«Toute image ou rhétorique présentant les dirigeants politiques en des termes propres au Christ et à son plan de salut est totalement inappropriée», réagit la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) quelques jours après la publication par le président Donald Trump d’une image générée par intelligence artificielle et le présentant comme Jésus guérissant un malade.

Sans jamais mentionner le nom du président américain, la CECC estime qu’un tel geste révèle un «manque de respect».
Le président Trump a rapidement effacé cette image de son réseau Truth Social. Mais il a laissé intact son message publié le dimanche 12 avril 2026 dans laquelle il explique que «Le pape Léon est faible en ce qui concerne le crime, et il est terrible en politique étrangère».
«Je ne veux pas d’un pape qui trouve normal que l’Iran possède l’arme nucléaire», a ajouté le président américain. «Je ne veux pas d’un pape qui trouve terrible que les États-Unis aient attaqué le Venezuela, un pays qui envoyait d’énormes quantités de drogue aux États-Unis et, pire encore, qui déversait dans notre pays la population de ses prisons, y compris des meurtriers, des trafiquants de drogue et des assassins.»
Pour la conférence épiscopale canadienne, les interventions du pape Léon XIV sur la situation internationale sont de «nature morale et pastorale, non partisane».
Les paroles du pape «rappellent au monde entier que la paix ne peut jamais être obtenue par le mépris, que le leadership exige de la retenue, et que la souffrance des innocents doit toujours être évitée autant que possible».
La CECC se défend d’intervenir «dans les affaires politiques intérieures des autres pays».
Mais elle convient que «les événements récents offrent l’occasion de souligner les principes moraux qui devraient guider la vie publique partout, notamment la vérité, l’humilité, le respect et la sollicitude envers les innocents».
Mentionnons aussi que dans sa longue publication sur Truth Social du 12 avril, Donald Trump avance que «Léon devrait être reconnaissant car, comme tout le monde le sait, sa nomination a été une véritable surprise».
«Il ne figurait sur aucune liste de candidats au poste de pape, ajoute-t-il, et l’Église ne l’a choisi que parce qu’il était américain, estimant que ce serait le meilleur moyen de composer avec le président Donald J. Trump.»
«Si je n’étais pas à la Maison Blanche, Léon ne serait pas au Vatican.»
Le jeudi 16 avril, durant son voyage au Cameroun, le pape Léon a déclaré sur X : «Malheur à ceux qui détournent les religions et le nom même de Dieu à leurs propres fins militaires, économiques et politiques.»
Malheur à ceux qui détournent les religions et le nom même de Dieu à leurs propres fins militaires, économiques et politiques, en traînant ce qui est saint dans ce qu’il y a de plus sale et de plus ténébreux! #VoyageApostolique #Cameroun https://t.co/f7o5fKLdIV
— Pape Léon XIV (@Pontifex_fr) April 16, 2026
Solidaires des victimes
Après avoir pris connaissance du contenu de la demande d’exercer une action collective contre l’archidiocèse de Gatineau, Mgr Paul-André Durocher a tenu à exprimer «sa profonde compassion envers les personnes qui ont subi des abus sexuels, ainsi que la solidarité des fidèles de l’archidiocèse à leur égard».
«Nous prenons très au sérieux toute allégation d’abus. Nous reconnaissons la souffrance réelle et durable que de tels gestes peuvent causer, et nous demeurons profondément solidaires des personnes qui en ont été victimes», a déclaré l’archevêque de Gatineau.
Il ajoute que l’archidiocèse va collaborer «pleinement et de bonne foi au processus judiciaire en cours, dans le respect de toutes les parties, afin que la vérité puisse être établie».
Le 27 mars 2026, les cabinets Bellemare Avocats et Lambert Avocats ont déposé les documents de ce recours collectif en Cour supérieure. Un juge devra maintenant décider si cette action peut aller de l’avant. On y allègue que deux prêtres, le père eudiste Édouard (Eddy) Townsend et l’abbé Marcel Massie, auraient agressé des enfants alors qu’ils œuvraient dans des paroisses de l’archidiocèse (nommé alors diocèse de Hull).
Funérailles de Frédéric Barriault
Les funérailles de Frédéric Barriault se sont déroulées le vendredi 10 avril. Dès les premières minutes de la cérémonie présidée par l’évêque Claude Hamelin de Saint-Jean-Longueuil, les paroles de la chanson Si fragile de Luc De Larochellière ont résonné dans l’église paroissiale de Saint-Bruno-de-Montarville et rappelé aux plus de 250 parents et amis rassemblés que l’historien du christianisme social était décédé à un âge (53 ans) où il avait encore de nombreux projets et engagements à accomplir.

C’est la religieuse auxiliatrice Suzanne Loiselle qui a prononcé l’homélie – à la demande même de Frédéric Barriault, a-t-elle souligné, peu de temps avant son décès. Elle a salué «un historien passionné, un humain en quête profonde de sens et un croyant en recherche de cohérence entre sa foi en Jésus-Christ et son engagement pour la justice».
Le texte de l’Évangile – lui aussi choisi par Frédéric Barriault – était celui du Jugement dernier (Matthieu, chapitre 25, versets 31-45). Pour l’homéliste, ces versets sont une invitation à «travailler à construire l’humanité».
Ces versets rappellent «que la vie est faite de gestes bien ordinaires» comme «partager le pain, donner à boire, accueillir l’étranger, visiter les malades et les prisonniers. Ce sont les gestes premiers de l’hospitalité humaine».
«Pour Frédéric, l’histoire des luttes ouvrières, féministes, écologistes, autochtones, ces luttes d’hier et d’aujourd’hui, ont été la trame de fond de son engagement, inspiré par la tradition prophétique et le message évangélique», a-t-elle ajouté.
«Lors de mon dernier entretien avec Frédéric, une semaine avant son départ, j’ai été particulièrement frappée par son impressionnante sérénité devant l’adversité, dont la mort qui approchait», a révélé Suzanne Loiselle.
«Une mort combien inacceptable mais mystérieusement acceptée», dit-elle avant de reprendre les mots de la chanson Si fragile.
Rappelons que Frédéric Barriault a rédigé, peu avant son décès, le Message du 1er mai, une réflexion sur des questions sociales publiée annuellement par l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ). Ce texte, qui paraîtra sous peu, est consacré à la dignité des travailleurs et des travailleuses.
















































