En ce lundi 22 février 1926, il y a un siècle, la presse québécoise annonce le décès deux jours plus tôt de l’archevêque du Québec, Mgr Paul-Eugène Roy. (Rappelons qu’à cette époque, les journaux n’étaient pas publiés le dimanche.)
Mgr Roy, 66 ans, était devenu archevêque le jour même du décès de son prédécesseur, le cardinal Louis-Nazaire Bégin, le 18 juillet 1925.
«Pour la seconde fois en moins de huit mois, la séculaire maison paternelle des Canadiens-français, l’Église de Québec, est en deuil», écrit le journaliste Jean-Thomas Perron à la une de L’Action catholique du 22 février. .
«Depuis longtemps nous redoutions ce triste moment», ajoute-t-il. Atteint d’un cancer, le 8e archevêque de Québec est demeuré depuis le 17 avril 2023 «couché sur un lit d’hôpital où il endura avec la plus grande fermeté et avec une admirable résignation les plus atroces souffrances».
Deux semaines avant son décès, Mgr Roy avait pris soin de dicter son testament spirituel.
«De mon lit de mort, voici les conseils que Dieu m’inspire de vous laisser et que je voudrais écrire avec les dernières gouttes de mon sang», débutait cette note manuscrite d’une seule page. Les mots des quatre premières lignes sont de sa main. Les autres, l’archevêque les a dictés à la religieuse qui veillait sur lui à l’hôpital.
L’archevêque demande d’abord à ses collaborateurs de faire preuve d’un «zèle ardent» envers «toutes les œuvres de la propagation de la foi, spécialement pour celle de notre société des missions étrangères», une société missionnaire fondée quelques années plus tôt par l’épiscopat québécois et dont le séminaire, qui vient d’être inauguré, est situé à Pont-Viau (aujourd’hui Laval).
Mgr Roy recommande ensuite aux prêtres et aux fidèles de son archidiocèse d’offrir leur «dévouement inlassable et vraiment surnaturel pour toutes nos œuvres d’action sociale catholique, en particulier pour celles de la presse, de la tempérance et des unions ouvrières catholiques».

Les funérailles de l’archevêque Paul-Eugène Roy ont été célébrées à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec le vendredi 26 février 1926. C’est le délégué apostolique au Canada et à Terre-Neuve, l’archevêque Pietro di Maria, qui a présidé la cérémonie. Mgr Georges Gauthier, alors administrateur de l’archidiocèse de Montréal, a prononcé l’oraison funèbre.
Ces funérailles, le quotidien La Patrie n’hésite pas à les qualifier de «grandioses». «Jamais peut-être n’a-t-on été témoin d’une aussi éclatante manifestation publique de respectueux et sincère attachement à un pasteur des âmes», écrit-on.




















































