Dans tout le Canada, le 29 janvier de chaque année a été proclamé Journée nationale de commémoration de l’attentat à la mosquée de Québec et d’action contre l’islamophobie. Cette commémoration rappelle que le dimanche 29 janvier 2017, une fusillade a eu lieu au Centre culturel islamique de Québec, au moment de la prière du soir. Cet attentat, qualifié de terroriste, a fait six morts et plusieurs blessés.
«Le Québec est une nation pacifique qui s’oppose fermement à toute forme de haine et d’intolérance», a déclaré le premier ministre François Legault à l’occasion du 9e anniversaire de l’attentat à la mosquée de Québec.
«Il y a neuf ans, un acte de violence injustifiable arrachait la vie à six Québécois et laissait une marque durable dans notre histoire collective», a-t-il ajouté dans son compte Facebook. «Je tiens à souligner la mémoire des victimes et à exprimer ma compassion envers les proches, ainsi qu’à la communauté musulmane.»
Pour le premier ministre Mark Carney, «l’horreur de cette journée nous rappelle tragiquement l’omniprésence de l’islamophobie ainsi que les conséquences dévastatrices de la haine».
«Il est de notre devoir d’assumer nos responsabilités tout en honorant la mémoire des victimes», a-t-il déclaré. C’est pourquoi, dit-il, son gouvernement «prend des mesures décisives pour lutter contre la montée alarmante de la haine et des crimes motivés par la haine dans nos communautés».
«Notre gouvernement est solidaire de la communauté musulmane dans sa lutte contre la haine et il reste déterminé à bâtir un pays où les Canadiennes et Canadiens de toutes confessions peuvent s’épanouir.»
De son côté, Charlotte-Anne Malischewski, la présidente de la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP), a tenu à rappeler que cet attentat a eu lieu dans une mosquée, un lieu où habituellement «règne le silence et la prière».
«Six vies innocentes ont été arrachées, et bien d’autres marquées à jamais, au Centre culturel islamique de Québec, pour le simple geste de s’être rassemblé dans la foi.»
Elle dit regretter que neuf ans après cet attentat, «la haine ciblant les communautés musulmanes n’a pas reculé». Elle s’est même intensifiée, ajoute-t-elle.
La présidente de la CCDP dit que le gouvernement canadien n’en fait pas assez. Elle demande qu’il se dote «d’un régime proactif, capable de s’attaquer aux causes profondes de l’intolérance, pour contenir la haine avant qu’elle ne s’embrase et se transforme en violence».
Enfin, la nouvelle mairesse de Montréal a aussi rappelé que les victimes étaient des croyants réunis dans un lieu de culte.
«Six hommes musulmans ont été arrachés à la vie, et une septième personne a été gravement blessée, simplement parce qu’ils priaient, simplement parce qu’ils étaient musulmans», a déclaré la mairesse Soraya Martinez Ferrada.
«Personne ne devrait jamais être victime de violence en raison de sa religion, de ses origines ou de son identité», a-t-elle ajouté. Elle demande à la population et aux élus, «d’une seule voix» de s’engager «à lutter contre l’islamophobie, à défendre la dignité humaine et à faire de Montréal une ville fondée sur le respect, la solidarité et la paix».
Mond’Ami
Les réserves financières de Mond’Ami sont épuisées. L’Œuvre pontificale de l’enfance missionnaire – nom officiel de Mond’Ami utilisé ailleurs dans le monde – lance ces jours-ci une campagne d’urgence afin d’assurer «la pérennité de l’organisation et la poursuite de sa mission auprès des enfants les plus vulnérables à travers le monde».

Mond’Ami entend «développer une conscience missionnaire» chez les plus jeunes en leur proposant d’appuyer financièrement chaque année un ou des programmes de développement dans des pays du Sud.
Mais ces dernières années, l’organisme a dû affronter «des défis majeurs qui menacent directement sa survie», explique l’oblat Yoland Ouellet, directeur national des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) au Canada francophone. Mond’Ami, qui s’adresse aux enfants d’âge scolaire, est l’une des quatre composantes des OPM.
Mond’Ami connaît des difficultés financières, explique le directeur général, en raison notamment de «la sécularisation du milieu scolaire au pays, notamment au Québec, de la diminution de sa présence dans les écoles et des répercussions récentes des grèves de Postes Canada sur les collectes de fond» de toutes les sections des OPM.
D’ici trois ans, Mond’Ami veut amasser un million de dollars dans un fonds de prévoyance afin de maintenir ses programmes de conscientisation auprès des jeunes et de «préserver son autonomie à long terme». Déjà, annonce le père Ouellet, 120 000 $ ont été recueillis auprès de donateurs majeurs et de congrégations religieuses canadiennes.
C’est en 1843 qu’un évêque français, Mgr Charles-Auguste de Forbin-Janson, fonde l’Œuvre de la Sainte Enfance, destinée à sauver «les petits enfants de Chine». L’œuvre s’implante au Québec en 1851. Au début du XXe siècle, les Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception font la promotion de cette œuvre dans les écoles québécoises et encouragent les écoliers à prier et à verser un sou chaque mois en faveur les enfants chinois. En 1922 l’Œuvre de la Sainte Enfance a joint les rangs des OPM.
Mémoire de l’Holocauste
Le 27 janvier 2026 marque le 81e anniversaire de la libération du camp de concentration et d’extermination nazi allemand d’Auschwitz-Birkenau.
Ce mardi, le premier ministre du Canada a indiqué que la libération de ce camp a révélé «l’ampleur des crimes nazis à la face du monde et est devenue le symbole des horreurs de l’Holocauste, de la résilience de ses survivants et de la culpabilité de ceux qui en ont été complices».
«Aujourd’hui, nous nous souvenons des conséquences de l’ignorance, de la haine et de la complicité, et nous reconnaissons que détourner le regard n’est pas un acte passif, mais une trahison concrète», a déclaré Mark Carney, à l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, soulignée le 27 janvier de chaque année.
Il a rappelé que «la communauté juive a été touchée par une résurgence dévastatrice de l’antisémitisme au Canada et dans le monde».
Au Canada, «des synagogues et des écoles ont été attaquées, des personnes ont été harcelées en raison de leur foi, et des gens ont tenté de minimiser ou de nier les horreurs du 7 octobre [2023]», jour de l’attaque du Hamas contre Israël.
La Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) demande aux citoyens canadiens de s’engager à «lutter fermement contre l’antisémitisme»
«La haine nous divise et ronge les fondements mêmes de notre démocratie et de notre tissu social», a déclaré la présidente de la CCDP Charlotte-Anne Malischewski qui demande aussi au gouvernement canadien de bonifier ses programmes contre la haine et l’antisémitisme.
La haine, dit-elle, «réduit les voix au silence, étouffe le dialogue, renforce les préjugés et déshumanise les individus et les communautés. Ce faisant, elle ouvre la voie à la discrimination et endurcit nos cœurs, nous rendant insensibles à la menace et à la brutalité».
















































