À la recherche d’un lieu pour méditer ou simplement marcher sans but précis? D’un espace où histoire, silence et nature surgissent à tout moment? D’un endroit sécuritaire, toujours accessible et pourtant si peu fréquenté? Et sans frais à l’entrée ou à la sortie?
Demandez conseil à l’auteur François Guillet. De tels lieux de quiétude existent partout au Québec, assure celui à qui l’on doit le recueil Montréal de clocher en clocher (Médiaspaul, 2023).
Deux années plus tard, c’est dans un cimetière près de chez soi que ce passionné de croquis urbains convie ses lecteurs et lectrices. Des lieux qui ont mauvaise réputation, déplore-t-il, dans Le dernier repos. Cimetières et patrimoine funéraire du Québec.
Dans son nouveau carnet de notes et de croquis, Guillet nous entraîne à la découverte de quelque 35 cimetières. Ces endroits, que l’on dit «froids, arides et lugubres», s’animent grâce à son généreux guide.
L’auteur nous convainc que dans chaque pierre, monument ou inscription funéraire, on a gravé «une parcelle de l’histoire de la ville ou de la région» où l’on séjourne ou que l’on habite.
Rappelons que ces regroupements de sépultures ont été créés au Québec il y a de nombreuses décennies, souvent tout près une église paroissiale, aujourd’hui toujours accessible, ou encore fermée, abandonnée – démolie même – depuis le début du XXIe siècle. Les lieux de culte disparaissent. Les cimetières demeurent et ne demandent qu’à être visités.
Dans le cimetière Notre-Dame-des Neiges (Montréal), l’auteur se dit frappé par le nombre de «monuments colossaux, de stèles triomphantes, d’obélisques et des mausolées aux façades savamment exécutées». Au lieu de repos de Wendake, il observe les différents motifs autochtones et l’omniprésence des patronymes Sioui, Gros-Louis et Picard.
Au cimetière Beth Israël (Québec), Guillet s’intéresse aux murets qui délimitent l’emplacement chaque sépulture, aux discrets symboles religieux apposés sur les pierres et à l’absence de monuments grandioses puisque, dans la tradition juive, tous les humains sont égaux devant la mort.
Trois dizaines de cimetières sont présentés dans Le dernier repos. C’est peu quand on pense que le Québec en compterait 2 000 – en fait, personne n’en connaît le nombre exact!
Ce guide est donc une invitation à visiter tous les autres lieux de sépulture, qu’ils soient petits, cachés, abandonnés, soigneusement entretenus ou même immenses. Vous n’y rencontrerez pas foule. Mais si vous croisez un homme qui transcrit des inscriptions et dessine des croquis dans un petit carnet, ce pourrait bien être François Guillet.
François Guillet
Le dernier repos. Cimetières et patrimoine funéraire du Québec
Novalis, 2025, 248 pages.
















































