Cumulant près d’un million d’entrées à l’international, le docu-fiction Sacré-Cœur a fait son arrivée aux quatre coins du Québec le vendredi 27 mars. Présence a tendu le micro à ses réalisateurs, Sabrina et Steven J. Gunnell.
Sur la scène cinématographique, le couple n’en est pas à son premier coup d’essai. «C’est notre neuvième long-métrage. Comme tous nos films avec Sabrina, il est le prolongement de nous-mêmes. C’est quelque chose de contemplatif, qui fait réfléchir et qui mène à se poser des questions intérieurement», souligne Steven J. Gunnell.
«On a réalisé que le Sacré-Cœur, en fait, est là depuis le début», confie d’emblée le réalisateur. La genèse du projet remonte au mois d’août 2023, à Notre-Dame-du-Laus, dans le sud-est de la France. Le couple rencontre Edouard Marot et Alicia Beauvisage, un tandem missionnaire composé d’un prêtre franco-belge et d’une laïque salvadorienne qui diffusent ensemble la dévotion au Sacré-Cœur. Cette rencontre spirituelle est déterminante relate le couple, qui précise s’être consacré en famille dans la foulée.
À Marseille, le maire de la ville a annulé sa projection au nom de la laïcité, avant que le tribunal administratif ne renverse sa décision.
Avant de se lancer tête baissée dans un projet de docu-fiction, les réalisateurs obtiennent le feu vert du père Étienne Kern, recteur du Sanctuaire du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial. On est alors deux ans avant le 350e anniversaire des apparitions à Sainte Marguerite-Marie Alacoque.
En combinant les témoignages d’experts, d’historiens ou encore de théologiens, leur docu-fiction a pour objectif de démystifier la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus tout en «racontant l’amour de Dieu», notamment par l’intermédiaire de reconstitutions historiques.
Enthousiasme et polémiques
Depuis sa sortie en France à l’automne dernier, Sacré-Cœur a déjà été visionné par plusieurs centaines de milliers de personnes en quelques mois.
Néanmoins, si le docu-fiction a beaucoup fait parler de lui, c’est également parce qu’il a été accusé de prosélytisme. À Marseille, le maire de la ville a annulé sa projection au nom de la laïcité, avant que le tribunal administratif ne renverse sa décision. L’annulation initialement prévue «a porté atteinte à la liberté d’expression et à celle de création et de diffusion artistiques», peut-on lire dans la décision de justice datant du 27 octobre 2025.
«Le film a suscité des polémiques, des éditoriaux à n’en plus compter dans les journaux de droite, de gauche… On a essayé de nous récupérer, mais on a tenu la barque», souligne le réalisateur en reconnaissant que les nombreux débats ont, d’une certaine manière, contribué à son expansion.
«Au final, ce sont les personnes qui n’ont pas vu le film qui parlent d’un message politique. Sacré-Cœur est complètement apolitique», garantit Sabrina Gunnell avec fermeté.
Succès international
D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que le docu-fiction prend l’avion. Dans les derniers mois, il est sorti du territoire français pour se rendre au Liban, en Pologne ou encore en Italie. Selon la société de distribution SAJE, Sacré-Cœur a cumulé plus de 100 000 entrées en une dizaine de jours en Pologne et a siégé au premier rang du box-office du côté de l’Italie.
«C’est sûr que, face à tout ce qui nous arrive, on se sent petits. Chaque jour, on fait un pas après l’autre et on voit que le film répond à une quête de sens. À la fin de la projection, les gens restent dans la salle et ont envie d’échanger, de partager leurs pensées et leurs réflexions. Cela crée une reconnexion entre les gens. Le pari a été gagné», se réjouit la réalisatrice. «Le film répond à une soif. Je pense qu’on a mis ce qu’il fallait pour que les gens soient touchés et il y a aussi eu le bouche-à-oreille. Quand on aime, on a envie de partager», ajoute son conjoint.
Passage au Québec
Interrogés quelques semaines avant l’atterrissage de leur docu-fiction sur le territoire de la Belle Province, Steven et Sabrina n’ont aucune idée de l’accueil que leur réservera le public québécois. «J’ai un grand amour pour votre pays. Il y a 25 ans, j’ai fait la montée à genoux des marches de l’Oratoire Saint-Joseph. J’ai une grande nostalgie du Québec et je m’y intéresse beaucoup. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre», confie le réalisateur en toute transparence.
«À la fin de la projection, les gens restent dans la salle et ont envie d’échanger, de partager leurs pensées et leurs réflexions. Cela crée une reconnexion entre les gens.»
Sabrina Gunnell, réalisatrice
De son côté, Sabrina Gunnell révèle que l’envol de leur docu-fiction en terres québécoises est «une grande joie. On s’émerveille. Des personnes ont prié pour que Sacré-Cœur se rende jusqu’au public québécois».
Avant de raccrocher, Présence leur a demandé s’ils avaient un message à faire passer aux Québécois. «Je veux leur dire qu’ils sont puissamment aimés. Venez, voyez et découvrez ce que le Christ veut vous dire personnellement», rétorque Sabrina.
«Malgré tout ce qui se passe dans le monde, quelque chose demeure : les questions intrinsèques. L’humain est un être profondément spirituel. Alors, à défaut de ne pas aller voir Jésus à l’église le dimanche, allez le voir au cinéma !», lance Steven en rigolant.
Au moment d’écrire ces lignes, ce sont 19 cinémas de la province qui ont confirmé la projection du documentaire dans leurs salles, notamment à Montréal, Québec, Terrebonne, Rimouski, Sherbrooke, Gatineau et Trois-Rivières.
À noter qu’après le Québec, Sacré-Cœur se rendra en Espagne dans les prochains mois avant de prendre la direction des États-Unis, où la sortie de la version anglaise est prévue en juin 2026. Les Canadiens anglophones, quant à eux, pourront le visionner au même moment que leurs voisins américains.















































