La Chapelle des jésuites de Québec a affiché complet lors des deux premières représentations du drame musical Jésus – Une quête de sens, vendredi et samedi derniers. Sa metteure en scène, Myriam Bourget, a accepté de nous dévoiler les coulisses de cette performance à la fois théâtrale et musicale.
Ce spectacle est une adaptation de l’œuvre originale signée Pascal Obispo et Christophe Barratier, qui s’intitule Jésus, de Nazareth à Jérusalem. «Je choisis les projets de théâtre en fonction de la profondeur de leur contenu. À chaque lecture, il faut que l’on puisse découvrir quelque chose, comme un oignon dont on épluche les couches, image Myriam Bourget. Je veux que le texte soit profondément humain, spirituel et poétique».
Touchée par certaines phrases telles que «faire le deuil de ton regard, c’est te garder sans te voir» ou encore «le miracle c’est la vie, qui nous soigne, nous guérit des blessures qui sont les nôtres», la metteure en scène s’est sentie appelée. «Que je les lis une fois, deux fois, trois fois : à chaque fois, ça vient me chercher au plus profond de mon cœur», insiste-t-elle.
Top chrono
La préparation s’est apparentée à une véritable course contre-la-montre. Une fois la vingtaine de comédiens réunie, la troupe bénéficiait de dix semaines pour s’exercer avant la première échéance. Tous ont jonglé entre une pratique générale par semaine et un apprentissage en autonomie le reste du temps.
«À chaque répétition, il y avait des tours de parole et d’écoute selon la méthode ignatienne. Ça a créé du lien et cela a fait en sorte que dès le début, ça a pogné !»
Myriam Bourget, metteure en scène
En plus de cette contrainte temporelle, les comédiens du drame ne sont pas tous nécessairement issus du milieu artistique. «Si ma force c’est le chant, je ne faisais pas de théâtre et c’est quelque chose qui a été tout nouveau pour moi. J’ai donc dû travailler sur la bienveillance et le regard humanisant du personnage que j’incarnais. Ça m’a permis de découvrir cet éventuel talent», pointe du doigt Maclairy Jean, qui interprétait Jésus.
«Je ne chantais plus depuis cinq ans. J’ai complètement redécouvert ma voix et ma capacité à m’exprimer avec mon corps», ajoute Adelaïde Brault, qui avait le rôle de la disciple Thalia.
Doyenne du groupe et jouant Anne, grand-mère de Jésus dans la pièce, Charlotte Boucher a également apporté sa pierre à l’édifice grâce à ses expériences antérieures, marquées par de nombreuses scènes et un voyage en Suisse pour y étudier la danse créative. «On n’avait pas de partitions écrites, donc il a fallu sortir la musique à l’oreille. J’ai coaché les filles qui faisaient les back vocals et j’en faisais aussi en coulisses», décrit-elle en mettant l’emphase sur le travail de mémorisation accompli en amont.
Une famille est née
En coulisses, le passé d’enseignante en musique de la metteure en scène n’a pas été la seule clé du succès. «Le secret réside vraiment dans la planification, analyse Myriam Bourget en mettant également l’accent sur la culture de l’écoute et du respect. À chaque début de répétition, il y avait des tours de parole et d’écoute selon la méthode ignatienne. Ça a créé du lien et cela a fait en sorte que dès le début, ça a pogné !».
Âgés de 6 à 68 ans et provenant d’horizons religieux différents, tous les protagonistes de la troupe se sont serré les coudes pour monter le spectacle en un temps record tout en étant portés par une énergie collective fédératrice et transcendante. «C’est un tour de force !», s’exclame Charlotte Boucher. «Chaque semaine, on voyait les progrès de chacun. Ça a été rendu possible parce que tout le monde s’est engagé et a aimé le faire. C’est une belle aventure qui nous a tous soudés», s’émerveille quant à elle Adelaïde Brault.

L’art de la présence
Tout au long de la prestation qui dure près d’une heure et demi, onze tableaux retraçant des moments marquants de la vie de Jésus sont représentés. L’idée derrière chaque scène, où jeux d’acteurs et chants s’entremêlent, c’est de faire ressentir la soif d’une quête de sens basée sur l’écoute et la découverte de l’autre.
«Je crois que lorsque qu’on fait de l’espace pour rencontrer quelqu’un, on va vivre quelque chose. J’ai ce souhait que les gens puissent découvrir quelque chose, que ce soit avec un personnage sur scène ou avec leur voisin dans le public. L’idée, c’est de prendre ce temps ensemble», éclaire Myriam Bourget.
D’ailleurs, avant de sortir de la Chapelle des jésuites, le public est invité à écrire des mots à l’attention de l’équipe du spectacle. La metteure en scène s’est plongée dans leur lecture ces derniers jours et voici la manière dont elle résumerait leur message : «merci pour la vie que vous viviez sur scène : ça nous a fait vivre».
Une troisième et dernière représentation du drame musical Jésus – Une quête de sens est prévue ce vendredi 27 mars à la Chapelle des jésuites de Québec. Au moment d’écrire ces lignes, seules quelques places sont encore disponibles.
Au regard des retours positifs collectés jusqu’à présent, Myriam Bourget n’exclut pas la possibilité que d’autres dates soient ajoutées au calendrier. «Ceux qui souhaiteraient savoir si d’autres dates seront annoncées peuvent s’abonner à notre page Facebook et ils verront. Ça risque d’être peut-être plus trois que quatre, mais ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir soif. Parce que dans une société où on a accès à beaucoup, le fait d’avoir soif nous ramène souvent à ce qui est essentiel», décrypte cette dernière en laissant volontairement planer le mystère.














































