Le juge de la Cour supérieure Philippe Cantin a approuvé le lundi 8 juin 2026 l’entente de règlement intervenue entre les Frères maristes et une centaine de personnes ayant été agressées sexuellement par des membres de cet institut religieux. Les Frères maristes verseront une somme de 24 950 000 $ aux victimes ainsi qu’à leurs avocats.
Le juge Cantin a salué le fait que les parties ont paraphé, après d’«intenses négociations», les termes de ce règlement tout juste avant le début du procès prévu dans cette affaire. Pas moins de 60 témoins et experts étaient attendus durant les 35 jours que devait durer l’instruction.
En plus d’éviter des frais importants, cette entente permet aux réclamants «d’obtenir une compensation juste sans avoir à se soumettre à l’exercice éprouvant de devoir témoigner et être contre-interrogés devant le tribunal relativement à des événements traumatiques qu’ils portent en eux depuis des décennies», a noté le juge Cantin.
Le juge cite notamment un courriel reçu d’un réclamant qui déclare avoir ressenti un grand soulagement en apprenant qu’il n’aurait pas besoin de témoigner lors du procès. Cette personne a révélé au juge que depuis qu’elle connaît la date de sa comparution, elle remet en question sa décision de témoigner «malgré les outrages subis pendant mon trop long internat au collège».
«La peur d’être jugé de manière erronée par le juge, par les avocats des deux parties ou par les personnes assistant aux audiences me rendait anxieux, angoissé et tourmenté», explique cette victime.
Une autre personne a révélé au juge avoir été agressée par un religieux qui était son propre oncle, un fait qu’il n’a raconté à aucun membre de sa famille de peur de «leur faire de la peine».
Au moment de l’approbation de l’entente, 120 personnes avaient déjà contacté le cabinet d’avocats Kugler Kandestin afin de s’inscrire à cette action collective. Si leur réclamation est acceptée par l’adjudicateur nommé dans cette affaire — il s’agit du juge à la retraite Benoît Moulin —, ces victimes pourraient recevoir entre 110 000 $ et 307 000 $, indique le jugement d’approbation de l’entente.
Au moment de publier, le frère Félix Roldan, le supérieur du District du Canada des Frères maristes, n’avait pas répondu à notre demande de commentaires. Le site Web des Maristes du Canada est muet sur cette action collective (www.maristecanada.com) présentée en mai 2022 puis autorisée en janvier 2023.
Le nombre total de religieux maristes dans le monde était de 2 279 frères en décembre 2025. Le District du Canada comptait à ce moment 47 membres.
Église Unie du Canada et Mois de la Fierté
À l’occasion du Mois de la Fierté, la 45e modératrice de l’Église Unie du Canada, la pasteure Kimberly A. Heath, a publié un message sur YouTube rappelant que les excuses récentes de la plus importante Église protestante du pays envers les personnes et communautés bispirituelles et LGBTQ+ ne doivent pas être interprétées comme la conclusion d’un triste chapitre dans l’histoire de la plus importante Église protestante du pays.
Ces excuses annoncent plutôt un «nouveau départ» et «un pas de plus vers une guérison, une responsabilisation et une transformation plus profondes» de l’Église Unie du Canada.
«Nous présentons nos excuses les plus sincères à toutes les personnes qui ont été victimes d’homophobie, de transphobie et de biphobie au sein de l’Église Unie du Canada et ont ainsi subi une perte de revenu, vécu du harcèlement, n’ont pu accéder à des fonctions de leader dans l’Église ou ont vécu une menace à leur intégrité physique», ont déclaré les membres Conseil général de cette Église en juin 2025.
Ils ont de plus regretté d’avoir omis de «mettre en œuvre des politiques d’inclusion et d’accueil dans les communautés de foi, les synodes, les consistoires, les régions, les autres formes de ministère et dans l’Église à l’échelle du pays».
«Nous déplorons que l’Église vous ait laissé tomber, et que l’homophobie, la biphobie et la transphobie aient blessé non seulement des personnes, mais aussi leurs proches», ont déclaré ces dirigeants.
Un an après ces excuses, la modératrice Heath réaffirme que «toutes les identités de genre, les orientations sexuelles et les expressions de soi authentiques ancrées dans l’amour constituent un don divin».
Dix années d’aide médicale à mourir
Le 17 juin 2016, le projet de loi C-14 (Loi modifiant le Code criminel et apportant des modifications connexes à d’autres lois -aide médicale à mourir) obtenait la sanction royale. Deux semaines plus tôt, les députés de la Chambre des communes adoptaient ce projet de loi en troisième lecture (186 pour, 137 contre).
Une décennie plus tard, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a tenu à souligner le «triste anniversaire» de l’adoption de cette loi qui a légalisé «l’euthanasie et le suicide assisté dans tout le pays».
Les évêques invitent aujourd’hui les fidèles catholiques «à demeurer fermes dans leur opposition à l’euthanasie et au suicide assisté, à prier pour que les cœurs et les esprits se détournent de cette pratique, et à être présents auprès des personnes malades et vulnérables».
Ils notent et déplorent que «le Canada dispose désormais du programme d’euthanasie le plus étendu et celui dont la croissance est la plus rapide au monde».
Pour la CECC, les actes médicaux destinés à «hâter intentionnellement la mort d’une personne malade, souffrante, handicapée ou mourante dans le but d’éliminer la souffrance» ne sont pas «acceptables moralement» car «profondément contraires à la dignité de la personne humaine et au respect dû à Dieu».
«La véritable compassion ne répond pas à la souffrance en provoquant la mort, mais elle accompagne les personnes qui souffrent en leur apportant de l’espoir, une présence, des soins palliatifs et un soulagement de la douleur», déclarent les évêques catholiques du Canada.
La CECC annexe à sa déclaration une série de liens vers des diocèses canadiens qui, dix ans après l’adoption du projet de loi C-14, «résistent» à l’aide médicale à mourir «avec courage et compassion».
Deux diocèses du Québec font partie de cette liste. Il s’agit des archidiocèses de Montréal et de Rimouski qui rappellent que les soins palliatifs «sont considérés par l’Église catholique comme une manière de prendre soin des malades en fin de vie, en allégeant leur douleur, tout en respectant leur dignité et leur spiritualité, sans jamais recourir à des actes visant à hâter la mort».
L’archidiocèse d’Edmonton propose, de son côté, une «réponse catholique à l’euthanasie et au suicide assisté» et n’hésite pas à dénoncer «les messages pro-aide médicale à mourir véhiculés par les médias laïques, le gouvernement et même la Cour suprême». Il donne aussi au clergé diocésain ainsi qu’aux aumôniers d’hôpitaux des directives pour la célébration (ou non) de funérailles pour les individus qui ont opté pour l’aide médicale à mourir.

















































