuse des droits de l’ensemble des citoyennes et des citoyens».
Voyage de Léon XIV en Amérique latine
La convalescence du pape Léon XIV progresse, «conformément aux évaluations favorables communiquées par son équipe médicale», a indiqué le lundi 26 octobre 2026 le Bureau de presse du Vatican.
«La procédure chirurgicale a été réussie», tandis que «les examens médicaux ultérieurs ont confirmé que la pathologie était localisée et qu’aucun traitement oncologique supplémentaire n’est nécessaire». Dans un communiqué, le Bureau de presse indique que depuis son retour au Vatican, le pape «a maintenu des rendez-vous importants et des engagements publics, restant attentif aux besoins de chaque jour tout en s’accordant des périodes de repos appropriées».
Il confirme aussi que le voyage apostolique en Uruguay, en Argentine et au Pérou, prévu du 6 au 17 novembre 2026, «se déroulera selon le programme précédemment publié». «J’attends avec impatience de retourner sur le continent où j’ai vécu tant de moments de ma vie. Que ce voyage soit l’occasion pour nous d’ouvrir nos cœurs les uns aux autres, de renforcer notre communion en tant que frères et sœurs, et de renouveler notre engagement à proclamer l’Évangile avec joie», a déclaré Léon XIV qui est cité dans ce communiqué.















































