La Maison Saint-Pierre, l’ancien presbytère de l’église Saint-Pierre-Apôtre et longtemps une résidence des Missionnaires oblats de Marie-Immaculée, sera entièrement restaurée.
Dans ce bâtiment patrimonial, au cœur du quartier Centre-Sud de Montréal, une quinzaine d’organismes communautaires pourront bientôt y louer leurs locaux.
Afin d’appuyer la restauration et la requalification de la Maison Saint-Pierre, le gouvernement du Québec vient d’annoncer l’octroi d’une somme de 7,9 M$ aux responsables de ce projet.
«Dans un contexte où plusieurs organismes communautaires peinent à trouver des espaces abordables pour poursuivre leur mission, ce projet offre une réponse concrète et durable», a expliqué Chantal Rouleau, ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, lors de l’annonce officielle de cette subvention le 8 mai 2026.
«Préserver notre patrimoine, c’est aussi préserver des lieux de solidarité, d’entraide et d’engagement collectif. Pour notre gouvernement, investir dans ce bâtiment, c’est investir à la fois dans la vitalité de Montréal, dans le tissu communautaire et dans des milieux de vie plus humains et inclusifs.»
Prochain budget fédéral
Les organismes, entreprises et institutions n’ont plus que quelques heures (d’ici minuit ce 22 mai) pour soumettre un mémoire au Comité permanent des finances de la Chambre des communes chargé de préparer le prochain budget fédéral.
L’organisme catholique Développement et Paix vient de participer à cet exercice de consultation. Son mémoire demande notamment au gouvernement d’annuler la décision du budget précédent qui réduisait l’aide internationale tout en affectant «de nouveaux fonds pour une augmentation spectaculaire des dépenses militaires» du Canada.
«Financer insuffisamment le développement tout en trouvant de nouveaux fonds pour la défense est la recette pour plus, et non moins, de violence et d’instabilité dans notre monde», estime l’organisme de solidarité internationale.
Développement et Paix demande que le prochain budget, qui sera dévoilé cet automne, affirme «avec audace l’engagement du gouvernement à bâtir un nouvel ordre international qui donne la priorité aux personnes et à la planète».
Par ailleurs, l’organisme annonce que se prochaine campagne d’automne sera consacrée au financement de l’aide internationale. Cette campagne de sensibilisation invitera le gouvernement canadien à emprunter «la voix de la justice».
Deux bourses de la Fondation Lucien-Labelle
Décernée pour la toute première fois, la Bourse Jean-Paul Guillet vient d’être attribuée au court-métrage documentaire Orbites, une œuvre de 23 minutes de la cinéaste Sarah Seené.
Cette bourse d’une valeur de 10 000 $, remise par la Fondation Lucien-Labelle, entend récompense «une création cinématographique de qualité portant un message puissant, capable de questionner et d’interpeller le public».
Ce film propose un «portrait intime et lumineux où la cécité devient une autre façon de voir le monde», indique le jury, présidé par Martin Bilodeau, directeur général et rédacteur en chef de l’agence Mediafilm.
«Cette œuvre sensorielle d’une grande maîtrise cinématographique et portée par un message d’espoir profondément humain est le coup de cœur de ce jury, et résonne pleinement avec les valeurs que ce prix cherche à honorer.»
La Bourse Jean-Paul Guillet rend hommage à ce missionnaire québécois, qui a récemment célébré son 101e anniversaire et qui est une «figure marquante du dialogue entre foi, culture et médias».
Le mercredi 20 mai, la Fondation Lucien-Labelle a décerné la Bourse Lorraine Caza — elle aussi pour la première fois — à une universitaire dont le «parcours académique et personnel se démarque par sa quête de sens profonde et son désir d’agir concrètement sur la société».
C’est Clara Birchmeyer, étudiante au baccalauréat en sciences de la communication de l’Université de Montréal, qui a obtenu cette bourse d’une valeur de 10 000 $ pour ses travaux sur le rôle des médias dans «la transformation sociale et le dialogue interculturel».
Une mention spéciale — ainsi qu’une bourse de 5 000 $ — a aussi été offerte Carole Younan, une doctorante au Centre d’études du religieux contemporain de l’Université de Sherbrooke qui mène des recherches sur l’impact des technologies sur la spiritualité contemporaine.
La Bourse Lorraine Caza rend hommage à cette religieuse de la Congrégation de Notre-Dame qui a consacré sa vie à l’éducation, à la spiritualité et au dialogue interculturel. Née en 1935, sœur Caza est la première femme reconnue par Rome à titre de théologienne, indique sa biographe Françoise Deroy-Pineau.
La Fondation Lucien-Labelle — autrefois la Fondation canadienne de la vidéo religieuse — soutient la production d’œuvres cinématographiques ainsi que des initiatives médiatiques qui reflètent les valeurs humaines, chrétiennes et spirituelles.
Depuis sa création en 1989, cette fondation a versé plus de 4,5 M$ à des projets de communication qui émanent de diocèses et d’institutions catholiques, de cinéastes indépendants et de médias comme Radio VM – autrefois Radio Ville-Marie.
À l’agenda
Organisé par le Centre d’études du religieux contemporain de l’Université de Sherbrooke et le Département de sciences des religions de l’Université du Québec à Montréal, un colloque intitulé Violences sexuelles et abus spirituels dans l’Église catholique se tiendra les 2 et 3 juin au campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke.

La sociologue française Céline Béraud participera à ce colloque et discutera des conséquences de la crise des abus sur l’Église catholique. Celle qui préside la Commission indépendante d’études sur les violences commises par l’abbé Pierre (CEVAP) reconnaît que cette crise «fragilise la figure sacerdotale, transforme les relations entre clercs et laïcs et ouvre des conflits internes sur les réformes à engager».
Professeur au Département des sciences historiques de l’Université Laval, Michel Dahan avancera, dans sa communication, que les historiens de l’Église catholique «ont, jusqu’à présent, largement évité d’aborder» les abus sexuels du clergé québécois. «Les silences, les oublis et les malaises ont ainsi contribué à faire de ce sujet un angle mort de l’historiographie», estime cet historien qui a auparavant œuvré à titre d’archiviste auprès de l’archidiocèse de Montréal.
Jean Guy Nadeau, professeur honoraire à l’Institut d’études religieuses de l’Université de Montréal, précisera que «le silence entourant les crimes sexuels dans l’Église et les congrégations n’était ni un accident ni le fruit du hasard, mais le fruit d’une culture et de décisions des autorités». L’auteur d’Une profonde blessure. Les abus sexuels dans l’Église catholique (Médiaspaul, 2020) entend même identifier «les techniques qui ont permis d’entretenir cette culture du silence et qui ont favorisé la perdurance des agressions».
















































