Interdiction du port de signes religieux par le personnel des CPE, bannissement des prières de rue, obligation d’avoir le visage découvert dans toutes les institutions scolaires, interdiction formelle de montrer des symboles ou signes religieux dans des publicités gouvernementales, démantèlement des locaux de prière déjà en place dans les institutions publiques (sauf dans les CHSLD et les pénitenciers).
Depuis lundi soir, plusieurs médias avancent que de telles mesures se trouveraient dans une nouveau projet de loi que déposera jeudi Jean-François Roberge, le ministre responsables de la Laïcité.
Loin de démentir ou de corriger ces annonces, le ministre Roberge offre plutôt dans sa page Facebook une brève vidéo dans laquelle on le voit jeter des mots sur la première page d’un projet de loi: «C’est comme ça qu’on vit au Québec et…». Au-dessus de sa vidéo, le ministre a inscrit la date du jeudi 27 novembre 2025 ainsi que le terme Laïcité 2.0.
Ces possibles interdictions de manifestations religieuses inquiètent les évêques catholiques du Québec à un tel point qu’ils viennent publier une déclaration d’urgence. «Nous constatons avec stupéfaction que le gouvernement propose une entorse radicale aux droits et libertés de la population québécoise», écrit l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ).
Pour les évêques, «si les mesures dévoilées à ce jour se confirment dans le projet de loi, le gouvernement porterait atteinte non seulement à la liberté de religion, mais aussi à la liberté de conscience, la liberté
d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association».
«Nous sommes convaincus que l’État du Québec doit être laïque et qu’il l’est déjà», avancent-ils avant d’ajouter que «la laïcité concerne l’État et ses représentants directs, non les interactions entre les individus et les groupes qui, ensemble, forment la société».
Selon l’AECQ, «l’expérience religieuse et spirituelle constitue l’une des dimensions fondamentales de la vie humaine». Mais, «dans notre société démocratique, elle doit pouvoir être vécue sans crainte de représailles».
Xénophobie
Trois jours plus tôt, la Ligue des droits et libertés (LDL), un organisme de défense des droits civiques, avertissait le gouvernement que les lois promulguées jusqu’ici sur la laïcité sont discriminatoires, voire même xénophobes.
Qualifiées de «lois liberticides», la Loi sur la laïcité de l’État et le récent projet de loi 94 adopté le 30 octobre visent «à contrôler les conduites, les propos, les attitudes et les comportements des élèves et du personnel enseignant pour qu’ils se conforment aux prétendues valeurs québécoises».
Ces lois, selon la LDL, illustrent «la dérive autoritaire et assimilationniste du gouvernement québécois».
«Cette tendance croissante du gouvernement à s’attaquer à certaines minorités et à vouloir imposer les valeurs de la majorité est révélatrice d’une dérive à la fois xénophobe et discriminatoire», ajoute la LDL dans son analyse du projet de loi 1 – Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec.
Si le gouvernement vient concrétiser, par un nouveau projet de loi, son intention d’interdire les prières en public et le port des signes religieux dans les CPE, il va causer «de graves préjudices» à un grand nombre de citoyens, avertit l’organisme de défense des droits.
















































