«Il ne manque pas de gens pour se demander avec anxiété si quelque jour nous ne serons pas obligés d’annexer le Canada aux États-Unis, ou de laisser les États-Unis automatiquement annexer le Canada.»
L’éditorial de L’Action catholique du 21 janvier 1926, il y a 100 ans, avance que «les courants qui nous poussent vers l’annexion sont plus puissants qu’on le croit».
Il faut reconnaître, écrit le rédacteur Thomas Poulin, que nous formons «un petit peuple vivant à côté d’un pays d’une grande population». Vrai aussi que le Canada possède un immense pays et de grandes ressources naturelles. Toutefois, on n’y dispose pas assez de capital, «que nos voisins ont en abondance», afin de mettre ces abondantes richesses en valeur.
Pire, ajoute l’éditorial, l’annexion est aussi idéologique. «Les Américains qui possèdent la population et le capital nous inondent de leurs entreprises, de leur littérature, de leurs idées, de leur propagande.» Hier, c’était le cinéma. Dorénavant, c’est «le radio» qui pénètre dans les foyers et qui «ne peut que travailler dans le même sens».
«L’agent le plus redoutable d’américanisation est sans doute celui qui s’attaque à l’intelligence, qui cherche à s’emparer du cœur», estime l’éditorialiste.
«Cet agent circule librement. Il fait son chemin dans le journal, le livre, la revue, le magazine, le cinéma, la radio, le tract, etc., et il trouve chez nous des groupes qui le comprennent, qui le lisent avec satisfaction et le font lire, qui l’écoutent.»
Heureusement qu’il y cet «élément français» qui nous protège des Américains. Afin d’éviter l’américanisation, «gardons nos cœurs bien catholiques et français», conseille le rédacteur Thomas Poulin. «Si quelque chose doit changer de nationalité, ce ne sera pas nous, mais le capital qui se sera développé dans notre atmosphère.»
«Si on veut que ce danger d’assimilation ne grandisse pas, sachons maintenir nos forteresses», ajoute-t-il. Quelles sont-elles? «Elles se nomment les traditions catholiques et françaises. Comprenons-le.»
Lu dans L’Action catholique
«Bien qu’ayant perdu pratiquement tout espoir de revenir à la santé, le cardinal [Désiré-Joseph] Mercier continue de résister avec vaillance aux ravages de la maladie, et il surprend même ses médecins par la manière dont il supporte le mal, la privation de toute nourriture et les faiblesses du cœur.»
Cette dépêche paraît le 21 janvier 1926.
Archevêque de Malines et primat de Belgique, le cardinal Mercier est alors très populaire sur le continent américain. Après la Première Guerre mondiale, il a séjourné dans plusieurs villes nord-américaines. Son but était de remercier les Canadiens et les Américains de leur appui aux Belges durant la guerre, ce «temps de misère et de grand besoin».
«J’ai été particulièrement heureux de visiter Québec, c’est une ville unique et magnifique. et sa population est raffinée et charmante», avait-il lancé tout juste avant de quitter l’Amérique.
Le cardinal Mercier va décéder le 23 janvier 1926, deux jours après la publication de cette brève note.
















































