Cet été, les Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice ont lancé une exposition virtuelle gratuite dédiée au centenaire de l’existence de la congrégation. Il s’agit aussi d’un legs à la communauté de Rouyn-Noranda, alors que la communauté entre en phase d’accomplissement. Sœur Thérèse Charbonneau (supérieure générale) et Christine Limoges (coréalisatrice du projet) présentent le travail de mémoire que représente l’exposition, qui s’inscrit dans un travail plus large de passation de leur matrimoine.
Les Sœurs de Notre-Dame de Mont-Laurier ont été fondées en 1921 par Mgr François-Xavier Brunet, évêque de Mont-Laurier. Elles ont été renommées Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice après leur déménagement en Abitibi en 1937.
En 2021, les religieuses ont manifesté le désir de créer une exposition pour célébrer le centenaire de leur congrégation. «On voulait léguer à la population un peu qui nous sommes et tout ce que nous avons fait dans la région. On voulait quelque chose d’original et qui perdure dans le temps», explique sœur Charbonneau. Le projet d’exposition a été initié par Carolanne Laurin, puis mis sur pause avec la pandémie avant d’être repris par Mme Limoges. Cette dernière, ancienne journaliste, a rédigé le scénario et validé chaque information dans les sources et avec sœur Charbonneau, notamment pour identifier les centaines de photos présentées dans l’exposition, un atout pour qui fera des recherches sur la communauté dans le futur.
On trouve donc dans Femmes consacrées, foi et société : cent ans d’histoire de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice des notes audio sur l’histoire de l’Institut, des clichés de sœurs au travail, notamment dans leur orphelinat, mais aussi dans la vie quotidienne, lors de promenades à traîneau ou de parties de baseball ainsi que des vidéos montrant le visage et la voix des religieuses. «Je pense que c’est la vie qui circule, à travers tous les témoignages. Ça me fait chaud au cœur», souligne sœur Charbonneau.
«Je vis deux joies d’action de grâce. Je suis très contente de la vie et très contente qu’on se soit rendues à 100 ans d’existence. C’est quelque chose pour nous autres. […] Avec le Seigneur on a traversé tous les obstacles. […] Nous sommes contentes d’être ensemble et de vivre ce beau moment présent.»
— vidéo de sœur Thérèse Gagné

La joie du service, un héritage à léguer
L’objectif de l’exposition est de montrer ce que quelque 200 religieuses ont réussi à accomplir dans leur communauté, que ce soit dans des écoles, des paroisses, des presbytères, des orphelinats ou encore des soins à domicile. «Le charisme de la communauté est très ouvert», explique sœur Charbonneau. «Dès qu’un besoin se manifestait et qu’on avait assez de sœurs pour répondre aux besoins, on acceptait le service.»
Cette dernière, par exemple, a fait des études en travail social et en droit canonique avant de servir, entre autres, comme secrétaire d’évêque. Une de ses tâches était d’analyser les demandes de nullité de mariage. «C’était un travail qui m’amenait à rencontrer des gens et à les accompagner dans une démarche importante dans leur vie.» Elle a ensuite travaillé dans la pastorale, puis dans l’administration de la communauté.
L’exposition reflète cette diversité d’occupations au Québec, et depuis les années 1950 dans d’autres provinces canadiennes ainsi qu’en Côte d’Ivoire et au Cameroun. On revient également sur les bouleversements de la Révolution tranquille et la réalité actuelle de l’Institut. Selon la supérieure générale, elle reflète l’ensemble de ce que les sœurs ont été et continuent à être.
Ce qui a épaté Mme Limoges dans son travail sur l’histoire de la communauté, c’est le côté bâtisseur des religieuses. «C’était des femmes extrêmement courageuses. On raconte au début de l’exposition que, lorsqu’elles sont arrivées à Mont-Laurier, elles n’avaient absolument rien. Il n’y avait pas de chauffage, pas d’eau chaude. Elles se séparaient les couverts pour manger : une prenait un couteau, l’autre une fourchette. Elles avaient le courage des gens qui bâtissent. Ce qui m’a le plus touchée dans les entrevues, c’est leur joie de servir les autres.»
Sœur Charbonneau appuie : «Les sœurs manifestent encore beaucoup de joie dans tout ce qu’on a accompli, et c’est un peu ça qu’on voulait traduire aussi, la joie d’avoir servi dans la société avec les gens pour subvenir à différents besoins.»
«Ce que je retiens, c’est la joie du service.»
— vidéo de sœur Louise Dumont

Entrer en accomplissement et laisser sa trace
Il reste aujourd’hui 25 sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice, toutes âgées de plus de 78 ans, mais, comme le souligne la supérieure, elles savent l’importance de rester vivantes jusqu’à la fin.
Les religieuses se sont demandé quoi faire avec toute l’expérience, l’énergie qui a été mise, les connaissances, les efforts, la philosophie et la manière d’exercer la foi de leur congrégation. «À partir de nos forces, à partir de nos fragilités aussi, tout le monde a fait son possible pour qu’il y ait le plus de vie, et je pense qu’on a contribué vraiment à la société», explique sœur Charbonneau, qui ajoute que c’était un non-sens pour elle que la congrégation disparaisse sans laisser de trace.
Ainsi, en plus de l’exposition virtuelle, les sœurs ont mis en place plusieurs projets pour raconter leur histoire à Rouyn-Noranda. En 2011, des démarches ont été entreprises avec la ville pour lui céder le bâtiment de la communauté afin d’héberger des organismes communautaires du milieu. Elles ont aussi mis sur pied la Fondation des Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice pour continuer à venir en aide financièrement aux organismes communautaires qui servent les personnes les plus vulnérables de la société. La supérieure générale explique que la congrégation travaille depuis longtemps avec les organismes du milieu et qu’elle a confiance en l’avenir : «Les laïques vont continuer à porter nos valeurs.»
La congrégation va enfin donner à BAnQ 300 photos en noir et blanc. Elle a également contribué à l’écriture de livres racontant son histoire et collabore aux fêtes du centenaire de Rouyn-Noranda.















































