Le cinéaste canadien d’origine arménienne Atom Egoyan a obtenu deux fois le Prix du Jury œcuménique au Festival de Cannes. D’abord en 1997 pour son film De beaux lendemains, puis en 2008 pour Adoration.
« Ces deux moments ont été très importants pour moi », a-t-il déclaré à l’occasion du 50e anniversaire de l’attribution de ce prix à des œuvres « aux qualités à la fois artistiques et humaines » et qui sondent notamment « la profondeur de l’âme et la complexité du monde ».
Les deux prix qu’il a obtenus ont « confirmé ce que j’essaie de faire en tant que cinéaste », a-t-il confié dans une vidéo de quatre minutes diffusée par les agences Signis (catholique) et Interfilm (protestante). Ces deux associations nomment chaque année les six membres du jury qui doivent visionner tous les films en compétition officielle durant le Festival de Cannes et attribuer le Prix œcuménique.
Atom Egoyan a expliqué qu’il cherche, par son art, à « être témoin d’êtres humains placés dans des situations extrêmes ou d’autres gens qui essaient de trouver un moyen d’aller de l’avant dans des circonstances parfois catastrophiques ».
« Mon travail, c’est de rendre témoignage » et de montrer « toutes les complexités de ce que signifie être humain. »
Le cinéaste reconnaît que les pressions exercées sur les créateurs ou que les valeurs promues durant le Festival de Cannes, un festival qu’il qualifie de « fou » (crazy), sont bien éloignées des questions spirituelles ou de recherche de sens que des artisans du 7e art proposent dans leurs films. Heureusement, dit-il, que « ce jury se concentre sur l’aspect spirituel de ce que le cinéma peut être ». Que ce festival accueille chaque année depuis maintenant 50 ans un tel jury est, à son avis, « extraordinaire ».
« Je suis vraiment fier d’avoir été honoré deux fois durant ce parcours de 50 ans », dit-il à la caméra au terme de la vidéo préparée, avant de lancer, en français, un « merci mille fois ».
Le 77e Festival de Cannes se tient du 14 au 25 mai 2024. Le Prix œcuménique 2024 sera attribué le samedi 25 mai.
Prix spécial
L’an dernier, le film Perfect Days du cinéaste allemand Wim Wenders a obtenu cet honneur. « Ce film est une pure grâce », avaient alors déclaré les membres du jury. Cette année, ils ont convenu d’honorer à nouveau ce cinéaste et de lui accorder le Prix spécial des 50 ans du Jury œcuménique.
« Wim Wenders a su tout au long de sa carrière rendre visible l’invisible », ont expliqué les membres du jury.
« En partant sur les routes du monde avec sa caméra, il y a rencontré les hommes et les femmes de son temps et capté notre humanité commune. Dans ses films de fiction comme dans ses documentaires, il a mis en lumière la part sacrée de ses personnages. Cinéaste existentiel et poétique, il a su exprimer avec grâce leur quête d’un monde meilleur. »
Son film Paris, Texas, a obtenu le Prix œcuménique en 1984.
Voir aussi
Présence, « Le Prix œcuménique, un souvenir heureux », dit le cinéaste Denys Arcand, 13 mai 2024.
Présence, Juste la fin du monde obtient le Prix du Jury œcuménique, 22 mai 2016.















































